Voyages suspendus: des voyageurs déçus et résignés

Jean-François Racine
Oscillant entre colère, résignation et incompréhension, plusieurs voyageurs québécois ne sont pas surpris de voir Ottawa céder à la pression populaire.
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L’aventurier François-Guy Thivierge devait se rendre au Mexique en février, mais son périple n’aura pas lieu. Le sportif prévoyait faire le pic d’Orizaba, qui culmine à 5675 mètres d’altitude.
«Ça tombe à l’eau. Une quarantaine à l’hôtel et se faire livrer du fast food, non. Ça ne donne plus le goût à personne de partir. On comprend les raisons, mais on ressent quand même de la colère et de la frustration», explique l’alpiniste qui est aussi privé des revenus de ses entreprises de plein air.
Une quarantaine à son domicile de Saint-Ferréol-les-Neiges aurait pu lui convenir, mais est-ce que des citoyens pourraient le dénoncer s’il se promène seul en forêt?
Le sportif de 56 ans pourrait également dire qu’il s’agit de son métier, mais la volonté n’y est pas.
«Je ne sais pas où est la limite entre le travail et le voyage non essentiel», ajoute-t-il, résigné.
Des parias
Un voyageur qui n’a pas voulu être identifié croit que la pression sociale était trop forte.
«Après Noël, nous avons été traités en parias.»
«Si ça continue de se propager et que les gens ne vont plus dans le Sud, on va savoir que ça ne venait pas des voyages», affirme Gina Leblanc-Baudin, de Voyages Nicole St-Hilaire.
Pour des Québécois en Floride, doivent-ils revenir rapidement ou attendre après le 30 avril?
«Sont-ils touchés? Personne n’a l’air à le savoir», lance Christian Faucher, collaborateur de TVA Nouvelles en Floride.
Et les snowbirds qui auront réussi à se faire vacciner aux États-Unis, seront-ils soumis à la même mesure au retour? La réponse se fait attendre.
«Je suis sans mots», a brièvement mentionné l’exploitant d’hôtels Martin Clavet-Bédard.