Un siège social déplumé
Bombardier a annoncé 1600 nouveaux licenciements, dont 700 au Québec

Sylvain Larocque
Huit mois après avoir supprimé 2500 emplois en raison de la pandémie, Bombardier a annoncé jeudi 1600 nouveaux licenciements, dont 700 dans la région de Montréal, principalement chez les employés de bureau.
Le siège social de l’entreprise fondra de moitié, passant de 150 salariés à 75. Établi depuis des décennies au centre-ville de Montréal, celui-ci vient d’être relocalisé dans les bureaux de Bombardier Aviation, près de l’aéroport de Dorval.
« Avant, on avait un siège social qui gérait quatre divisions [avions commerciaux, jets d’affaires, aérostructures et transport ferroviaire]. Aujourd’hui, on est concentrés sur une division [avions d’affaires] », a souligné jeudi le PDG de Bombardier, Éric Martel, au cours d’une conférence de presse téléphonique.
Les autres postes éliminés se trouvent justement dans les bureaux de Bombardier à Dorval ainsi que dans les activités de finition des avions Global, situées tout près. Les machinistes de Bombardier assemblent de plus en plus rapidement le petit dernier de cette famille, le Global 7500, de sorte que l’entreprise a besoin de moins de travailleurs.
« Excellente nouvelle »
« Je sais que c’est une nouvelle difficile, mais pour les 13 000 employés qui vont continuer de faire partie de notre organisation, c’est une excellente nouvelle parce que ça assure la pérennité de l’entreprise, une entreprise rentable, et c’est à partir de ce moment-là qu’on va pouvoir reconstruire et arrêter de faire des mises à pied », a soutenu M. Martel.

De la fin de 2020 à la fin de 2021, Bombardier prévoit que ses effectifs mondiaux seront réduits de 16 000 à 13 000 personnes. Au Québec, le nombre d’employés passera de 8400 à environ 7500.
À la fin de 2019, en incluant les 36 000 salariés de Bombardier Transport, laquelle vient d’être absorbée par Alstom, la multinationale employait plus de 60 000 personnes dans le monde.
Bombardier a par ailleurs confirmé, jeudi, son intention de vendre une partie du terrain de quatre millions de pieds carrés sur lequel se trouve sa vaste usine Canadair, dans l’arrondissement Saint-Laurent de Montréal.
Le produit de la cession servira notamment à financer la construction de la nouvelle usine du Global à Toronto et à réinvestir dans les usines québécoises.
La fin pour le Learjet
L’entreprise a également annoncé la fin de la production du légendaire avion d’affaires Learjet, qui est produit à Wichita, au Kansas, depuis 1963.
L’an dernier, l’entreprise avait pourtant lancé une version « abordable » de l’appareil coûtant 9,9 M$ US, mais cela n’a pas suffi à faire redécoller les ventes.
L’entreprise a déçu le marché en dévoilant jeudi des marges bénéficiaires et des prévisions financières inférieures aux attentes des analystes. L’action de Bombardier a plongé de plus de 16 % pour clôturer à 61 cents, à la Bourse de Toronto.
« La tâche [des dirigeants] est désormais de rebâtir la confiance des investisseurs », a tranché Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale.