L’ambition d’une mère de devenir capitaine de police


Erika Aubin
Avoir une famille n’a pas empêché une policière pleine d’ambition de monter les grades pour devenir capitaine, elle qui gère maintenant une équipe composée d’au moins 70 personnes pour le Service de police de la Ville de Québec.
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« Ça n’a pas toujours été évident, surtout au niveau des horaires. Ça prenait parfois des plans A, B et même C. Mais, je suis une fille de défis », soutient la policière Nathalie Thériault, mère de deux jeunes adultes.
Dans son cas, c’est la passion pour son métier qui lui a donné envie de gravir les échelons.
« J’approche de ma retraite et j’avoue ne pas avoir vu mes 30 ans de carrière passer », laisse tomber la capitaine aux modules des crimes majeurs, section des enquêtes.
Le milieu a grandement évolué depuis ses débuts, il y a 30 ans.
« Quand j’ai commencé en 1992, quelques femmes avaient été des pionnières. Depuis, les femmes ont pris leur place et accèdent plus à des hauts postes. [...] Le ratio s’améliore aussi chez les patrouilleuses, ce qui prouve qu’il y a de la place pour tout le monde », estime-t-elle, en ajoutant que le SPVQ ne ménage pas les efforts pour faire place à la diversité.
Faire la différence
Le goût de faire une différence dans la vie des gens est notamment ce qui la motive au quotidien.
« J’ai toujours eu l’impression que je pouvais faire une différence pour certains et c’est encore vrai aujourd’hui malgré mon grade », confie-t-elle.
Avant d’accéder au prestigieux grade de capitaine, elle est passé par différents postes dont patrouilleur ainsi qu’agente au niveau des écoles secondaires, ce qui a eu un grand impact sur le reste de sa carrière.
C’est qu’au début des années 2000, le phénomène des gangs de rue et des proxénètes prenait de l’ampleur à Québec.
« La vulnérabilité des jeunes femmes victime d’exploitation sexuelle est venue me chercher au plus haut point. Il y a beaucoup de souffrance et on le voit jusque dans leur regard. Pour cette raison, j’avais vraiment envie de faire une différence auprès d’elles et de ne pas les lâcher », explique Mme Thériault.
Elle a ainsi joué un rôle important au sein du projet Scorpion visant à démanteler un réseau de prostitution juvénile. L’opération s’était soldée par de nombreuses arrestations de clients et proxénètes.
« On a ensuite participé à la création de la Table régionale sur l’exploitation sexuelle et la prostitution juvénile. Le but était de mettre en place un bon filet de sécurité », dit-elle avec fierté.