Élus insatisfaits: La mairesse Valérie Plante défend sa gestion et son cabinet

ELSA ISKANDER/24 HEURES/AGENCE QMI

Elsa Iskander

2020-12-07T23:32:08Z

Même si certains élus de son parti peuvent être mécontents de certaines décisions, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, estime que c’est à elle de définir les priorités de son administration, surtout dans un contexte de pandémie. 

La mairesse réagissait lundi à un article de La Presse suggérant que des élus de Projet Montréal sont frustrés parce que des dossiers sont mis de côté pour faire place à d’autres priorités déterminées par le cabinet Plante.

La semaine dernière, Rosannie Filato a abandonné ses fonctions au comité exécutif, où elle était responsable de la sécurité publique, tout en restant conseillère municipale et membre de Projet Montréal. Selon La Presse, elle faisait partie d’élus frustrés par la situation, tout comme la conseillère Laurence Lavigne Lalonde, qui n’aurait pas aimé le report du Plan climat. Ce dernier devait être dévoilé au printemps, mais le sera jeudi prochain.

Tout en affirmant comprendre les frustrations de certains élus, la mairesse a laissé entendre que la gestion de la pandémie a préséance. «Je peux comprendre que pour certains élus, des fois, qui ont plus leur carré de sable – c’est normal, c’est leur bébé, leur dossier – se disent "j’aimerais ça que ça avance", a dit Mme Plante. Mais je considère que c’est mon rôle comme leader, comme mairesse, de dire: "OK, il y a différents morceaux, mais il faut prendre le contexte actuel d’une pandémie et il faut trouver des solutions aux urgences".»

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Contexte de pandémie

Convenant que des élus peuvent se sentir «brusqués», la mairesse Plante a insisté sur l’importance d’avoir «une vision d’ensemble» et de s’ajuster en contexte de crise sanitaire. «Il y a des Montréalais qui, en ce moment, n’arrivent pas à se nourrir, à se loger, ils sont en perte de repères, il y a de la détresse psychologique. Moi, je considère que c’est la chose responsable à faire – et j’en suis fière – que d’ajuster un mandat en fonction de la situation qui se produit.»

Mme Plante s’est également portée à la défense de son entourage. Comme dans d’autres partis, «le cabinet politique appuie le comité exécutif, la mairesse, pour faire avancer des dossiers», a-t-elle dit en marge d’une annonce sur un projet de corridor vert sur l’île.

Mauvaise gestion

Pour sa part, le chef de l’opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Lionel Perez, a souligné que le départ de Rosannie Filato du comité exécutif s’ajoute à d’autres. Luc Ferrandez a démissionné. Sue Montgomery, Giuliana Fumagalli et Julie-Pascale Provost ont été éjectées du caucus de Projet Montréal. «On constate une implosion à Projet Montréal», a lancé M. Perez.

«C’est clair qu’il y a un problème et, malheureusement, l’administration Plante et son "politburo" ne savent pas comment gérer leurs membres. Et ça se traduit par cette insatisfaction, a poursuivi le chef d’Ensemble Montréal. Et c’est pas fini. Il y aura d’autres crises. Je prédis que le prochain, ça va être François Croteau dans Rosemont–La Petite-Patrie.»

L’entourage du maire Croteau a affirmé le contraire. «Comme le maire l'a annoncé à plusieurs reprises dans les dernières semaines, s'il a annoncé un plan triennal de transition écologique, c'est qu'il a l'intention de se représenter aux prochaines élections», a indiqué Emmanuelle Allaire, responsable du soutien aux élus dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. À savoir s’il comptait rester dans l’équipe de Projet Montréal, on nous a répondu par l’affirmative.

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