Une juge n’est pas émue par les excuses d’un batteur de femme

Michael Nguyen
Un batteur de femme qui a espéré obtenir l’absolution a appris à la dure que les juges n’entendent pas à rire avec la violence conjugale et les faux remords pour obtenir la clémence des tribunaux.
« Ici, une peine autre que l’incarcération occulterait [...] la nécessité d’exprimer que la violence conjugale n’est pas tolérée », a lancé la juge Julie Riendeau en condamnant Mathieu Michel à quatre mois de prison, la semaine passée, au palais de justice de Montréal.
C’est que le crime de Michel, 31 ans, était particulièrement répugnant. Alors qu’il se séparait de sa conjointe en 2018, il s’en était violemment pris à elle.
« L’accusé a giflé sa victime au visage et sur la tête à plusieurs reprises, l’a projetée au mur, lui a donné des coups de poing au ventre, l’a frappée avec une chaise, fouettée avec un fil de chargeur et étranglée », a rappelé la juge Riendeau.
Coupable de voies de fait, Michel voulait obtenir l’absolution, ce qui signifie l’absence de casier judiciaire. Mais après s’être parjuré en niant sous serment s’en être pris à la victime, il a concédé qu’il méritait au plus des travaux communautaires.
Pas sincère
Sa nouvelle conjointe, une responsable de garderie, l’a pour sa part décrit comme un « nounours » très gentil avec les enfants qu’il côtoie.
Michel s’était également excusé à sa victime, mais la magistrate n’y a pas cru, y voyant plutôt une façon de tenter d’obtenir la clémence de la cour.
« Pour le tribunal, ces remords manquent de sincérité, a dit la juge Riendeau. L’accusé se concentre davantage sur son sort [...] que sur l’inadéquation de ses gestes et sur les conséquences de ceux-ci sur la victime. Il ne fait ni preuve d’autocritique ni d’empathie. »
Ainsi, la magistrate s’est rangée du côté de la Couronne, qui réclamait quatre ou cinq mois de prison, d’autant plus que la victime, si elle n’a pas eu de séquelles physiques, continue de souffrir psychologiquement.
« Les gestes posés par l’accusé ne doivent pas être posés, avec quiconque, jamais », a-t-elle ajouté.
La juge Riendeau a également ajouté une probation de deux ans pendant laquelle le batteur de femme ne pourra entrer en contact avec son ex-conjointe ni faire référence à elle sur les réseaux sociaux.