Réponse au texte «Les étudiants souffrent en silence»

Natali Demers
Étudiante au premier cycle en environnement de l’Université de Sherbrooke (UdeS), j’ai été intriguée par l’article d'opinion de M. Atchison, Les étudiants souffrent en silence, rédigé par un étudiant pour les étudiants. Ayant conduit un sondage sur la session en ligne auprès des étudiants de mon programme, il m’a été donné de mesurer l’étendue de la détresse que certains pouvaient vivre, celle-ci n’étant généralement pas strictement imputable à l’enseignement.
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À la lecture du texte, je dois avouer ne pas partager sa pensée. Les étudiants universitaires font bel et bien partie des oubliés de la pandémie, oui. Toutefois, il ne faut pas oublier que nous sommes pour la plupart des privilégiés en plus d’être difficilement qualifiables d’essentiel.
Sans vouloir infirmer que «des milliers d’étudiants» souffrent en silence derrière leur écran, je crois qu'il ne faut pas tomber dans la généralisation. Pour ma part, les cours exclusivement en ligne m’ont permis de performer académiquement comme jamais auparavant.
Il faut savoir que l’enseignement virtuel permet de visionner plus d’une fois un cours si on le désire et même de ralentir le débit des professeurs qui défilent la matière. Pour certains cours, la matière étant disponible à l’avance, les périodes en ligne étaient des moments stimulants entièrement dédiés aux échanges entre élèves et professeur. Pour ce qui est des travaux en équipe, les rencontres virtuelles où le temps de chacun était précieux allaient plus droit au but, comparativement aux rencontres en personne. Enfin, l’autodiscipline étant nécessaire à l’apprentissage en ligne, le tout a sans conteste favorisé le développement de l’autonomie et de l’efficacité chez ma personne.
Brandir l’exemple de la tenue de l’Halloween pour exposer le manque de discernement du gouvernement quant à l’ouverture de secteur est à mon sens ironique. Bien sûr, la santé mentale des étudiants universitaires est importante, mais celle des enfants l’est aussi.
Il semble être scientifiquement avancé que cette fête, si précieuse aux yeux des enfants, peut se dérouler en toute sécurité. Pourquoi alors ne pas offrir le temps d’une soirée un semblant de normalité à ces petits qui vivent aussi cette pandémie, d’autant plus à un âge où l’environnement et nos interactions nous façonnent autant pour les années à venir?
Tenir la CAQ et le ministre de l’Enseignement supérieur responsables du manque de concertation auprès des étudiants est plutôt facile. Je crois qu’il est plutôt du devoir des universités de répondre aux attentes de leurs étudiants. L’UdeS, par exemple, a retroussé ses manches et offre désormais la majorité de ses cours en présentiel dont certains se déroulant même à l’extérieur du campus.
Il ne faut pas non plus reprocher aux professeurs leurs difficultés avec l’enseignement en ligne. Ce sont aussi des humains dont la santé mentale a été fragilisée et qui, pour la plupart, font au mieux de leurs capacités.
Finalement, M. Atchison soulève passer régulièrement plus de 10 heures par jour seul devant son écran. C’est désolant, j’en conviens. Par contre, il est naturel de se questionner sur la nature de ces heures passées quant à savoir si ce chiffre exclut bien celles dédiées au récréatif. Il y a fort à parier que cette situation n’est pas la norme chez les étudiantes et les étudiants.
En définitive, nul besoin de rentrer dans la partisanerie ou de reprocher le manque de capacité d’adaptation de l’enseignement ou de soutien psychologique au gouvernement actuel. Il devrait être du ressort des institutions universitaires de s’enquérir du bien-être de leurs élèves et de s’adapter en conséquence comme certaines en on fait la démonstration.
N’oublions pas que cette période de confinement a aussi été bénéfique chez bon nombre d’étudiants, leur permettant de se concentrer sur l’essentiel et d’obtenir de bons résultats académiques.
Natali Demers