Violence armée: une solution attendue de Nicolet
Louis Cloutier
L’École nationale de police du Québec (ENPQ), située à Nicolet, dans le Centre-du-Québec, va devoir se pencher sur la question de la formation des policiers afin de déterminer s’il est possible d’avoir plus d’effectifs pour assurer des renforts à Montréal, théâtre d’une hausse de la violence armée depuis plusieurs semaines.
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«Le directeur général de l’école participera dans les prochains jours à une rencontre avec des représentants du ministère de la Sécurité publique, Mme Sophie Roy, directrice du SPVM [Service de police de la Ville de Montréal], et M. Martin Prud’homme, directeur adjoint à la sécurité urbaine de la Ville de Montréal, afin de poursuivre les discussions sur le rôle que pourrait jouer l’ENPQ pour soutenir la Ville de Montréal», s’en est tenu à mentionner l’établissement par courriel.
Il faut dire que l’ENPQ met déjà les bouchées doubles pour combler le retard de diplomation accumulé depuis le début de la pandémie. Elle va ainsi former une centaine de policiers de plus par année pendant quatre ans.
Reste à savoir si les aspirants policiers sont toujours intéressés, dans le contexte actuel, à aller faire carrière à Montréal.
Selon le travailleur social et retraité de la Sûreté du Québec, Michel Tourigny, ils seraient prêts à le faire pour obtenir un premier travail. Il arrive, par contre, que ceux qui se retrouvent à Montréal soient frappés par un soudain désenchantement devant la réalité.
«J’ai des collègues de la police de Montréal, à l’heure actuelle, qui me disent: “quand on voit quatre individus racisés dont on sait qu’ils ne travaillent pas, qu’ils se promènent en Mercedes ou en BMW et qu’ils passent à côté de nous et nous font un doigt d’honneur avec le téléphone cellulaire en main, dans quel état d’esprit pensez-vous qu’on est?”» a confié Michel Tourigny.
Daniel Cournoyer, ancien policier du SPVM, note qu’il y a des policiers travaillant avec les deux mains attachées à l’origine de la vague de violence armée.
«Il y a un phénomène qui existe à l’effet que les policiers n’osent plus intervenir dans certaines situations pour éviter d’avoir à passer tout le phénomène administratif, déontologique, etc.», a-t-il lancé.
En novembre dernier, une chercheuse de l’ENPQ a publié les premiers résultats d’une étude établissant que le «désengagement policier» est présent au Québec.
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