Voyage en Thaïlande hors des sentiers battus: de Chiang Rai au Triangle d’Or

Malik Cocherel
Moins fréquenté que le sud tropical, le nord de la Thaïlande recèle pourtant des trésors pour ceux qui prennent le temps de l’explorer. Des temples étincelants de Chiang Rai jusqu’au mythique Triangle d’Or, chaque étape révèle une facette captivante du pays du sourire.
Bouddha au pays des merveilles

À 785 km au nord de Bangkok, la ville de Chiang Rai abrite certains des sites religieux les plus fascinants de la Thaïlande.

Surnommé le Temple Bleu, le Wat Rong Suea Ten est un pur joyau architectural. Ses façades bleu saphir étincelantes, rehaussées d’arabesques dorées, scintillent sous le soleil. L’entrée est gardée par des nagas, créatures légendaires mi-serpents, mi-dragons, qui paraissent surgir d’un autre monde pour repousser les esprits malveillants. Ce qui captive surtout le regard, c’est l’éclat unique de la couleur de ce temple qui puise dans la symbolique bouddhiste, où le bleu incarne la pureté, la sagesse et l’éveil spirituel.

De son côté, l’artiste local Chalermchai Kositpipat a choisi de bâtir un temple d’un blanc immaculé. Le Wat Rong Khun mêle les symboles bouddhistes à la culture pop. À l’intérieur, une fresque illustre l’impact négatif de l’humanité sur la planète, par des références aux films de superhéros, à Kung-Fu Panda et aux figures de Bush et Ben Laden! Le tout est assez déroutant et colle à la personnalité de Kositpipat, connu pour ses excentricités. Le temple blanc ressemble plus à une œuvre d’art qu’à un lieu de recueillement. Ce qui n’empêche pas des milliers de visiteurs de faire chaque année le pèlerinage à Chiang Rai pour contempler ce site unique en son genre.
Dans la tête d’une déesse

La plupart des visiteurs se limitent au Temple Bleu et au Temple Blanc. Pourtant, un autre monument bouddhiste hors du commun mérite le détour au nord-ouest de Chiang Rai. Il s’agit de l’imposante statue de Guanyin, visible à des kilomètres à la ronde.
Haute de 40 mètres, cette représentation de la déesse de la miséricorde domine majestueusement le paysage au sommet d’une colline. Pour l’approcher, il faut gravir un long escalier menant au pied de la divinité assise sur une fleur de lotus. De là, un ascenseur conduit jusqu’à la tête de la statue, au 25e étage, où trois fenêtres – symbolisant les trois yeux de Guanyin – offrent un point de vue unique sur les environs.
Un rituel minutieux

Sur la route menant au Triangle d’Or, une halte auprès de la communauté Tai Lue de Sridonchai s’impose. Ici, le temps s’est arrêté et les traditions ancestrales rythment encore le quotidien.
Le peuple Tai Lue, installé en Thaïlande à la fin du XIXe siècle après avoir migré du sud de la Chine, a conservé une identité culturelle forte, dont le tissage est l’expression la plus éclatante. Dans les ateliers, les femmes, vêtues de leurs costumes traditionnels, s’attellent patiemment à entrelacer les fils de coton colorés pour créer des étoffes aux motifs raffinés et aux teintures naturelles. Le tissage à la main exige une précision absolue et transforme chaque geste en un rituel minutieux dans ce long processus où plusieurs jours peuvent être nécessaires pour donner vie à une seule pièce.
Une image redorée

Au siècle dernier, le Triangle d’Or a été l’épicentre du commerce mondial de l’opium. Les champs de pavots s’étendaient alors à perte de vue dans cette région formant une zone triangulaire entre la Thaïlande, le Laos et le Myanmar (ex-Birmanie). C’est ce qui lui a donné son surnom de Triangle d’Or, de même qu’une réputation sulfureuse et un brin mystérieuse.
Depuis quelques années, la région frontalière a connu d’importantes transformations pour tourner la page de cette période sombre. Des initiatives de développement alternatif ont été mises en place afin d’encourager les agriculteurs à se tourner vers d’autres cultures, comme le thé et le café.
Parallèlement, le Triangle d’Or est devenu une destination prisée pour explorer une nature à la fois sauvage et préservée.

Niché sur les rives du fleuve Mékong, l’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort est l’un des rares complexes au monde offrant des chambres avec vue sur trois pays à la fois. Le luxueux établissement du nord de la Thaïlande propose également de dormir sous des dômes transparents, au cœur de la jungle, parmi les éléphants.

Au fil des années, l’Anantara a sauvé des dizaines de pachydermes exploités dans des conditions déplorables, leur offrant désormais la liberté de se promener sur son vaste domaine. Les visiteurs peuvent même participer à des activités de marche aux côtés des éléphants, pour une expérience unique et inoubliable.
Infos pratiques
Où dormir

À Chiang Rai, on recommande le Riverie Hotel. Il propose des chambres luxueuses donnant sur la rivière Kok et se situe à proximité du centre-ville, facilitant l’accès aux principaux lieux d’intérêt.
Bon à savoir
Taux de change avantageux: 1 $ CA ≈ 34 THB.
Tenue et respect des temples: Les vêtements trop légers sont à proscrire. Pensez à retirer vos chaussures à l’entrée et à ne pas vous tenir debout devant les représentations de Bouddha.
Visa: Aucun visa requis pour les séjours touristiques de moins de 30 jours.
Vols: Comptez 18 à 20 heures de Montréal vers Bangkok, avec escale. Pour rejoindre Chiang Rai, privilégiez un vol intérieur depuis Bangkok avec Thai Airways, la compagnie nationale.
Meilleure période pour visiter: novembre à février, avec températures agréables et faible humidité.
Pour plus d’infos: www.tourismethai.fr/