«Il y a de l’argent à sauver là»: y a-t-il trop de médicaments prescrits au Québec?
Les millions de dollars dépensés en suppléments de vitamine D font sourciller un gériatre


Hugo Duchaine
Les Québécois dépensent trop d’argent pour des suppléments de vitamine D et en médicament pour la glande thyroïde, selon un médecin gériatre qui prône un meilleur travail d’éducation.
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« Il y a de l’argent à sauver là », croit le Dr David Lussier, de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), qui s’étonne que les remboursements de la RAMQ en vitamine D aient atteint 43 millions $ en 2025.
S’il reconnaît que les Québécois ont vraisemblablement besoin de plus de vitamine D, notamment en raison des hivers, il estime que les besoins réels n’ont pas fait l’objet d’études précises.
Ces suppléments sont prescrits à la fois par prévention, mais aussi pour le traitement de l’ostéoporose. D’ailleurs, les femmes aînées comptent pour plus du quart des personnes à qui les suppléments de la vitamine D sont prescrits et remboursés par la RAMQ.
Plus de 300 000 femmes de 61 à 90 ans ont reçu au moins une ordonnance en 2025. Elles représentent 27 % de toutes les personnes à qui ces services pharmaceutiques ont été remboursés, selon les données de la RAMQ.
Pour le Dr Gustavo Duque, cette dépense en vaut la peine, notamment pour prévenir les chutes et les coûts associés aux fractures.
« Surtraité »
Un autre chiffre qui fait sourciller le Dr Lussier est le montant de 42 millions $ versé pour le médicament Synthroid, utilisé dans le traitement de l’hypothyroïdie.
« Il y a probablement du travail d’éducation à faire, c’est surtraité », dit-il, ajoutant que la médication n’est pas toujours nécessaire, notamment chez les aînés.

Les femmes aînées représentent aussi la plus importante catégorie de personnes à qui ces médicaments sont prescrits et remboursés.
Une étude de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a démontré qu’en 2022, environ le tiers des personnes de 65 ans et plus ont réclamé au moins 10 médicaments distincts dans l’année. Il s’agissait alors d’une proportion parmi les plus élevées au Canada.
Pas les plus coûteux
Les médicaments le plus souvent remboursés par la RAMQ ne sont pas toujours les plus coûteux.
Ceux présents dans le top 10 ont été prescrits à plus de 350 000 personnes ou plus dans la dernière année.
Or, le populaire médicament Ozempic contre le diabète de type 2 avait coûté plus de 122 millions $ à la RAMQ pour seulement 74 000 Québécois en 2024.
Qui est couvert par le régime public d’assurance médicaments ?
- En général, les Québécois sont admissibles au régime public d’assurance médicaments géré par la RAMQ lorsqu’ils n’ont pas accès à un régime privé.
- Le régime public couvre environ 8000 médicaments.
- Environ 4 millions de Québécois sont couverts par le régime public.
- À 65 ans, l’inscription au régime public d’assurance médicaments est automatique, à moins d’être toujours admissible à un régime privé.
Source : RAMQ