[VIDÉO] Vedette de «La collecte»: «Je sais maintenant quand m’arrêter et quand lâcher prise» - Caroline Néron

Guillaume Picard
En jouant dans le film coup de poing La déesse des mouches à feu, Caroline Néron s’est donné l’élan nécessaire pour rebondir, au moment où son empire de bijoux s’effondrait.
Deux mois après la faillite de son entreprise survenue le 8 janvier 2019, la comédienne, chanteuse et entrepreneure se faisait «offrir la chance de jouer une mère détruite» dans le long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette.
«Quand le téléphone a sonné, j’étais en boule sur mon divan, dépressive. J’ai pris ça comme un signe de la vie, dans le sens où c’est comme si le milieu est revenu me chercher, ce dont j’avais envie, même si j’étais bien trop dans une passe noire pour penser à ça», a-t-elle dit en entrevue.
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Depuis, elle a joué dans District 31, STAT, Testament, Un gars, une fille, et elle débarque dans La collecte dès le 23 octobre sur la plateforme illico+ – fusion de Club illico et de Vrai – dans le rôle d’une femme proche du crime organisé. Les huit épisodes mettant en vedette Bobby Beshro, Charles-Aubey Houde, Claude Legault, Chanel Mings et Guy Nadon sont réalisés par Podz, d’après un scénario de Ludovic Huot et de Charles-Étienne Brassard.
«C’est une femme qui vient d’un milieu rough. Son mari est en prison, elle se tient avec Santa [Guy Nadon], qui est le boss de la pègre. Elle adore son fils unique, Kevin [Charles-Aubey Houde], et sans dire qu’elle l’a abandonné, elle l’a laissé chez son frère Stéphane [Claude Legault], ce qui explique pourquoi il est devenu collecteur de dettes», a résumé la comédienne, qui, plus qu’à ses débuts, prend plaisir à «construire» ses personnages afin qu’aucun ne se ressemble.

«Pas de danger que des gens voient en Suzanne, dans La collecte, Claude Coupal que je joue dans STAT!».
Une femme forte
Dans cet univers criminel, Caroline Néron se réjouit d’incarner une femme qui ne s’en laisse pas imposer par les hommes.
«Suzanne a beaucoup de caractère. Elle ne craint personne, sauf peut-être Santa. Suzanne tabasse même un gars pour protéger une jeune fille. Pour moi, c’était mon moment féministe de la série.»

Selon Caroline Néron, La collecte, qui est produite par Fair-Play, en collaboration avec Québecor Contenu, «comble de nombreux désirs» qu’elle a en tant qu'interprète avec des scènes hautement émotives.
«Il y a beaucoup d’intensité dans mon personnage. En même temps, il y a un langage qui n’est pas propre. J’ai sacré ma vie en tournant! En fait, j’ai tellement sacré que ça m’a affectée dans ma vie», a-t-elle dit en riant.
Dans la série, Caroline Néron campe Suzanne à 30 ans et à 50 ans.
«On a joué avec les cheveux, les looks qui évoluent, le maquillage plus années 2000 versus quelque chose de plus naturel à 50 ans. Je voulais qu’elle soit rock, comme des filles de moto qui ont des manteaux courts, des jeans serrés et des seins qui ressortent. On dirait d’ailleurs que j’ai les seins plus gros dans La collecte.» (rires)

Se donner dès le premier jour
Caroline Néron connaissait par cœur toutes ses répliques au premier jour de tournage.
«J’aime savoir tellement mes textes que je peux me donner au réalisateur, il peut faire ce qu’il veut avec moi et m’enligner. J’ai aimé que Podz m’amène à un autre niveau: il me proposait de petits détails et comme j’étais bien préparée, je pouvais me concentrer sur le peaufinage pour rendre mon personnage plus complet.»
Elle transmet cette éthique de travail à sa fille, Emmanuelle Gagné-Néron, avec qui elle rêve de défendre un «gros drame» à l’écran. Emmanuelle a été révélée dans Ruptures, puis on l'a vue dans Alertes, District 31, Comme des poules pas de tête et In Memoriam.
Renaissance

À 51 ans, Caroline Néron entretient une foule de rêves et d’aspirations dans chacune des sphères de sa vie.
«C’est la maturité et l’âge qui font que je comprends plus ce qui est bon pour moi et ce qui ne l’est pas. Je sais maintenant quand m’arrêter et quand lâcher prise.»
Elle évoque même une «renaissance» quand elle regarde cinq ans en arrière. Depuis, elle a relancé sa carrière de comédienne et remis sur les rails son entreprise de bijoux, en plus de tomber amoureuse.
«Il y a tellement de belles choses qui se sont passées dans ma vie, beaucoup de changements, dont mon chum Luc qui est dans ma vie depuis quatre ans. C’est un homme extraordinaire que ma fille adore. Mon ex aussi, Jean-Marc, le père de ma fille dont je suis devenue extrêmement proche. Sa femme Nathalie et lui m’ont présenté mon chum. On se voit régulièrement, on célèbre des fêtes ensemble, c’est génial, car je suis une femme de famille, je pense que ça me manquait et c’est important pour ma fille.»

STAT, Molosse, Anna Kiri Supertrar...
Outre La collecte, on verra Caroline Néron dans le court métrage Molosse de Marc-Antoine Lemire et dans le film Anna Kiri Superstar de Francis Bordeleau.
On nous dit par ailleurs que son personnage dans STAT, Claude Coupal, n’a pas fini de faire jaser à l’Hôpital Saint-Vincent...
Elle a aussi pris la plume. «J’écris plein de choses, on dirait que j’ose plus aller de l’avant avec mes propres projets. Toutefois, c’est embryonnaire.»
«Je pense aussi à la musique, car il y a tellement de gens qui m’y font penser. J’ai mis mes chansons sur les plateformes et je fais de l’argent tous les mois, donc j’imagine qu’il y a une demande. Mais je ne travaille pas de projet musical en ce moment.»