Voyage aux États-Unis: un an de Trump, un an de resserrements pour les touristes
Olivier Boivin et Sandrine Faucher
Empreintes digitales, enregistrement auprès du gouvernement et présentation d’un historique des médias sociaux; depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, les resserrements des contrôles frontaliers sont nombreux. Le 20 janvier, ça fera un an que Donald Trump est en poste, et depuis, plusieurs choses ont changé pour les touristes qui souhaitent toujours continuer de visiter le pays présidé par l'homme hautement controversé.
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On se souvient, à son arrivée à la Maison Blanche, les choses brassaient aux États-Unis: Les feux à Los Angeles, la suspension de TikTok pour 170 millions d’Américains pendant (seulement) 12 heures le 19 janvier 2025... les États-Unis connaissaient (et connaissent toujours) une période assez mouvementée, en plus de se retrouver au cœur de plusieurs controverses sociopolitiques.
Dès le premier jour de son mandat, le 20 janvier 2025, Donald Trump a signé un décret visant à «protéger les Américains contre les invasions» afin de mieux contrôler les entrées et les sorties en territoire américain: «Accentuer les lois de notre nation en matière d’immigration est d’une importance critique pour notre sécurité nationale et la sécurité publique des États-Unis», peut-on lire dans le site internet de la Maison-Blanche.
La majorité des mesures présentées par Donald Trump et son administration en découlent.
Nous, depuis le 20 janvier, on se pose toujours cette question: Devrait-on voyager aux États-Unis, suite à l’élection de Trump?
Voici les mesures mises en place et annoncées depuis janvier 2025.
1. Enregistrement pour les longs séjours
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De nombreux touristes, dont les Québécois, qui comptent passer plus de 30 jours aux États-Unis doivent depuis quelques mois remplir un formulaire d’enregistrement I-94 et payer des frais de 30$ US (environ 42$ canadiens). Ce document vise à enregistrer les touristes auprès du gouvernement des États-Unis afin de coordonner notamment le respect de la durée du séjour sur le territoire. La prise d’empreintes digitales peut également être demandée, à la discrétion des douaniers. Les Canadiens qui voyagent aux États-Unis 29 jours et moins n’ont pas besoin de remplir ce document.
2. Vérification des appareils électroniques et application stricte des règles
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De nombreux voyageurs ont rapporté au cours des derniers mois des séances de questions plus longues à la frontière des États-Unis. Les douaniers sont d’ailleurs plus nombreux à demander aux visiteurs une fouille de leurs appareils électroniques. Davantage d’agents de contrôle frontalier ont d’ailleurs été embauchés au cours de la dernière année pour renforcer la sécurité aux frontières.
Le Big Beautiful Bill adopté plus tôt cette année a aussi eu pour effet de bonifier les budgets alloués aux contrôles frontaliers. Le gouvernement du Canada indique d’ailleurs dans sa page internet de conseils aux voyageurs de s’attendre à ce que leurs appareils électroniques soient examinés: «Les autorités américaines appliquent strictement les exigences d’entrée», indique-t-on. «Attendez-vous à un examen minutieux aux ports d’entrée, y compris des appareils électroniques.»
3. Une prise de photos désormais obligatoire pour les touristes
L'une des nouvelles mesures de sécurité est entrée en vigueur vendredi le 26 décembre 2025 aux États-Unis, obligeant tous les visiteurs, y compris les Canadiens, à être photographiés à chaque entrée et sortie du pays. Le département de la Sécurité intérieure met en place un système de collecte de données biométriques. Cependant, son application concrète dans les aéroports, les postes frontaliers et les ports pourrait prendre plusieurs années. Malgré tout, la mesure est appliquée dès maintenant aux frontières terrestres. Il s'agit de la prise d'une photo du type photo-passeport à l'aide d'un logiciel biométrique. Plus de détails par ici.
4. Historique des médias sociaux
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La dernière mesure en date concerne uniquement les voyageurs en provenance des 42 pays devant fournir une autorisation nommée ESTA pour entrer aux États-Unis, comme les Français et les Britanniques. De nombreuses données supplémentaires, dont l’historique des médias sociaux des cinq dernières années, pourraient être demandées dans le formulaire. Même si les citoyens canadiens en sont pour l’instant exemptés, la mesure fait vivement réagir par son caractère intrusif sur le plan de la vie privée.
Plus que des mesures, beaucoup d'incertitudes
En effet, en plus de ces nouvelles mesures qui augmentent les tensions aux frontières Canada–États-Unis, la situation sociopolitique aux États-Unis est inquiétante. Les arrestations déshumanisantes réalisées à la tonne par ICE (United States Immigration and Customs Enforcement), les nouvelles politiques de Trump créant des tensions avec l'Europe et autres pays (impactant ainsi l'économie mondiale), le désengagement des États-Unis d'organisations internationales (UNESCO), la grande polarisation du peuple américain et bien plus encore.
Certaines personnalités publiques mondiales ont même décidé d'embarquer dans le débat, question de ralier leur voix contre la direction que souhaite prendre l'administration de Trump. On pense par exemple à l'acteur, producteur de cinéma, scénariste et réalisateur américain, Mark Ruffalo, qui s'est prononcé sur le tapis rouge des Golden Globes le 11 janvier dernier.
Au Québec, la créatrice de contenu Jessica Roux a récemment publié un carrousel Instagram dans lequel elle dénonce le comportement de certaines personnalités connues (et toutes autres personnes) qui décident de se rendre aux États-Unis pour un voyage de plaisance: « [...] J'aurais honte d'être à ce point-là déconnecté de la réalité et de ce qu'il se passe présentement. Je comprends « ne pas aimer s'informer/c'est pas si facile » et les « c'est pas mon contenu habituel l'actualité » mais y'a des limites à être lâches et à se fermer les yeux sur la situation au nom de stories Instagram et de vlogs de voyage ou encore, pour son plaisir personnel. Des plages et des destinations, y'a en vraiment, mais vraiment plein d'autres. »
En commentaires, plusieurs personnes se disent partager le même avis que Jessica, et d'autres, non. Comme quoi le sujet continue de polariser, même un an après l'entrée en poste de Donald Trump.
Et vous, comment entrevoyez-vous la situation? Comptez-vous continuer de voyager aux États-Unis?
On vous invite à vous informer via le site du Gouvernement du Canada pour être tenu à jour concernant les voyages aux États-Unis.
—Cet article a été adapté pour Silo 57, par Sandrine Faucher
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