«Des risques et des nuages» à l’horizon

Nicolas Lachance | Journal de Québec

2022-02-02T17:32:09Z
2022-02-02T19:44:50Z

La santé publique envisage une forte augmentation des hospitalisations et des décès liés à la COVID en raison de l'assouplissement des mesures sanitaires. 

Deux scénarios sont sur la table: un optimiste avec la fin de toutes les restrictions et un autre pessimiste qui pourrait forcer Québec à faire marche arrière.

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Le directeur national de la santé publique, le Dr Luc Boileau, admet qu’il y a «des risques et des nuages» à l’horizon, et ce, dès la fin du mois de février. 

Selon les modèles réalisés par l'Institut national de santé publique du Québec, l’assouplissement des mesures sanitaires va propulser les cas de COVID-19 vers le haut et pourrait faire exploser à nouveau le nombre d’hospitalisations et de décès. 

Les données exposées plongeraient le Québec à nouveau dans le pire de la pandémie. 

Ce modèle ne prend pas en considération la montée du petit frère d’Omicron, le sous-variant BA.2. 

Cette souche serait plus encore transmissible et pourrait frapper le Québec. 

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Le Dr Boileau ne souhaite pas devoir reculer sur la réduction des mesures sanitaires. 

Mais, en raison de ce sombre portrait, il est incapable de le promettre. 

«Est-ce qu’on peut être sûr pour l’avenir? Non. Je ne suis pas le Bon Dieu», a-t-il affirmé, indiquant qu’il s’agit pour l’instant d’une «gestion de risque équilibrée.» 

Optimiste     

Dr Boileau mise toutefois sur un scénario beaucoup plus positif. Il signale que le Québec est actuellement dans une bien meilleure position qu’il y a quelques semaines, qu’on utilise «une route différente» avec une baisse constante des hospitalisations. 

«Il faut que ça continue dans ce sens-là (...) Les deux à trois semaines devant nous sont déterminantes. Et avec ça, on va être capable de nous assurer de faire la progression de la levée des mesures, de toutes les mesures. C’est ce que nous allons recommander au gouvernement si on observe ça», a-t-il indiqué. 

D’ailleurs, les prévisions l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) sont beaucoup plus encourageantes que celle de l’INSPQ. 

Les experts prévoient une baisse progressive des cas pour les deux prochaines semaines et même l’atteinte d’un seuil de la pandémie au Québec. Or, ceux-ci ne tiennent pas compte du relâchement des mesures sanitaires. 

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Troisième dose     

Le Dr Boileau a donc lancé un nouvel appel à la vaccination, la distanciation sociale et au port du masque, soutenant que le Québec entre dans un moment «charnière» de sa lutte contre la COVID. 

«On a des outils, notamment la troisième dose», a-t-il répété, admettant qu’il n’y a pas assez d’engouement pour cette dose de rappel. «Avec la 3e dose, c’est comme ça qu'on va se sortir de la pandémie.» 

L’ajout de cette dernière au passeport vaccinal est l’une des solutions envisagées afin de forcer l’accélération des inoculations. «Est-ce qu’on doit proposer un incitatif de la sorte, d’un passeport vaccinal à trois doses? C’est pertinent de se poser la question et on se la pose effectivement», a relaté le Dr Boileau. 

Sports: masque recommandé en tout temps     

Le directeur de la santé publique Luc Boileau a offert une mise au point concernant le port du masque durant les activités sportives. La confusion régnait au sein des organisations depuis le retour des jeunes sur les terrains de sports. 

Les jeunes athlètes sont contraints de porter le couvre-visage en tout temps lorsqu’ils pratiquent des sports scolaires et parascolaires. 

Et, les sportifs évoluant dans un club civil qui sont âgés de 10 ans et plus doivent également le porter en tout temps. Ils peuvent cependant le retirer brièvement lors d’un effort physique intense, s’ils sont inconfortables. 

De son côté, le Dr Boileau recommande néanmoins le port du masque pour tous les sports, tant à l’école qu’au civil, afin d’éviter la contagion d’Omicron. «La clarté, je vais essayer de l’améliorer, mais il faut savoir que les données évoluent, la science évolue», a-t-il mentionné, 

D’ailleurs, la santé publique a indiqué qu’il y avait une légère hausse des consultations COVID à l’hôpital chez les enfants de moins de 12 ans. 

– avec la collaboration du journaldequebec.com

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