Une mère pourra faire vacciner son fils, malgré l’avis contraire de son père

Photo Agence QMI, Joël Lemay
Photo portrait de Laurent Lavoie

Laurent Lavoie

2021-09-02T19:03:20Z

Avec l’année scolaire qui débute et la hausse des cas de COVID-19 au Québec, une mère pourra faire doublement vacciner son fils de 12 ans, malgré l’opposition du père, a récemment tranché une juge de la Cour supérieure. 

«C’est dans le meilleur intérêt de X [l’enfant] de recevoir une première et une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 le plus tôt possible», a considéré la juge Aline U.K. Quach.

Dans la décision rendue le 27 août, la magistrate s’est, entre autres, appuyée sur les recommandations de la Santé publique concernant les enfants âgés de 12 à 17 ans. 

La protection de cette frange de la population aiderait à contenir les éclosions et à limiter les fermetures de classes, peut-on lire.

Aux antipodes

La mère espérait de son côté que le jeune garçon soit vacciné rapidement en raison de sa rentrée imminente au secondaire.

Le père, quant à lui, a plaidé, notamment, que le «vaccin contre la COVID-19 était à un stade expérimental et qu’il était seulement approuvé par le gouvernement en raison de l’état d’urgence». Le surpoids de l’enfant est aussi un facteur à considérer, a-t-il plaidé.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Me Sylvie Schirm, avocate spécialisée en droit de la famille, sur QUB radio: 

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Il a voulu faire témoigner comme expert un scientifique américain favorisant l’arrêt de la campagne de vaccination, mais la Cour a refusé.

Les parents ont également fait appel à l’opinion du pédiatre de leur enfant, qui a déclaré que «le vaccin était approprié pour tout le monde et qu’il le recommandait à tous ses patients».

L’enfant, qui ne peut prendre légalement de décision médicale en raison de son âge, espère pratiquer des activités comme le football et voir ses grands-parents en toute sécurité, a fait valoir son avocat.

Question épineuse

Difficile à dire si cette décision pourrait créer un précédent juridique, mais, peu importe le dossier, le meilleur intérêt de l’enfant devra toujours primer, estiment deux avocates interrogées par Le Journal.

«Ce n’est pas parce que cette décision-là vient d’être rendue que ça fait table rase de tout le reste dans chaque situation en droit familial», insiste Me Amanda Inkel, spécialisée en droit de la famille et de la jeunesse.

Pour l’avocate en droit civil et familial Gabrielle Azran, ce verdict n’a rien d’étonnant. Il «va vraiment dans le sens de la loi et des recommandations qui ont été faites par la Santé publique», souligne-t-elle.

Toutes deux s’entendent pour dire que l’épineuse question de la vaccination donnera des maux de tête aux juristes. Alors que les causes diffèrent les unes des autres, des enjeux de santé et de liberté individuelle s’entrechoqueront en pleine Cour.

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