Alice Déry refuse d’être définie par le succès de ses parents
Alicia Bélanger-Bolduc
Alice Déry ne se définit pas uniquement comme la fille d'Élyse Marquis et Marc Déry. Elle possède une passion débordante, un talent remarquable et une énergie impressionnante pour son art. Passionnée de comédies musicales depuis son enfance, elle se forme en théâtre musical au collège Lionel-Groulx et perfectionne ses compétences à New York durant ses étés. Pour notre plus grand plaisir et le sien, nous pourrons la découvrir dans la comédie musicale Peter Pan en décembre. Nous avons recueilli ses impressions ainsi que celles de sa mère, dont le regard reflète parfaitement la fierté qu'elle éprouve pour sa fille.
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Jouer le personnage de Wendy dans la comédie musicale sera un moment charnière pour toi. Comment se passe l’expérience jusqu’à maintenant?
J'adore ça, c'est vraiment toute une expérience! Je ne connaissais pas personnellement notre metteur en scène, Luc Guérin, mais c'est ma découverte de toute cette aventure. Je trouve qu'il est vraiment bon pour nous donner des indications. On se comprend vraiment bien et ça fait toute la différence aussi sur une production. J'ai beaucoup regardé le film en étant jeune; je suis choyée de faire partie de ce projet et de jouer un beau personnage comme Wendy. On est dans les enchaînements pour le moment, mais on a des cours de vol acrobatique et je m'amuse beaucoup.
Parle-moi de cette passion de la comédie musicale qui te colle à la peau depuis bien longtemps...
Ça a vraiment commencé quand j'étais toute petite. Mon père chantait toujours dans la maison, j'ai toujours aimé la musique. Je suis allée voir La mélodie du bonheur avec ma mère quand j'avais six ans et ça a été une vraie révélation. À la fin du spectacle, j'étais vraiment fâchée et pourtant je n'étais pas un enfant colérique. Ma mère ne comprenait pas, elle m'a demandé si je n'avais pas aimé ma soirée et je ne comprenais simplement pas pourquoi ce n'était pas moi sur la scène. C'est à ce moment qu'elle m'a inscrite dans une agence. J'ai toujours voulu faire de la comédie musicale.

Tu te rends d’ailleurs à New York l’été pour suivre une formation. À quoi ressemble ta vie là-bas?
Je vais dans la même école de comédie musicale chaque été depuis mes 13 ans. J'habite dans un appartement-hôtel associé à notre école, sinon le logement me coûterait beaucoup trop cher. Tous les matins, les autres étudiants et moi nous retrouvons dans le hall pour marcher ensemble jusqu'à l'école. J'adore les cours, mais ma partie préférée reste assurément l'esprit de communauté qu'on y développe. Je côtoie des gens du monde entier qui partagent ma passion. Ça crée de belles amitiés et on reste en contact après l'été.
Y a-t-il un désir chez toi de faire un jour carrière à New York?
C'est mon rêve depuis toute petite. Je ne sais pas si j'y déménagerais pour la vie, mais vivre là-bas le temps d'un contrat à Broadway serait magique. À 14 ans, j'ai atteint la finale pour un rôle, mais j'étais un peu trop grande et je ne l'ai pas obtenu. Je suis déjà fière d'être allée aussi loin. Je continue de passer des auditions chaque été quand j'y suis.
Penses-tu qu’au Québec, nous commençons à développer des productions de belle qualité?
En effet! Avant, il y avait une production par année, mais on a vraiment développé ce marché et on n'a rien à envier à plein de projets que j'ai pu voir. J'aime beaucoup assister aux représentations quand je suis disponible. J'ai particulièrement apprécié La Géante, inspirée d'une de nos histoires québécoises. Ça me rend fière et je vois aussi ma carrière évoluer au Québec.

Quel serait ton rêve ultime pour la suite de ta carrière?
Je ne sais pas trop encore. J'aimerais aussi jouer au théâtre et à la télévision, et développer davantage mon côté actrice. C'est sûr que la comédie musicale reste ma passion parce que j'aime danser et chanter. Ça regroupe tout ce que j'aime.
Comment se déroule ton parcours en théâtre musical au collège Lionel-Groulx?
C'est une technique de trois ans et j'en suis à ma dernière année, mais avec Peter Pan, je ne pouvais pas faire les deux en même temps. L'école a été super compréhensive et m'a accordé une dérogation pour que je puisse finir en même temps que ma cohorte. J'aime beaucoup mon programme, je me suis fait de bons amis et j'apprends énormément.
Parle-moi de ta relation avec ta mère, Élyse Marquis.
On a une vraiment belle relation depuis que je suis toute petite. J'ai déménagé en appartement il y a deux ans et demi, alors je la vois un peu moins, mais notre relation n'a pas changé. C'est elle que j'ai hâte d'appeler pour raconter mes journées. Elle a toujours été importante pour moi, j'en suis vraiment chanceuse. C'est la même chose avec mon père et ma grand-mère qui n’habitent pas trop loin de chez moi. Ma famille a toujours été très présente dans ma vie.
Comment la décrirais-tu comme maman?
C'est une bonne maman. Elle est très généreuse et ne calcule pas son temps. Elle viendrait me sauver au milieu de la nuit, n'importe où, je n'ai aucun doute. Elle est très attentionnée et me fait encore des plats pour mon appartement. Elle est vraiment dévouée à son rôle de mère.
Est-ce que tu vis seule, en appartement?
J'habite avec deux amis de mon programme, tout près de l'école. J'ai quitté à 19 ans, à mon entrée au cégep. Je voulais vraiment faire ce programme, mais c'était assez loin de la maison de ma mère et je ne voulais pas faire cette route tous les matins. J'ai rencontré mes colocs à l'audition et ça a tout de suite cliqué. En y repensant, c'était quand même une drôle d'idée puisqu'on venait de se rencontrer, mais ça fonctionne super bien.
Ta mère doit venir passer des moments avec toi à New York?
Elle aime vraiment venir me voir chaque été. Elle fait ses choses de son côté pendant que je suis à l'école et on se rejoint plus tard. On aime toutes les deux les comédies musicales, donc on va voir beaucoup de spectacles ensemble à Broadway. À chaque Noël, je demande des billets de spectacle.

Quelle relation as-tu avec ton père, Marc Déry?
Depuis que je suis toute petite, j'ai été vraiment chanceuse avec mes parents. J'ai été élevée sur des plateaux et en coulisses. C'est aussi grâce à lui que j'ai voulu faire ce métier et qu'il m'a transmis l'amour de la musique. Ce monde m'émerveille encore tellement! Dès l'âge de trois ans, je l'accompagnais en studio d'enregistrement, il me faisait jouer de la batterie, il me faisait enregistrer ses chansons. J'en garde de très beaux souvenirs.
Tes parents t’ont-ils toujours encouragée à poursuivre dans ce domaine?
C'est sûr qu'en commençant si jeune, c'était normal qu'il y ait de la réticence. J'ai dû insister plusieurs fois auprès de ma mère pour qu'elle m'aide dans cette carrière. Même pour Mary Poppins, mon premier spectacle, j'avais repéré dans le journal qu'ils cherchaient des enfants et j'ai demandé à passer les auditions. Me souvenant de la date limite, j'ai dit à ma mère la veille qu'on allait postuler, sans discussion possible. Elle a vu mon sérieux et me soutient depuis. J'avais 11 ans, c'était très jeune.
As-tu déjà eu l’impression, en ayant des parents connus, de vivre un peu dans leur ombre?
Je vois les deux côtés. Je suis vraiment chanceuse d'avoir mes parents; sans eux, je n'aurais jamais grandi dans une maison si riche en art et en culture. Je serai toujours la fille de mes parents, mais j'ai commencé jeune à faire du doublage, ce qui n'est pas du tout leur domaine. J'aimerais même un jour être sur une scène avec mon père ou ma mère. Je suis très disciplinée et je travaille fort pour ce que j'ai acquis, ce sont aussi des valeurs qu'ils m'ont transmises. C'est important pour moi de bien me préparer pour qu'on ne puisse pas dire que je l'ai eu uniquement à cause de mes parents connus.

Une mère très fière de sa fille
Il est très clair qu'Élyse entretient une relation exceptionnelle avec sa fille. «On a une très belle relation qui est aussi très amicale. On partage le même humour et les mêmes centres d'intérêt, nous avons toujours été très proches. Quand elle a déménagé, j'ai paniqué intérieurement, j'avais l'impression de perdre une grande amie. Finalement, j'ai réalisé que peu importe la distance, notre lien restera fort.» Malgré la fierté qu'elle ressent pour sa fille, Élyse reconnaît que cette carrière n'aurait pas toujours été son premier choix pour elle. «Je sais que c'est un métier extraordinaire, mais qui est aussi empreint d'insécurité. Ça s'est fait d'une façon tellement naturelle... C'est vraiment ce qu'elle voulait faire. Je trouve ça beau de la voir évoluer à son rythme, de constater à quel point elle est épanouie et appréciée par ses pairs.» Et pour l'avenir de sa fille, Élyse confie: «Je lui souhaite de continuer à être heureuse, de faire des choix pour elle-même, de se sentir libre et confiante, et de préserver cette belle lumière qu'elle porte en elle.»
