Au diable la logique!


Marc de Foy
On en conviendra tous, le Canadien s’engage dans un combat qui se veut inégal. Le Lightning de Tampa Bay forme la meilleure équipe de la Ligue nationale de hockey.
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Cette équipe est la championne défendante de la coupe Stanley. Nikita Kucherov, Brayden Point, Alex Killorn et Steven Stamkos sont les quatre premiers marqueurs de la ligue dans les séries.
Victor Hedman vient au sixième rang.
Andrei Vasilevskiy affiche le meilleur taux d’arrêts et la meilleure moyenne de buts accordés chez les gardiens ayant disputé plus d’une ronde. Il est finaliste au trophée Vézina accordé au meilleur gardien du circuit voté par les directeurs généraux.
Cette distinction lui a déjà été accordée en 2019.
Hedman, dont le nom figure sur le trophée James Norris depuis 2018, est pour sa part un prétendant au titre de meilleur défenseur.
L’an dernier, il a été choisi pour recevoir le trophée Conn Smythe décerné au joueur le plus utile à son équipe dans les séries.
Stamkos n’est plus le franc-tireur qu’il était quand il a mérité le trophée Maurice-Richard en 2010 et 2012. Mais il sait encore où se trouve le filet.
Le Lightning a toutes les particularités d’une équipe championne.
Plus rien ne tient
Le Canadien, c’est avant tout Carey Price. Il est deuxième, tant pour la moyenne d’efficacité que pour la moyenne de buts accordés.
Au chapitre des marqueurs, Tyler Toffoli est 10e, Nick Suzuki 13e, Cole Caufield 32e, Corey Perry 36e et Eric Staal 45e.
Sur papier, le Canadien ne fait pas le poids face à son prochain adversaire. Mais comme il défie toute logique depuis le cinquième match de la série qui l’opposait aux Maple Leafs de Toronto, plus rien ne tient.
Les leçons du passé
Comme toutes les équipes Cendrillon, le Canadien renverse l’ordre des choses. Parce que ça se passe chez nous, on voit des similitudes avec les conquêtes de 1971, 1986 et 1993.
Les plus vieux vous diront que le Tricolore l’avait aussi emporté de façon imprévue en 1953. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, les Red Wings de Detroit, qui avaient remporté la coupe en 1950 et 1952, étaient grands favoris cette année-là. Mais ils furent éliminés par les Bruins en demi-finale.
Pendant ce temps, le Canadien avait maille à partir avec les Blackhawks de Chicago. Avec un déficit de 3 à 2, Dick Irvin remplaça Gerry McNeil par une recrue s’appelant Jacques Plante.
Plante n’accorda qu’un but en deux matchs pour mener les siens à la finale. Après avoir perdu la deuxième rencontre de la finale contre les Bruins, Irvin revint avec McNeil.
Le Canadien élimina les Bruins en prolongation lors du cinquième match, au Forum, grâce à un but d’Elmer Lach.
Le photographe Réal Saint-Jean, de La Presse, immortalisa cette célèbre scène où on voit Maurice Richard et Lach s’enlacer, leurs bâtons formant un V pour le signe de la victoire, comme il avait été dit dans le temps.
C’était à l’époque de la télé avec images en noir et blanc.
De la pure magie !
1971, c’est l’année où Ken Dryden a réalisé des miracles sur notre premier appareil avec images en couleurs à la maison.
J’étais sur place en 1986 et 1993 à titre de journaliste affecté à la couverture du Canadien.
C’était magique.
Le Canadien était négligé, mais Patrick Roy avait rendu tout possible. Comme Carey Price l’a fait jusqu’ici contre les Leafs, les Jets et les Golden Knights.
Marc Bergevin est humble quand il dit qu’il y a un élément chance dans les succès de son équipe.
D’accord, peut-être un peu. Mais une série, ça ne se gagne pas par chance ni par charité. Les joueurs souffrent. Il faut être drôlement fort et investi.
Le Canadien ne se présentera pas petit et complexé demain soir, à Tampa.
Va-t-il remporter cette 25e coupe que personne n’espérait plus ?
Nul ne le sait pour le moment.
Mais pourquoi pas ?
Cette équipe a parcouru trop de chemin pour perdre.
Content pour Ducharme
Dominique Ducharme pourra vivre la finale de la coupe Stanley en personne à compter du troisième match vendredi prochain au Centre Bell. Quelle bonne nouvelle pour lui !
Il a beau maintenir un contact étroit avec ses adjoints Luke Richardson et Alex Burrows, il doit se morfondre à demeurer chez lui.
Cette participation est autant la sienne que celle de tous les autres qui y ont adhéré, de Carey Price à Eric Staal en passant par le personnel d’entraîneurs, et, oui, Marc Bergevin.
Belle humilité
S’il est démonstratif dans sa loge, Bergevin fait profil bas dans les entrevues qu’il accorde à la télévision.
Ces séries, il les vit comme tout le monde. Il exulte quand un de ses joueurs marque en prolongation et que son équipe élimine un adversaire.
Mais le plus beau moment a été l’étreinte qu’il a servie à Carey Price après la victoire contre les Golden Knights. Il y avait de la chaleur et de la reconnaissance dans son geste.
Haro sur les casseurs !
Après 28 ans, on aurait pu penser que les temps avaient changé pour le mieux, mais non.
Des casseurs sont encore venus gâcher la fête aux alentours du Centre Bell, jeudi soir.
C’est quoi, l’affaire ?
Il faut absolument tout casser lorsque le Canadien remporte une série. Montréal n’a pas besoin de ça.
Une quinzaine de ces indésirables ont été mis en état d’arrestation l’autre soir. Des voitures de police ont été endommagées.
Qu’est-ce que ce sera en finale ?
Les commerçants de la rue Sainte-Catherine voient venir ça avec appréhension, et on les comprend.
Valérie Plante et son corps de police devraient prendre les grands moyens pour empêcher, sinon réduire les dégâts au minimum.
C’est bien beau vouloir faire les choses dans les règles de l’art, mais il faut agir contre ces imbéciles qui ne respectent rien ni personne.