Vivre dans une commune nouveau genre à 74 ans: on vous explique le projet de «cohabitat» à Montréal


Sarah-Florence Benjamin
«Je vis seule et je n’ai pas d’enfant. J’ai besoin d’interagir avec des gens d’âges différents pour me garder au courant.» Louise Rosenberg emménagera dans l’un des 58 logements du projet Un village à Lachine, un «cohabitat» que l’organisme Village Urbain va faire construire à Montréal.
Le concept est simple: tous les logements de l’immeuble sont connectés par des espaces communs où les résidents peuvent passer du temps avec leurs voisins, s’échanger facilement des services et mettre leurs ressources en commun, en se partageant des outils ou même leur voiture.
Parmi ces espaces communs, il y aura une cuisine, une grande salle multifonction, une buanderie, un atelier, une salle de jeux, un jardin et même des chambres pour les invités.
«Au lieu d’avoir un grand lobby vide et impersonnel, on entre par la maison commune qui connecte les logements», précise Estelle Le Roux Joky, cofondatrice et directrice générale de Village Urbain.

La vie en communauté
Le seul prérequis pour être résident du «cohabitat»: avoir le désir de vivre en communauté, de s’impliquer dans son milieu de vie et de réduire son empreinte écologique.
C’est justement l’appel de la communauté qui a charmé Louise Rosenberg.
«Ce qui donne un sens à ma vieillesse, c’est être là pour les plus jeunes. Les jeunes font face à de gros enjeux. Moi, j’ai vécu des choses qui m’ont donné de l’expérience et je veux les encourager», affirme la travailleuse sociale à la retraite qui raconte s’être déjà liée d’amitié avec de futurs voisins.

La femme de 74 ans considère que ce genre de milieu de vie combat l’isolement, surtout pour les personnes âgées qui peuvent continuer à côtoyer des gens plus jeunes.
«On vit plus vieux, mais on ne veut pas aller en résidence. On veut continuer à faire partie du monde!»
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Objectif 2026
Afin de maintenir l’accessibilité des logements et échapper à la crise du logement, Village Urbain vend les unités au prix coûtant.
«On fait zéro profit sur la vente des logements qui se situent au moins 5% en dessous de la moyenne du marché», affirme Estelle Le Roux Joky.
Les logements avec une chambre affichés sur le site de l’organisme se vendent autour de 350 000$. Il faut prévoir 450 000$ pour ceux à deux chambres, 530 000$ pour ceux à trois chambres et près de 600 000$ pour ceux à quatre chambres. Ces prix n'incluent pas les taxes.
Il manque seulement quatre réservations de logement pour pouvoir lancer les travaux de construction, pour une ouverture prévue au printemps 2026.

Les propriétaires devront être occupants, c’est-à-dire qu’ils ne pourront pas louer leur logement à d’autres.
Même en cas de revente, les anciens propriétaires doivent demander un prix qui se trouve à 5% en bas du marché, comme lors de l’achat. C’est une manière de «donner au suivant», explique la directrice générale de Village Urbain.
Des logements seront aussi disponibles en location. Les personnes intéressées doivent toutefois attendre au début 2025 pour donner leur nom.
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