Une chirurgie urgente... qui traîne depuis deux ans
La pandémie met la vie d’une femme de 50 ans en danger à cause des délais


Hugo Duchaine
Une femme de la Rive-Sud qui attend déjà depuis plus de deux ans une chirurgie bariatrique a vu son opération de décembre annulée à la suite du délestage massif dans les hôpitaux débordés par les malades de la COVID-19.
« J’ai mal dans le dos, j’ai les jambes qui enflent, je fais de l’apnée du sommeil [...] Je m’étouffe la nuit quand je dors. Mon médecin m’a dit que je pourrais ne plus me réveiller », lance Linda Sampson, démoralisée et inquiète.
La quinquagénaire de Saint-Jean-sur-Richelieu attend une chirurgie bariatrique depuis août 2018.
À l’époque, son médecin avait même inscrit « urgent » sur le billet à envoyer dans les hôpitaux pour l’opération visant à réduire la taille de son estomac.
Après de longs mois d’attente et des rencontres à Rimouski, où elle était même prête à se rendre pour être opérée, Mme Sampson a reçu un appel de l’Hôpital général de Montréal. Elle devait d’abord subir la chirurgie bariatrique le 30 novembre dernier. Puis, à la suite d’annulations, on lui a plutôt proposé le 23 novembre à Lachine.
Surprise... et déception
Mais la veille, le téléphone a sonné et on lui a annoncé que tout était annulé. À ce moment-là, l’Hôpital de Lachine était aux prises avec une éclosion de COVID-19 et tout devait être nettoyé, dit-elle.
L’opération est ainsi reportée au 14 décembre. Mais, déjà, Linda Sampson a reçu la mauvaise nouvelle tant redoutée. Comme des centaines de Québécois, l’opération qu’elle attendait est annulée.
Lundi, le gouvernement québécois a annoncé que les hôpitaux devaient réduire de moitié les chirurgies prévues, afin d’absorber les patients atteints de la COVID-19 qui ont besoin d’être hospitalisés.
« Je n’ai pas de [nouvelle] date et aucun espoir que ce soit en décembre, souffle-t-elle. Je ne suis plus capable. »
Depuis maintenant cinq semaines, elle suit un régime de protéines liquides et de légumes. Elle doit prendre cinq boissons protéinées par jour, à fort coût, poursuit-elle.
Elle devait perdre du poids avant l’opération et elle y avait réussi, passant de 300 à 270 livres.
Chauffeuse de taxi depuis 19 ans, elle reconnaît qu’elle a un travail assis, mais elle souffre et s’inquiète.
À l’approche des Fêtes, elle se désole déjà de savoir qu’elle n’arrivera pas à jouer avec ses cinq petits-enfants comme elle le souhaiterait ou se promener à quatre pattes avec son plus jeune.
« J’aimerais ça, mais je ne suis pas capable », ajoute-t-elle.
Il ne lui reste maintenant qu’à espérer un miracle de Noël. « Chaque fois que le téléphone sonne, j’ai des papillons [en souhaitant que ce soit l’hôpital] », lance Mme Sampson, qui reste déçue.