«Cette envie d’impressionner, d’en mettre plein la vue, c’est très fort»: 2 Canadiens sur 5 ratent des occasions de voir leurs amis à cause de contraintes financières

Valérie Chevalier sur le plateau de «Salut Bonjour» pour sa chronique sur «l’amiflation» de cette semaine.
Valérie Chevalier sur le plateau de «Salut Bonjour» pour sa chronique sur «l’amiflation» de cette semaine. Salut Bonjour

Ève-Marie Lortie

2026-02-20T05:00:00Z

Salut Bonjour, chers lecteurs. J’aurais aimé vous avoir en studio avec l’équipe cette semaine. Vous auriez certainement réagi à la discussion que nous avons eue avec notre collaboratrice Valérie Chevalier. Tout le monde de l’équipe avait quelque chose à raconter après son passage.

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Valérie est venue nous parler d’un nouveau phénomène appelé « l’amiflation ». Comme Valérie l’explique, l’amiflation est un néologisme né de la contraction des mots « amitié » et « inflation », et qui décrit un phénomène social bien réel : le coût grandissant de maintenir ses relations amicales. Sorties, soupers, escapades, mariages, shower, cadeaux d’anniversaire, activités entre amis... Alors que certains doivent décliner les invitations, il arrive même que d’autres doivent quitter un groupe d’amis parce qu’il est financièrement impossible à suivre. Selon la firme Grant Thornton, deux Canadiens sur cinq ratent des occasions de voir leurs amis à cause de contraintes financières, et un Canadien sur cinq s’est endetté au cours des dernières années pour des sorties.

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Surenchère

C’est vrai que les sorties dans les restaurants et les bars sont plus chères qu’avant. Mais il faut aussi reconnaître que les réseaux sociaux comme Pinterest et Instagram ont mis la barre très haut quand il est question de moments entre amis. Valérie faisait remarquer qu’il y a une surenchère constante et de moins en moins de place pour « l’ordinaire ». 

La table pour recevoir doit être belle, on doit porter de beaux vêtements, avoir une déco impeccable parce que des photos seront prises et on veut projeter une image instagrammable. Le restaurant choisi devra être à la mode parce qu’on veut être vu dans un endroit tendance. 

Il ne faut pas non plus oublier l’énorme arche de ballons pour la fête où l’on révèle le sexe du bébé à venir, les fleurs de saison pour le shower, les petits gâteaux thématiques... Ça n’arrête plus.

Salut Bonjour
Salut Bonjour

Ma prise de conscience

Quand j’ai souligné mes 50 ans, j’avoue avoir essayé de faire un décor champêtre dans ma cour parce que je me suis dit que les photos allaient être jolies et qu’on aurait de beaux souvenirs. J’ai demandé à mon chum de me construire un bar en palettes de bois « tel que vu sur Pinterest » pour que le barman, engagé pour le party, puisse servir les cocktails aux invités. Je voulais aussi louer un tableau lumineux pour y écrire les boissons disponibles, comme dans une cantine de route des vacances.

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C’est là que j’ai commencé à me dire que c’était trop. Un beau carton bien décoré à la main va faire l’affaire. 

Cette envie d’impressionner, d’en mettre plein la vue, c’est très fort. Ça m’a ramenée aux années de fêtes d’enfants de ma fille. Les amies avaient des fêtes bien organisées, avec des thèmes ou dans des endroits loués, de (foutus !) sacs à surprises et des gâteaux tous plus beaux les uns que les autres. 

L’addition était salée et l’organisation n’en finissait plus. J’ai eu des années où j’ai redouté l’anniversaire de mon enfant. Je détestais toute cette pression de faire autant sinon mieux que les autres parents. Heureusement, cette période n’a pas duré trop longtemps. Ma fille préférait des anniversaires avec la famille, avec peu d’invités, et on a fait comme elle le souhaitait.

Revenir à l’essentiel

Retournons à Salut Bonjour. La chronique de Valérie s’est terminée sur l’expérience de l’ami Mathieu Roy. Mathieu, papa de trois enfants, expliquait en ondes que sa famille avait « résisté » à la pression de la surconsommation et à la pression de l’image. Les fêtes avec la famille se font en toute simplicité. Après tout, c’est ça, le plus important. 

Pendant la pause publicitaire, un technicien de l’équipe me confie : « J’ai l’impression que tout ceci a commencé avec les bals de finissants. Dans mon temps, tu t’habillais propre, tu prenais la voiture de tes parents, t’allais chercher ta blonde, tu dansais... pis c’était une bien belle soirée. Pas de paillettes ni de limousines. Oubliez les sessions photo et les séances de maquillage. »

C’est vrai qu’on s’en met de la pression. Pourtant, le dénominateur commun de ces rassemblements, c’est d’être ensemble. Comme l’expliquait Valérie, les amitiés ne devraient pas être une source de stress, et ça implique le stress financier. Ce qui compte, c’est le temps de qualité et pas le montant de l’addition.

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