«C’est énorme»: 4000 restaurants canadiens pourraient disparaître en 2026

Yannick Beaudoin
Après une année 2025 très difficile, 2026 ne s’annonce guère mieux pour le secteur de la restauration.
• À lire aussi: «C’est quasiment comme une COVID numéro deux»: des restaurateurs essoufflés après un temps des Fêtes en dents de scie
• À lire aussi: Bonne chance pour affronter ces hausses de coût en 2026
• À lire aussi: Eric La Flèche empoche 6,8M$ de Metro: sa rémunération grimpe de 700 000$ pendant que l’inflation alimentaire atteint 4,7%
Selon des projections du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, environ 4000 restaurants pourraient disparaître au cours de la prochaine année.
Il s’agit de près de 5% des quelque 87 000 établissements de restauration à travers le pays.
«C’est énorme. [...] 2025 n’a pas été une bonne année pour la restauration. On a perdu 7000 restaurants au Canada. On risque d’en perdre un autre 4000», a indiqué le spécialiste de l’industrie agroalimentaire, Sylvain Charlebois, en entrevue à LCN, samedi.
Prediction #1 for 2026.
— The Food Professor (@FoodProfessor) January 2, 2026
At least 4,000 Canadian restaurants will disappear. pic.twitter.com/0NaJYI81MU
Cette situation est en partie attribuable au fait que les Canadiens vont moins souvent au restaurant et surveillent davantage leur budget alimentaire qui est déjà énormément grugé par la hausse du coût des aliments.
Pour des raisons similaires, les gens boivent aussi moins d’alcool lorsqu’ils vont au restaurant, privant les restaurateurs d’une importante source de revenus.
Finalement, les coûts de la main-d’œuvre ont aussi grimpé en flèche au cours des dernières années.
«2025 a été une année difficile pour les restaurateurs, mais nous, on croit que 2026 va être une année encore difficile, surtout pour les restaurateurs qui n’ont pas [l’]appui des franchises ou d’un système de logistique par certains réseaux», soutient M. Charlebois.
Ce dernier est particulièrement inquiet pour le sort des restaurants indépendants, qui représenteront la majorité des établissements qui devront fermer boutique en 2026.
«Les chaînes risquent de bien performer. On va peut-être en voir des fermetures, mais pas autant que chez les indépendants. Et c’est chez les indépendants [qu’]on voit le plus d’innovations, le plus de choses qui sont un peu différentes, qui sortent de l’ordinaire. Puis on a besoin de cette innovation-là souvent, en services alimentaires, pour faire bouger les choses», déplore le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.

Les difficultés de ce secteur auront aussi des répercussions importantes sur les nouveaux arrivants, évoque Sylvain Charlebois.
«On l’a vu depuis 50-60 ans, la restauration souvent est un point de départ pour ce qui est des gens qui arrivent chez nous au Québec et au Canada comme immigrants et [qui] offrent justement un bagage culinaire qu’on ne voit pas nécessairement chez nous. Donc, sans passeport, on peut découvrir toutes sortes de saveurs, toutes sortes de senteurs, etc. Malheureusement, je pense qu’en 2026, on va voir beaucoup moins de ces restaurants-là ouvrir, que ce soit à Montréal ou ailleurs au Canada», souligne l’expert.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.