Vol au Louvre: combien valent les bijoux volés?

AFP

AFP, adapté par Juliette de Lamberterie

2025-10-21T19:55:00Z

Le préjudice du vol spectaculaire de bijoux commis dimanche au Louvre a été évalué à 88 millions d'euros (environ 143 M$ CA), a indiqué mardi Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, alors que le musée est au cœur mardi d'une polémique sur la qualité des vitrines fracturées par les malfaiteurs.

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«Le préjudice a été estimé par la conservatrice du Louvre à 88 millions d'euros», une somme «extrêmement spectaculaire», a indiqué sur la radio RTL Mme Beccuau.

Les malfaiteurs — quatre individus cagoulés et vêtus de gilets jaune et orange d'ouvriers qui étaient arrivés par les quais de Seine et avaient cassé une vitre du musée pour entrer — sont toujours en fuite.

Pour la magistrate, les voleurs «ne gagneront pas» cette somme «s'ils avaient la très mauvaise idée de fondre ces bijoux», disant «attendre avec intérêt de savoir si, selon le jargon policier», les empreintes retrouvées, «en cours d'analyse», «vont matcher ou pas».

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Elle a confirmé le chiffre de «quatre personnes identifiées» sur les lieux, tout en évoquant la possibilité qu'«autour d'eux», il y ait «tout un tas d'équipes» qui les aient «aidées à perpétrer ce vol».

Interrogée sur l'existence d'éventuelles complicités dans le musée le plus visité au monde, la magistrate a répondu ne pas pouvoir «répondre par oui ou par non» à ce stade.

Elle a par ailleurs indiqué que le véhicule-nacelle garé le long du musée et qui a servi à commettre le vol a été obtenu par les malfaiteurs via «une pseudo-location sur un prétendu déménagement».

Quels bijoux ont été volés?

Le groupe a emporté neuf bijoux de la collection de bijoux de Napoléon et de sa femme, Eugénie. 

Toutefois, l'un de ces bijoux, la couronne de l'impératrice Eugénie, a été retrouvé endommagé près du musée. Cette couronne est notamment constituée de 1354 diamants et 56 émeraudes. 

Ce sont donc 8 autres bijoux , sur 23 qui étaient exposés dans cette salle, qui ont été volés: le diadème de l'impératrice, orné de 212 perles et 1998 diamants, son grand nœud de corsage, orné de 2438 diamants, et une broche-pendentif. Il est aussi question d'un collier constitué de 32 émeraudes et 1138 diamants et de ses boucles d'oreilles assorties, parure ayant appartenu à l'impératrice Marie-Louise d'Autriche. S'ajoutent au butin le diadème, le collier et l'une des boucles d'oreilles issus de la parure de saphirs et diamants des reines Marie-Amélie et Hortense. 

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«Fausses informations»

La présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars, sera entendue mercredi après-midi par la commission des affaires culturelles du Sénat, chambre haute du Parlement français.

Elle devra répondre à la cascade de questions sur la sécurité des œuvres soulevées par ce cambriolage, qui a été commenté dans les médias du monde entier et a placé l'établissement au cœur d'une vaste tempête politico-médiatique.

Nommée en 2021 à la tête du prestigieux musée parisien, elle devra notamment rendre des comptes sur un vol qui met en cause la fiabilité de son système de surveillance.

Mardi, le Louvre a ainsi défendu auprès de l'AFP la qualité des vitrines qui abritaient les joyaux dérobés dimanche dans la galerie d'Apollon. Le musée réagissait à un article du journal satirique Le Canard enchaîné qui les disait «apparemment plus fragiles que les anciennes».

Le Louvre «affirme que les vitrines installées en décembre 2019 représentaient un progrès considérable en termes de sécurité tant le degré d'obsolescence des anciens équipements était avéré et aurait mené, sans remplacement, à retirer les œuvres de la vue du public», a écrit sa direction dans un message à l'AFP.

Côté ministère de la Culture, tutelle du Louvre, la ministre Rachida Dati a dénoncé «trop de fausses informations» et annoncé dans un message sur X «la création d'une ligne de fact-checking accessible pour la presse via le service de presse du musée du Louvre». Interrogés par l'AFP, ni son ministère ni le Louvre n'étaient en mesure d'en préciser les contours ou les modalités.

La ministre a également assuré aux députés que «les dispositifs de sécurité du musée n'ont pas été défaillants», lors de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Elle a également annoncé la création d'une mission sur «la sécurité de tous les lieux patrimoniaux».

Son cabinet a par ailleurs reçu mardi les organisations syndicales du musée pour leur annoncer qu'une enquête administrative avait été confiée à l'inspection générale des affaires culturelles (IGAC), selon les syndicats.

Ceux-ci ont déploré la baisse des effectifs consacrés à la sûreté et à la sécurité des musées, en diminution de «25% en 10 ans» et dénoncé aussi «des budgets réorientés vers des projets muséaux au détriment du renouvellement des équipements dédiés à la surveillance des œuvres et du public», selon Elise Muller, du syndicat SUD-Culture.

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