Leurre d'enfants: chasseuse de prédateurs en pleine pandémie


Erika Aubin
En plus de jongler avec son rôle de mère pendant une pandémie, une sergente-détective de Longueuil a vu augmenter les dossiers sur son bureau concernant des prédateurs sexuels qui ont profité des confinements pour leurrer des enfants en ligne.
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« Le leurre sur internet était déjà un fléau, mais la pandémie a augmenté le phénomène. Tout le monde est derrière son écran, autant les enfants que les prédateurs », confie Laura Comeau, sergente-détective à l’équipe des crimes à caractère sexuel du Service de police de l’agglomération de Longueuil.
Son équipe traite également les signalements pour des sévices commis sur des enfants, qui ont eux aussi « monté en flèche » en raison des confinements.
Un travail gratifiant
Laura Comeau a été patrouilleuse pendant 10 ans avant de mener des enquêtes.
« Comme patrouilleur, j’avais toujours un pincement quand je passais le dossier à un enquêteur. J’avais ce désir d’enquêter plus longuement », raconte-t-elle.
Elle est tombée sur son « X » il y a 5 ans en intégrant l’équipe des crimes sexuels.
« C’est très valorisant d’accompagner ce type de victime. Je ne peux rien changer de ce qui leur est malheureusement arrivé, mais je peux rendre le processus [de dénonciation] beaucoup plus facile pour eux », souligne la policière.
Dans son bureau, elle est reconnue par ses collègues pour se dédier pleinement aux plaignants.
« Je suis parfois la première personne à qui ils vont dévoiler une agression, donc je suis très dévouée. Ils ont besoin de sentir qu’on les croit », dit-elle.
Plus de pression sur les épaules
Pour ces raisons, la dernière année n’a pas été de tout repos, d’autant plus qu’elle a deux adolescents chez qui l’école à la maison a miné la motivation.
« Ce n’est pas évident de rester concentré à ses cours sur Zoom. Il faut aussi dealer avec leur santé mentale, à l’âge où la vie sociale est plus importante que jamais, tout en respectant les consignes [sanitaires]. La pandémie a rajouté une charge à mon rôle de mère », avoue la maman d’ados de 14 et 16 ans.
Malgré une conciliation travail-famille qui comporte son lot de défis, elle croit que les femmes ont pleinement leur place dans ce métier. « On amène une dynamique différente, parfois plus axée sur le dialogue. J’ai souvent joué cette carte pour désamorcer des situations [tendues] avec des suspects », explique-t-elle. Elle se réjouit de voir une plus grande ouverture des gestionnaires pour faire une place aux femmes dans le domaine.
« Les gestionnaires sont plus sensibles à ces réalités. Mais nos obligations font qu’on doit parfois s’arranger pour aller chercher les enfants à la garderie. On sait à quelle heure on commence, mais on ne sait jamais quand on finit. La clé, c’est d’avoir un bon entourage », laisse-t-elle tomber.