COVID-19: «Une procédurite pas compatible avec une pandémie», dit Diane Lamarre
Agence QMI
Heures limitées pour les rendez-vous, nombre de personnes vaccinées qui n’augmente pas assez vite, dédale de procédures pour ceux qui souhaitent aider à la vaccination, la spécialiste en santé de TVA Nouvelles Diane Lamarre considère que la campagne en cours au Québec pourrait être beaucoup plus intense.
Si la campagne massive de vaccination s’est mise en branle cette semaine dans la province, la spécialiste note que le Québec ne vaccine pas encore assez vite, selon les chiffres publiés par la Santé publique.
Lundi, mardi et mercredi, environ 17 000 personnes par jour ont été vaccinées. Jeudi, ce chiffre est monté à 18 234, mais ce n’est pas encore suffisant, selon l’experte.
«On n’est pas dans l’ordre de grandeur du 30 000-35 000 qu’on nous a promis. On a choisi de vacciner de façon plus concentrée le grand Montréal, c’est un choix, mais il faut multiplier les points de vaccination, sinon, on entrepose des doses si on n’augmente pas notre capacité de vacciner», a souligné la professeure à l’Université de Montréal.
De nombreux professionnels de la santé ont également été appelés à prêter main-forte pour la vaccination, mais le chemin pour se rendre sur les sites de vaccination est tortueux, selon des témoignages recueillis par Mme Lamarre.
Un dentiste, qui après avoir envoyé ses papiers d’identification, a effectué une formation en personne de trois heures et une autre, virtuelle, de trois heures sur le lavage des mains, s’est fait dire que ses services n’étaient finalement pas requis avant le mois de juin.
«La personne était complètement estomaquée! Elle s’est inscrite dans un autre CISSS, où on lui a redemandé les mêmes étapes! On est dans une procédurite qui n’est pas compatible avec une pandémie», a déploré l’experte.
«Il faut qu’il y ait quelque chose qui est vraiment plus accéléré! Il faut être concordants! Hier, l’INSPQ nous disait: "attention, signal d’alarme, d’ici la fin avril on risque d’avoir énormément de cas. On a des variants qui se propagent rapidement dans le grand Montréal". Il y a une partie de responsabilité qui revient à la population, mais il y en a une qui revient définitivement à l’organisation et au déploiement de sites de vaccination», a-t-elle indiqué.
Par ailleurs, le fait que les rendez-vous pour se faire vacciner soient complets, notamment à Laval, prouve qu’il faudrait peut-être ouvrir plus de plages horaires.
«Je regarde Israël, ils vaccinaient presque 24 heures par jour! Je ne suis pas prête à dire que c’est ça qu’on doit faire 24 heures par jour, ici, mais un bon 16 heures, intense, si on veut vraiment aller plus vite que le variant», a-t-elle conclu.