Charlotte Aubin se rapproche de la nature avec sa nouvelle maison de campagne
«Montréal, ma belle» sera en salle dès le 13 février.
Alicia Bélanger-Bolduc
Charlotte Aubin est de tous les projets en ce moment et rayonne dans chacun d’eux. Trouvant l’équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle, elle accumule les projets de cœur, dont le film Montréal, ma belle, qui sortira en salle le 13 février prochain et qui dépeint une histoire d’amour entre une mère de famille chinoise et Camille, interprétée par Charlotte.
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Charlotte, pourquoi avoir voulu faire partie d’un projet tel que Montréal, ma belle?
C’était un film vraiment intéressant sur le plan de la représentativité à l’écran. Ce film peut aider les gens à avoir confiance et leur donner du courage. C’est ce que je vois dans ce film. C’est une histoire d’amour lesbien où les relations sont saines. On présente une histoire d’amour intergénérationnelle, puisque les deux protagonistes ont une bonne différence d’âge, mais elles viennent aussi de cultures différentes. Je trouvais intéressant de voir comment l’amour peut dépasser les paramètres déjà établis, et que mon personnage soit un tremplin vers une émancipation. C’est un film lumineux et positif.
Comment a été ta relation avec l’actrice Joan Chen, qui joue ta copine, puisque le film comporte des scènes d’intimité?
Joan est une actrice sino-américaine tellement talentueuse. Je l’avais découverte grâce à Twin Peaks, dont je suis une grande fan, donc c’était un grand privilège de la côtoyer. Dans ce genre de contexte, nous devons créer un lien d’amitié et de confiance assez fort; on n’a pas le choix de passer par là pour créer cette intimité amoureuse à l’écran. On est beaucoup passées par le rire pour se sentir à l’aise. On a fait beaucoup de répétitions avec une coordonnatrice d’intimité. On voulait que ça semble réaliste, mais qu’on sente aussi cette passion. Il y avait un certain vertige, puisqu’il y avait beaucoup de nudité. On devait trouver le bon niveau et, à la fin, ça devient presque une chorégraphie.
Ton personnage prendra également plus d’ampleur dans Dumas. Comment est-ce de jouer Maude?
C’est ce qui est promis pour mon personnage, mais je n’ai pas encore le scénario, donc je ne sais pas exactement ce qui s’en vient pour moi. Ce que je sais, c’est que j’aurai une connexion avec Anthony, interprété par Jason Roy Léveillée. J’essaie d’en faire une femme très transparente. Elle a de l’ambition, elle est fonceuse et n’a pas peur d’utiliser l’ironie et le sarcasme pour séduire. C’est une fille très intelligente, très en contrôle de ses moyens, donc j’ai hâte de voir dans les textes si elle sera déstabilisée ou si on voudra garder cet aspect de sa personnalité. Elle ne se laisse pas impressionner et j’adore les scènes que j’ai tournées jusqu’à présent. C’est un beau défi.

Un autre des projets où on a hâte de te voir est la deuxième saison d’Empathie, dans laquelle tu as fait une apparition marquante à la fin de la première saison.
C’est une série tellement merveilleuse, dont je suis si fière de faire partie. Je n’ai pas lu les textes non plus; nous devrions tourner au début de l’automne prochain, puisque Florence Longpré travaille sur son long métrage en ce moment. C’est un cadeau du ciel. C’est la série dont on me parle le plus dans les derniers mois, même si je suis présente seulement quelques secondes. J’ai écouté religieusement la série, et j’ai beaucoup ri et pleuré. C’est aussi génial de travailler avec Florence. Elle a confiance en son unicité et en son univers, et c’est ce qui fait en sorte qu’elle crée des choses magnifiques.
La pièce Québec-Montréal semble aussi avoir été une très belle expérience d’équipe. Quelle place prend l’amitié dans ton quotidien?
Il ne nous reste que quelques représentations et c’était vraiment un projet fantastique. Les amitiés prennent une grande place dans ma vie, parce que je suis une amie très fidèle qui entretient ses relations au quotidien. C’est une deuxième famille pour moi. Ce sont des gens avec qui je me sens en confiance et avec qui je peux être moi-même. Mais je n’ai pas que des amis qui sont dans la sphère artistique; mes meilleurs amis font complètement autre chose et c’est ce que je trouve enrichissant.
Une grande partie de ta vie, c’est aussi Yaya, ta chienne. Comment va-t-elle?
Je l’aime beaucoup! C’est une samoyède mélangée avec du border collie, ce qui fait qu’elle peut me suivre pendant des heures dans une randonnée, mais elle peut aussi se coucher à mes pieds pendant que je travaille. Ça fait trois ans que je l’ai et c’est mon amour. J’ai toujours aimé les animaux et je vis de plus en plus à la campagne, donc je trouvais que c’était un bon moment pour l’accueillir.
Une autre de tes passions est aussi la poésie. Qu’est-ce que l’écriture t’apporte dans ton quotidien?
C’est un médium qui m’a toujours interpellée. J’en ai beaucoup lu et c’est rapidement devenu un moyen d’expression. C’est, pour moi, quelque chose qui se construit doucement, ce sont des mots et des images qui m’apparaissent au fur et à mesure. J’ai écrit deux recueils et je trouve mon unicité dans cet art. Ça me permet d’être vraiment moi-même, de ne pas être dans un esprit de performance, mais plutôt dans un état d’introspection et de contemplation. Il faut tout le temps que je reste un peu à l’écoute, parce que ça se peut que ça surgisse de nulle part. Ce sont comme des petits trésors qui glissent dans mon quotidien et je dois prendre le temps de les attraper.
Aimerais-tu écrire tes propres projets cinématographiques ou télévisuels?
Je suis en train de travailler sur un court métrage. J’ai reçu une bourse pour l’écriture et c’est très excitant. Je suis quelqu’un de très perfectionniste, donc bien faire les choses me prend du temps, mais je suis très fière de ce projet. J’aimerais aussi le réaliser.
Dirais-tu que l’équilibre est au cœur de ta vie présentement?
C’est peut-être la beauté de vieillir. Je suis plus en adéquation avec moi-même, plus équilibrée. Je n’avais jamais perdu cet équilibre complètement, mais c’est quelque chose qui fluctuait, et je me trouve maintenant plus ancrée et stable. L’équilibre vient aussi dans le fait d’accepter qu’il y a de bonnes et de moins bonnes journées. J’y vois un rapport plus sain à mon travail, moins dans la performance, et en restant humble et honnête envers moi-même.

Qu’est-ce que tu aimerais que les gens retiennent de ton parcours?
J’espère qu’ils se disent que je me suis respectée et que j’ai été entière. Je choisis bien mes projets, mais je leur donne tout mon cœur et toute mon attention. Je suis aussi une femme qui essaie des choses: je vais faire des films indépendants, je vais écrire, je vais rester curieuse. Il y a beaucoup de questionnement dans les choix que je fais et j’espère que ma carrière le reflète bien. Je fonctionne beaucoup par instinct.
Quels sont tes futurs projets personnels?
En ce moment, je rénove une maison de campagne avec mon amoureux. C’est un gros et beau projet. J’ai envie de me rapprocher de la campagne et de la nature. J’ai un grand intérêt pour le monde agricole et maraîcher. Il y a une grande terre et je veux me partir des projets en lien avec ça. Je me vois avoir un pied-à-terre en ville, mais j’ai besoin de vivre dans la nature.
Qu’y a-t-il d’autre qui t’attend pour 2026?
Je serai bien occupée, ce qui est génial, mais sur des projets qui ne sont pas encore annoncés. Je vais commencer le tournage d’un film prochainement et j’ai hâte de pouvoir en parler. Ça sera une année incroyable; je suis choyée!