Une scientifique révèle les 5 secrets du succès de Léon Marchand, le nageur qui a détrôné Michael Phelps

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Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2024-08-01T18:08:36Z

Le Français Léon Marchand a remporté, mercredi, à Paris, deux médailles d’or en moins de deux heures, une première dans l’histoire de la natation olympique. Une scientifique a décortiqué le style de nage de cet athlète qui domine la compétition, qui fait de lui presque un homme-dauphin.

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Le nageur de 22 ans a accompli tout un exploit. Il est parvenu à remporter les épreuves du 200 m papillon et du 200 m brasse au cours des mêmes Jeux olympiques, et en 114 minutes à peine.

Léon Marchand
Léon Marchand Photo MEGA/WENN

Quel est le secret de ce quintuple champion du monde, triplement médaillé d’or aux Jeux de Paris, détenteur du record olympique au 400 m quatre nages qu’il a arraché à la légende Michael Phelps?

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1 – Son corps filiforme

La première raison pour expliquer son succès, selon la mathématicienne et directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Amandine Aftalion: Léon Marchand possède «un corps parfait», du moins, pour sa discipline.

Un nageur est freiné par l’eau qu’il pousse devant lui, explique-t-elle au quotidien Le Monde. Pour diminuer cette force, le mieux est d’être le plus «allongé possible».

«La morphologie de Léon Marchand l’aide, car il n’a ni les épaules trop larges ni le bassin trop large par rapport à certains de ses concurrents», résume l’experte.

2 – Ses fameuses coulées

La seconde stratégie de l’athlète: ses longues coulées, parfois même à la limite du temps autorisé par World Aquatics. Les coulées, ce sont les phases de la course lors desquelles le nageur est sous l’eau, notamment après le plongeon de départ.

Pendant la course de 400 m 4 nages, dimanche dernier, Léon Marchand a passé 54 s sous l’eau, selon la Fédération Française de Natation, soit près du quart de la course.

En distance, il a parcouru 103 m complètement immergé, soit à peine 17 de moins que le maximum de 120 m autorisé.

Et pourquoi cette technique est-elle aussi efficace?

À la surface, les mouvements de bras et de jambes créent des vagues qui freinent les nageurs, explique-t-on dans Le Monde.

«C’est pour ça qu’il vaut mieux nager sous l’eau, parce qu’on crée moins de vagues, précise Amandine Aftalion. La résistance créée par les vagues est à peu près deux fois et demie inférieure sous l’eau. On dit en général qu’il faut être immergé à peu près à deux épaisseurs de son corps.»

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3 – Son «ondulation dauphin»

Léon Marchand se distingue également de ses rivaux grâce à une technique singulière qu’il maîtrise à la perfection: la «cinquième nage» aussi appelée «ondulation dauphin», qu’il exécute de manière plus souple et courbée que ses concurrents.

«Cela lui permet d’avoir une coulée plus efficace. Dans la coulée, on va pousser l’eau et on va créer des vagues. Mais l’intérêt de la coulée réussie, c’est que la vague que l’on crée, on arrive à se la renvoyer sur soi pour être repropulsé par sa propre vague», souligne la mathématicienne.

Au départ de la course et à chaque virage, l’ondulation lui donne un avantage décisif sur quelques mètres.

C’est cette même technique qui a permis à Michael Phelps, avec qui Léon Marchand partage l’entraîneur américain Bob Bowman, de largement devancer ses adversaires.

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4 – Sa capacité anaérobie

Or, pour demeurer sous l’eau aussi longtemps sans nouvel apport d’oxygène, il faut fournir un effort très intense.

La capacité des muscles à fonctionner le plus longtemps possible sans oxygène s’appelle l’anaérobie.

«Léon Marchand a une capacité anaérobique qui est très importante, observe Mme Aftalion. C’est-à-dire qu’il arrive à nager longtemps sous l’eau sans respirer et sans que ça affecte ensuite sa nage à la surface.»

Léon Marchand dans la piscine à Paris.
Léon Marchand dans la piscine à Paris. Photo MEGA/WENN

5 – Sa confiance

La dernière stratégie de Léon Marchand (et non la moindre), selon la directrice de recherche au CNRS: la «grande» motivation du jeune nageur.

«Un athlète motivé est capable de produire un effort plus intense, fait valoir Amandine Aftalion. Il est aussi capable de réagir plus rapidement et d’utiliser son effort avec moins de pénibilité, c’est-à-dire qu’il va moins ressentir la douleur et la fatigue.»

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