Interchangeabilité des vaccins: une pratique jugée irresponsable au Canada
Agence QMI
La Grande-Bretagne a autorisé le remplacement d’un vaccin de la COVID-19 contre un autre lors de la deuxième dose, mais cette mesure est jugée irresponsable par des experts canadiens.
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Pour être correctement efficace contre la COVID-19, le vaccin doit être administré en deux doses, qui sont espacées de plusieurs semaines. Or, puisqu’il existe plusieurs variantes du vaccin, la Grande-Bretagne a accepté que l’une ou l’autre soit utilisée lors de la seconde étape.
Vendredi, la Santé publique anglaise a indiqué que cette pratique ne devrait être faite qu’en dernier recours, mais qu’elle était «raisonnable».
Au Canada, la Santé publique a approuvé les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna. Tous deux sont des vaccins de type ARNm, mais les doses doivent être respectivement administrées en 21 jours et en 28 jours.
Le Comité consultatif national de l’immunisation du Canada (CCNI) recommande actuellement que la série de vaccins soit complétée «avec le même vaccin contre la COVID-19», puisqu’«aucune donnée sur l'interchangeabilité des vaccins contre la COVID-19 n'existe».
«Je crois que c’est irresponsable... ce n’est pas éthique parce que nous ne savons pas ce que ça fera. Nous n’en connaissons pas l’efficacité, nous ne connaissons pas les effets secondaires», a indiqué à Global News le Dr Colin Furness, épidémiologiste en contrôle des infections et assistant-professeur à l’Université de Toronto.
Même son de cloche du côté du Dr Isaac Bogoch, du même établissement, qui ne rejette pas la théorie de l’interchangeabilité, mais qui appelle à la prudence.
«Jusqu’à ce que nous ayons de meilleures données qui soutiennent cela, je ne crois pas que nous verrons une telle pratique au Canada», a-t-il mentionné.
Le Dr Furness croit que de comprendre les effets de l’interchangeabilité pourrait prendre des mois. Il rejette ainsi les expérimentations, qui apportent plus de mal que de bien.
«L’histoire humaine est remplie d’expérimentations sur des gens qui ne comprenaient pas qu’ils étaient des cobayes. Et ça, ce n’est vraiment pas correct», a soutenu l’expert.