Voyez comment Benoît Gouin s’est préparé pour la série «Indomptables»
«Indomptables», mercredi 20 h, à TVA et sur TVA+.

Patrick Delisle-Crevier
Le comédien cultive la discrétion et se prête rarement au jeu de l’entrevue de fond, mais il a fait une exception à l’occasion du lancement de la série Indomptables, dans laquelle il campe un cow-boy patriarche. Nous avons recueilli ses confidences avec plaisir.
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Benoît, comment vas-tu?
Je vais très bien. J’ai vu les premiers épisodes de la série Indomptables et j’en suis ravi. Je suis animé d’une grande fierté et j’ai énormément confiance en cette série. On découvre un univers unique, à la campagne, avec un côté country et de belles valeurs de famille et de liberté. J’ai aussi joué dans la série Dérive, réalisée par Patrice Sauvé, avec qui j’ai tourné pas moins de six séries au cours de ma carrière, dont La vie, la vie, Grande Ourse, Karl et Max, La faille et Larry. Cette dernière a probablement été la série la plus importante pour ma carrière à la télévision, mais aussi mon plus beau et mon plus grand défi.
Tu joues Philippe Richer dans Indomptables. Que représente ce rôle pour toi?
C’est un grand défi et c’est ce que j’aime quand j’accepte des rôles. C’est un bonheur de pouvoir jouer des choses dont je rêve depuis longtemps. Je rêvais de camper un policier et j’ai eu le rôle de Larry dans la série du même nom. Je voulais jouer un cow-boy, et voilà qu’arrive ce beau rôle dans Indomptables. Mais ce n’est pas parce que tu te mets un chapeau de cow-boy sur la tête que tu deviens un cow-boy! Le défi était de rester authentique, de ne pas tomber dans la caricature et d’avoir une certaine retenue. Je pense que nous y sommes arrivés. Pour moi, c’est un rôle important qui sera parmi mes plus grands en carrière.
Comment se prépare-t-on pour jouer un tel rôle?
On débute en suivant des cours d’équitation pour être crédible quand vient le temps de monter un cheval. J’ai eu à apprivoiser l'équitation parce qu’au départ, j’avais tous les a priori qu’on peut avoir là-dessus. Mais j’ai rapidement compris qu’il fallait y aller doucement et j’ai pu apprivoiser ça sans problème, en trois séances. J’y suis allé avec humilité et avec respect pour l’énergie de mon cheval. J’aborde toujours les rôles avec confiance, mais aussi avec de la délicatesse et un certain doute. On a travaillé cet univers en famille sur le plateau. Je n’ai pas eu d’enfants, mais étant le plus jeune d’une famille de 10 enfants, j’ai beaucoup de neveux et nièces. Je dois avouer que, sur un plateau, je m’attache beaucoup à ma famille de comédiens. Mes enfants dans la série, je les considère comme les miens. Tout ça forme un ensemble de facteurs qui font en sorte que quand arrive le mot «Action!», le personnage est là.

Tu seras bientôt en vacances. As-tu des projets?
Cet hiver, ce sera plus tranquille pour moi. Nous allons reprendre les tournages d’Indomptables au mois de mars. Je serai donc à la campagne, tranquille, avec ma conjointe des 18 dernières années, Maryse Warda. Nous allons passer de belles vacances en amoureux dans notre bois.
Tu comptes presque 40 ans de carrière. Est-ce que ça se déroule comme tu le croyais au départ?
Pas du tout! Quand j’étais au Conservatoire d’art dramatique de Québec, l’avènement des grandes séries télévisées n’était pas encore là. On nous enseignait l’écriture dramatique et on nous recommandait de lancer des compagnies de théâtre. Je pensais donc surtout faire du théâtre et c’est ce que j’ai fait pendant 11 ans, au rythme de cinq ou six spectacles par année. Puis, à un moment donné, j’ai eu envie de jouer pour les caméras. Je n’ai jamais vraiment été carriériste, mais je n’ai jamais manqué de travail et je n’ai jamais eu à forcer du nez: les choses me sont arrivées et je me considère comme choyé. Peut-être que j’aurais pu mal gérer le succès dans ma vingtaine, mais je suis arrivé à Montréal à la mi-trentaine. Je ne suis pas tombé rapidement dans tout ça, je ne suis pas immédiatement devenu une figure publique. J’ai pris chaque année comme elle venait et me voilà avec de beaux rôles depuis quelques années.
Quand on fouille à ton sujet sur le web, on trouve très peu de détails sur toi, car tu ne te dévoiles que rarement. Pourquoi cette discrétion?
Je suis très pudique quand vient le temps de parler de moi. Je fais des entrevues de temps en temps, mais je ne ressens pas le besoin de me livrer publiquement, et encore moins maintenant parce qu’avec les réseaux sociaux, ce qu’on dit reste pour toujours. Je suis quelqu’un qui aime avoir une opinion, mais pas fixe; j’aime pouvoir penser différemment. Les réseaux sociaux, c’est aussi le culte de l’image et de la mise en scène de soi-même. J’ai une grande résistance à cette tendance-là.
Tu as eu 65 ans le 27 janvier. Comment vis-tu ça?
Je n’ai franchement aucun problème avec l’âge et le vieillissement. Je trouve que c’est beau de vieillir et je pense que cette expérience doit se vivre pleinement. Il faut être ambassadeur de son âge. Mon mentor en ce sens est Marc Messier, qui a 78 ans et qui m’impressionne par son énergie et sa fougue.
Est-ce que ta vie ressemble à celle que tu avais imaginée?
Non, au départ, je devais être médecin... Après trois ans d’études en médecine, j’ai goûté au théâtre et j’ai changé de vie; je me suis retrouvé comédien. Je pensais aussi avoir des enfants sur le tard et ce n’est pas arrivé.
Est-ce un regret pour toi?
Je suis un gars de famille et je viens d’une famille nombreuse. À un certain moment, j’ai réalisé que je ne m’enlignais pas pour suivre la tendance. Quand j’ai rencontré Maryse, elle était dans la quarantaine et elle n’avait pas cette aspiration, alors j’ai eu à faire le deuil de ce projet. Mais j’ai une vingtaine de neveux et nièces; on est une famille tricotée serrée et la transmission se passe de façon différente pour moi. C’est correct, je suis très heureux de mon sort. J’ai une belle vie.
En terminant, quels sont tes autres projets?
Au printemps, j’ai joué dans un film réalisé par Louis Godbout, qui a pour titre La place, et dans lequel je partage l’affiche avec Christine Beaulieu et Maxim Gaudette. C’est une comédie sur un imbroglio qui survient à cause d’une place de stationnement. Ça ne sera pas plate, ce film! Sinon, je vais reprendre les tournages d’Indomptables en mars et, d’ici là, ne me cherchez pas, je suis en vacances dans ma cabane dans le bois!