Une station-service menacée par le projet de voies réservées

Jean-Luc Lavallée
La Ville de Lévis prévoit acquérir 50 bandes de terrain sur le boulevard Guillaume-Couture, pour réaliser son projet de voies réservées aux autobus, et a ciblé un lot complet, celui d’une station-service Irving qui est menacée.
« Selon l’évaluation des besoins réalisée à ce jour, seul le bâtiment situé à l’adresse 6665, boulevard Guillaume-Couture correspondant à une station-service est visé par une acquisition complète qui pourrait se traduire par la démolition d’immeuble », peut-on lire dans un document acheminé au ministère de l’Environnement.
Discussions
Le terrain convoité par la Ville est situé à l’est de la rue Saint-Omer. Joint par Le Journal, mercredi, les propriétaires de l’entreprise familiale Paquet & Fils, qui exploitent un réseau de stations-service dans Chaudière-Appalaches, ont toujours espoir de s’entendre avec la Ville pour sauver leur commerce situé à un carrefour stratégique.
« Il y a une belle revitalisation qui s’en vient avec le prolongement de Saint-Omer. Ça nous met en plein cœur de l’action. Je n’ai pas l’intention de m’en aller », a indiqué Michel Paquet.
Ce dernier, qui est en discussions avec la Ville, estime que son terrain est suffisamment grand, à l’arrière, pour envisager le déplacement de sa bâtisse, des pompes à essence et du lave-auto, afin de conserver la vocation actuelle du site, moyennant une compensation suffisante.
À la Ville de Lévis, l’attaché de presse du maire Gilles Lehouillier n’a rien voulu confirmer, à ce stade-ci, mais il n’a pas non plus exclu ce scénario. Il a fait savoir que la Ville va « tout faire pour minimiser les impacts du projet sur les riverains ».
Acquisitions partielles
L’ajout de voies réservées sur deux tronçons du boulevard Guillaume-Couture – entre la rue de la Concorde et le cap Samson, puis entre la rue Charles-Rodrigue et le cégep de Lévis-Lauzon – implique aussi d’acquérir une cinquantaine de lots partiellement, de gré à gré, ou via une expropriation. Une poignée de stationnements seront touchés, sur six lots.
« Dans la quasi-totalité des situations, le projet ne nécessite que l’acquisition de bandes limitées de terrain qui affecteront peu le droit de propriété et d’utilisation des propriétaires visés », peut-on lire dans l’étude d’impact produite par SNC-Lavalin pour le compte de la Ville.
Le projet de transport collectif, évalué à près de 88 M$, fera l’objet d’une séance d’information publique organisée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) jeudi soir, à 19 h 30. Tous les Lévisiens peuvent y assister virtuellement et poser leurs questions, notamment via la page Facebook du BAPE.
La période d’information prend fin le 5 janvier prochain. Pour l’instant, le BAPE n’a pas reçu le mandat de tenir des audiences publiques sur ce projet, financé à 77 M$ par les gouvernements supérieurs. Les travaux pourraient débuter à l’automne 2021 et s’étirer jusqu’en 2025.