Une fermeture qui fait mal pour un restaurateur-aubergiste du Saguenay
Jean Houle | TVA Nouvelles
Un restaurateur-aubergiste de Saguenay encaisse très mal la fermeture des restaurants imposée la semaine dernière par le gouvernement Legault.
• À lire aussi: Québec dédommagera les restaurateurs
Le coup est d'autant plus dur pour Daniel Bolduc alors que son entreprise, lancée en juin dernier, ne se qualifie pas pour l'aide fédérale.
«C'est dur à comprendre», a-t-il lancé.
En mars dernier, lui et sa conjointe ont investi 500 000 $ pour l'achat d'une maison ancestrale de 120 ans sur la rue St-Dominique, dans le secteur Jonquière. Il a ainsi ouvert Les 2 Tours, qui comprend un restaurant de 48 places et sept chambres à coucher.
L'établissement a accueilli ses premiers clients en juin. Le départ était prometteur, les réservations pour les Fêtes abondaient. Mais le resserrement des mesures sanitaires par le gouvernement Legault a brisé l'élan.
«On avait une centaine de réservations. Toutes nos chambres étaient louées, avec le tournoi pee-wee de Jonquière. Comme nous ne sommes pas loin du Côté-Cour, [une salle de spectacles de Jonquière], les artistes couchaient ici.
«En tout, j'évalue les pertes financières à 20 000 $, uniquement pour le mois de janvier», a déploré M. Bolduc.

Le plan d'aide fédérale est réservé pour les entreprises qui étaient déjà en service au début de la pandémie, en mars 2020.
«Quand on a ouvert, comme tout le monde, on se disait que la pandémie était derrière nous. Aujourd'hui, le gouvernement fédéral nous dit qu'on aurait dû prévoir ce qui allait arriver en ouvrant pendant la COVID. Mais personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer! Personne!», a mentionné le co-propriétaire de l’établissement.
Le Bloc Québécois a tenté, en vain, de convaincre la ministre Chrystia Freeland d’assouplir l’accès au programme.
«Je comprends qu'Ottawa veut éviter les fraudes, mais il y aurait moyen de mettre en place des mécanismes de vérification. On pourrait éviter d'ajouter à la pression de ces entrepreneurs!» a dit le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard.

«J'ai toutes les preuves. Les documents, qui démontrent que notre entreprise fonctionnait. On ferme parce qu'on nous oblige, pas parce que les affaires allaient mal! Et on n'est pas compensés», a renchéri Daniel Bolduc.
Les entreprises d'au moins 6 mois sont toutefois admissibles au programme d'aide du gouvernement du Québec. En échange de certaines conditions, l'aide financière peut prendre la forme d'un prêt pardonnable, c'est-à-dire sans remboursement.
Daniel Bolduc a révélé son histoire au grand jour dans l'espoir d'aider les entrepreneurs dans la même situation que lui.
«On se sent brimés dans nos droits», a-t-il conclu.