Affaire Epstein: Trump juge qu'il est «peut-être temps de passer à autre chose»

AFP

2026-02-03T22:23:06Z
2026-02-03T23:33:24Z

Donald Trump a jugé mardi que le moment était venu pour les États-Unis de tourner la page après la publication d’une masse de documents provenant du dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein, qui n’en finit pas d’éclabousser des personnalités à travers le monde. 

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«Je pense qu’il est temps pour le pays de passer peut-être à autre chose, comme le système de santé ou quelque chose qui importe aux gens», a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison-Blanche.

Lors de l’annonce de la publication de ces documents le 30 janvier, le ministère américain de la Justice a affirmé avoir ainsi respecté l’obligation imposée par le Congrès à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.

Au total, près de 3,5 millions de pages de ce dossier tentaculaire ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d’une loi votée par le Congrès, selon le ministère.

Une centaine de victimes ont dénoncé la façon dont les documents ont été publiés, sans précaution pour leur vie privée. Mais une audience prévue mercredi à ce sujet devant un juge fédéral à New York a été annulée jusqu’à nouvel ordre à la demande de leurs avocats, qui ont fait état de «discussions constructives avec le ministère de la Justice» pour remédier à la situation.

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Avion d’Epstein

La dernière avalanche de documents a déclenché une réaction en chaîne, jetant le discrédit sur de nombreuses personnalités à travers le monde, notamment l’ex-ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson.

La police londonienne a ouvert mardi une enquête sur M. Mandelson, soupçonnée d’avoir transmis des informations financières sensibles à Jeffrey Epstein lorsqu’il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.

Acculé, l’ex-ministre s’était déjà résolu mardi à quitter dès mercredi la Chambre des Lords, où il ne siégeait plus depuis l’an dernier.

Pendant sa campagne en vue de la présidentielle de 2024, Donald Trump avait dit vouloir publier l’intégralité du dossier Epstein. Mais ses réticences visibles à tenir cet engagement lui ont valu des accusations de manque de transparence voire de dissimulation, jusque dans sa base MAGA.

Plus tôt mardi, une commission parlementaire dominée par les républicains avait annoncé qu’elle auditionnerait fin février l’ex-président démocrate Bill Clinton et son épouse, Hillary Clinton, séparément, sur les liens passés entre Bill Clinton et Jeffrey Epstein.

Refusant de comparaître depuis plusieurs mois, le couple avait fait volte-face lundi soir, peu avant un vote à la Chambre des représentants sur une procédure d’entrave au Congrès à leur encontre. Des poursuites auraient été alors recommandées au ministère de la Justice, et ils auraient encouru jusqu’à un an de prison.

Bill et Hillary Clinton dénoncent de leur côté des motivations purement politiques de la part des républicains, afin notamment de détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump, lorsque les deux hommes évoluaient dans la jet-set de New York dans les années 1990.

Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019, année de la mort en prison du financier, ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie.

L’ex-président démocrate a également toujours démenti avoir eu connaissance des crimes de Jeffrey Epstein.

Donald Trump reconnaît l’avoir fréquenté à l’époque, assurant néanmoins avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.

Mais contrairement à ses assurances selon lesquelles il n’aurait «jamais pris l’avion d’Epstein», son nom apparaît huit fois sur la liste des passagers de l’appareil entre 1993 et 1996, selon un courriel d’un enquêteur datant de 2020.

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