Une pétition pour l’accès gratuit à la contraception au Québec explose après l’élection de Trump


Anne-Sophie Poiré
Une pétition réclamant au gouvernement du Québec un programme d’accès gratuit à la contraception a vu son nombre de signatures exploser depuis l’annonce de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, mercredi matin.
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«On est passé de 1500 signatures à plus de 30 000 en 24 heures. C'est vraiment impressionnant!», lance la coordinatrice politique de la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) et responsable du dossier contraception, Anne-Sophie Gignac.
Le regroupement féministe lançait le 25 septembre dernier une pétition sur le site de l’Assemblée nationale du Québec afin de rendre gratuit l’accès à toutes les méthodes de contraception disponibles dans la province, peu importe la couverture médicale de la personne.
«Il s’agit d’une nécessité», plaide la FQPN, notamment dans le contexte politique actuel.
Le matin du 6 novembre, le document ne comptait que 1500 signatures. En après-midi le 7 novembre, plus de 33 500 personnes y avaient apposé leur nom.
On craint pour les droits sexuels et reproductifs
L’issue de l’élection américaine ne serait pas étrangère à cette vague, estime Mme Gignac.
«J'ai discuté avec une personne qui a décidé de relayer l'information justement à cause de ça. Elle avait signé la pétition il y a quelques semaines, mais [mercredi] elle a senti le besoin de réagir et de se mobiliser pour le droit des femmes ici.»
«On n'a aucun contrôle sur ce qui va se passer dans les prochaines années aux États-Unis», poursuit Anne-Sophie Gignac.
Déjà, un adulte américain sur cinq craint que le droit à la contraception soit menacé après les limitations à l’accès à l'avortement imposées dans plusieurs États conservateurs depuis deux ans, révèle un récent sondage de la Kaiser Family Foundation.
L’arrivée des républicains au pouvoir en janvier prochain ne risque pas d’augmenter l’impression de sécurité en matière de droits sexuels et reproductifs.
«Ça reflète ce que plusieurs vivent au lendemain des élections américaines. Il y a un certain sentiment d'impuissance. Il s'agit quand même du gouvernement d'un pays voisin», fait valoir la coordonnatrice à la FQPN.
Le coût, la principale barrière à la contraception
La contraception gratuite est une mesure très populaire dans la province, selon elle, en précisant que 40% des grossesses ne sont pas planifiées au Canada.
«Il s'agit premièrement d'une question d'égalité entre les genres. Les femmes et les personnes pouvant tomber enceintes sont trop majoritairement celles qui doivent payer la contraception», explique Mme Gignac.
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Le coût est la principale barrière à l'accès à la contraception au Québec. La prix de la pilule peut s'élever à près de 300$ par année et le stérilet, jusqu'à 400$, précise-t-elle.
«On le voit tous les jours, des femmes qui ne peuvent pas se payer un stérilet avec leur budget serré ou qui ne prennent pas la pilule contraceptive tous les mois parce qu’elles ne peuvent pas se le permettre financièrement», souligne la coordonnatrice au développement et rayonnement communautaire du Centre de santé des femmes de Montréal (CSFM), Marianne Rodrigue.
«Personne ne devrait choisir entre un panier d'épicerie bien rempli et le moyen de contraception de son choix. Avec l’inflation, c’est la réalité de plusieurs», déplore Mme Gignac.
La pétition peut être signée jusqu’au 25 novembre prochain. Elle sera déposée à l’Assemblée nationale par la députée de Mercier, Ruba Ghazal.