La CAQ et le PLQ en faveur: vers l’application du passeport vaccinal à l’Assemblée nationale

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

2021-09-29T18:51:52Z

Même si la Santé publique ne le recommande pas, le gouvernement Legault et le Parti libéral veulent forcer l'imposition du passeport vaccinal à tous les élus, employés et visiteurs à l’Assemblée nationale. 

Les représentants de tous les partis doivent se rencontrer jeudi soir pour trancher la question, après des semaines de tergiversations.  

Mais l’issue semble déjà toute tracée, caquistes et libéraux étant tous deux favorables à la vaccination obligatoire pour les députés, employés et visiteurs du Parlement. Ils sont majoritaires au Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), sorte de conseil d’administration chapeautant les parlementaires et lieu de décision.  

L’opposition de Québec solidaire et du Parti québécois n’y fera rien. D’ailleurs, les nombreux débats et la production d’avis juridiques sur le sujet n’ont pas permis jusqu’ici de rapprocher les parties et de trouver une position consensuelle.  

«Notre intention est ferme», précise une source gouvernementale, qui soutient que la CAQ va demander le vote au BAN pour que la question soit enfin réglée. À ceux qui brandissent la menace de poursuites, on réplique que c’est un risque qui plane à chaque décision. «S’il fallait gouverner en fonction des avis juridiques, on ne ferait jamais rien», insiste notre source. On plaide un «devoir d’exemplarité» des élus. 

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Les troupes de Dominique Anglade sont du même avis. «Notre position est très ferme, on est pour le passeport vaccinal à l’Assemblée nationale, précise le porte-parole de la cheffe libérale, Jérémy Ghio. Ça veut dire que les gens qui viennent ou qui visitent ou qui viennent en commission parlementaire doivent être doublement vaccinés et présenter une preuve de vaccination».  

L’opposition officielle juge qu’il n’y a pas d’enjeu au niveau de la liberté d’expression des groupes qui souhaitent intervenir en commission parlementaire sur des projets de loi du gouvernement. L’alternative pour ceux qui ne sont pas vaccinés, c’est de le faire par vidéoconférence. «On veut que tout le monde soit entendu, que tout le monde puisse donner son opinion», dit-il.  

Suivre la Santé publique  

Mais aux yeux de la députée solidaire Ruba Ghazal, pour être exemplaire, les parlementaires doivent plutôt suivre les recommandations des troupes du Dr Horacio Arruda . «La Santé publique nous dit que l’Assemblée nationale est un endroit sécuritaire. Les mesures misent en place sont excellentes, la preuve, il n’y a jamais eu d’éclosion depuis le temps qu’on a ouvert l’Assemblée nationale!», dit-elle.

Au Parti québécois, on estime que seule une recommandation formelle de la santé publique pourrait permettre d’envisager l’application du passeport vaccinal au Parlement. «Aller de l’avant sans une telle demande formelle créerait un système à l’Assemblée nationale en marge de l’ensemble de ce qui est applicable partout au Québec, sans aucune justification», précise l’attachée de presse de l’aile parlementaire péquiste, Laura Chouinard-Thuly. 

Vérification faite, la Santé publique «ne recommande pas pour l’instant l'application du passeport vaccinal à l'Assemblée nationale pour les élus et les employés car il s’agit de « travailleurs » et que le passeport vaccinal n’est actuellement exigé que pour accéder à certains lieux et certaines activités non essentielles où le risque de transmission entre personnes est élevé», précise la porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Louise Harvey.  

Cette dernière ajoute néanmoins que l’Assemblée nationale a le pouvoir de régir ses affaires internes sans ingérence extérieure et est tout à fait libre de se doter de règles lui permettant de renforcer la sécurité sanitaire au sein de son établissement.

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