Après avoir surmonté un deuil, Michèle Richard a «repris goût à la vie»

Michèle Lemieux

2025-07-29T10:00:00Z

On connaît l’attachement de Michèle Richard pour ses animaux. Le 1er avril dernier, alors qu’elle rentrait à peine de vacances, la chanteuse a perdu son chien Ari, son fidèle compagnon depuis 10 ans. Fille unique, qui n’a plus ses parents et qui n’a pas d’enfant, cet animal était toute sa vie. Submergée par la peine, elle a retrouvé le sourire récemment grâce à une femelle labrador adoptée à la fête des Mères.

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Michèle, on sait à quel point Ari était important dans votre vie. Son départ a dû être particulièrement douloureux...

C’était mon compagnon de vie. Mon chien m’accompagnait partout. Il n’a pas été malade longtemps. Il avait 12 ans à son décès. Au mois de mars dernier, j’ai fait deux voyages dans le Sud, au bord de la mer. Je suis revenue trois à quatre jours, puis je suis repartie. En mon absence, mon chien se faisait toujours garder chez moi. J’appelais pour lui parler, et tout semblait bien aller.

Saviez-vous qu’il était malade?

On ne m’a pas dit certaines choses pour ne pas m’inquiéter... Ari s’était fait une blonde, la petite chienne de mes voisins, Denis et Yvonne. Il allait chercher son biscuit là-bas tous les matins. Nos chiens étaient amis. Toujours est-il qu’Ari a craché du sang et parce que mon gardien, Daniel, était perturbé au point de ne plus savoir quoi faire, ce sont donc mes voisins qui l’ont gardé les deux jours précédant mon retour. Je suis rentrée le samedi soir 29 mars. Daniel est venu me chercher à l’aéroport avec mon chien, comme chaque fois. Ari était le
premier être que je voulais voir à mon arrivée.

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Il semblait donc bien aller?

Oui. On est arrivés ici le samedi soir. Je lui ai donné à manger deux fois plutôt qu’une, lui qui n’avait pas mangé depuis quatre jours... Même chose le lendemain. Le lundi soir, Ari est monté dans mon lit pour regarder les nouvelles avec moi, parce qu’il avait tous les droits. (sourire) Vers deux heures du matin, je l’ai entendu marcher en bas, ce qu’il ne faisait jamais habituellement. Il s’est couché sur le fauteuil et je suis remontée. En pleine nuit, je l’ai encore entendu marcher. Je suis redescendue, je l’ai cherché, mais je ne le trouvais pas. Quand je l’ai trouvé, il était couché à côté du piano, et il était décédé... La culpabilité que j’ai ressentie de ne pas l’avoir emmené avec moi, de ne pas avoir été avec lui au moment où il avait le plus besoin de moi... Terrible. Comme tous mes chiens, il a voyagé partout avec moi.

Quel choc! Vous n’avez donc rien vu venir...

Non... Ce jour-là, je devais aller à Montréal. J’étais à ramasser à la petite cuillère... Je n’en reviens pas de penser que mon chien a attendu mon retour de voyage pour mourir. Il m’a attendue! J’ai su qu’il avait un cancer, mais je n’ai même pas voulu investiguer, car ça n’allait pas me le ramener. Michel, mon ami de confiance et mon autre voisin, l’a amené chez le vétérinaire pour le faire incinérer. Je l’ai fait enterrer sur mon terrain avec la pierre tombale en granit rose, celle que j’avais à Saint-Sauveur. Quand on laisse son chien à la maison, on se prive de sa compagnie et on ne pourra jamais récupérer ce temps perdu. Notre chien, c’est notre vie. Il ne faut pas se priver de l’amour de son animal.

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Le deuil a donc été particulièrement douloureux?

Il est décédé le 1er avril. J’ai passé un mois et demi complet dans mon lit, à fixer le plafond et à pleurer. La peine est indescriptible... J’étais au plus bas, c’était épouvantable! Mes amis se sont appelés entre eux pour en discuter. Je n’allais vraiment pas bien... La veille de la fête des Mères, ma voisine Yvonne — la belle-mère de mon chien Ari — est venue frapper à ma porte parce qu’elle était inquiète. Je ne sortais plus. Elle m’a invitée à aller voir des chiens à Gore, chez une éleveuse spécialisée.

Aviez-vous l’intention d’adopter un autre chien?

Pas du tout! Un mois et demi plus tard, je pleurais toujours dans mon lit... Je suis quand même allée chez cette grande éleveuse de labradors. Tous les chiens sont venus à moi. Parmi eux, il y avait Mollie. Elle demandait des caresses plus que les autres et revenait toujours vers moi. Moi, je l’ignorais, mais l’éleveuse a aussitôt su que c’était mon chien. Je voulais un jeune chien blond. Lorsque j’en ai parlé avec mes amis, qui sont presque tous maîtres de chiens, ils m’ont découragée d’adopter un jeune chien à éduquer, puisque je voulais un bébé chien blond.

Parce que c’est beaucoup de temps et d’énergie?

Oui, et je n’ai plus l’énergie pour ça! Je ne suis plus jeune, jeune... (rires) Le lendemain, j’ai appelé mon amie Hélène, qui a eu le Spa bête à Montréal pendant 25 ans, et qui a connu tous mes animaux. Je lui ai confié que j’étais allée voir le médecin parce que je n’allais pas bien. Je lui ai parlé de Mollie, du fait qu’elle avait quatre ans et demi et qu’elle avait déjà eu deux portées... Elle m’a dit que c’était la fête des Mères, qu’il fallait que j’appelle l’éleveuse et que j’aille chercher ma fille pour le souper de la fête des Mères! Je l’ai donc fait et l’éleveuse est venue me porter Mollie le soir même. Elle savait que j’allais la rappeler, c’est ce qu’elle m’a dit au téléphone. Ça fait 40 ans qu’elle fait ça. Elle me regardait toucher Mollie et elle le savait d’instinct! Elle était allée chercher Mollie en Angleterre. C’est une championne. Elle a même remporté des concours. L’éleveuse pleurait à l’idée de s’en séparer. Il faut toujours faire affaire avec de bons éleveurs et éviter les usines à chiots!

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Pourquoi avez-vous eu un coup de cœur pour elle?

À cause de sa douceur et de ses yeux pleins de reconnaissance. Quand je me couche le soir, elle est couchée à côté du lit. Quand je me lève le matin, elle est couchée à côté du lit. Elle me suit partout: au bureau de poste, au marché d’alimentation, etc. Je ne la laisse pas deux minutes toute seule. Si on me disait qu’on n’a pas le droit de chien là où je dois aller, je suggérerais qu’on prenne quelqu’un d’autre. Moi, je ne me sépare plus de mon chien. Dès le premier jour, elle est devenue en admiration avec sa nouvelle vie. Le chien ne m’a jamais lâchée une fraction de seconde depuis la mi-mai. Comme elle a été maman, elle s’occupe de moi. Je pense que j’en avais besoin... Elle fait tout ce que je lui demande, même du paddleboard! C’est vraiment exceptionnel.

Michèle a eu un coup de cœur pour Mollie.
Michèle a eu un coup de cœur pour Mollie. Julien Faugère

Vous avez toujours eu de bons animaux, et vous semblez encore une fois être tombée sur le chien idéal pour vous...

Oui, et je pense que c’est la providence qui me l’a envoyée. J’ai toujours beaucoup aimé les animaux, mais je pense que la vie m’a envoyé Mollie pour me récompenser d’avoir tant aimé mes chiens. J’étais vraiment dans une mauvaise passe... J’avais vraiment besoin de Mollie pour me tirer de cette situation. Pendant un mois et demi, tout le monde a été en état d’alerte: mes amis, mon gérant, etc. Ça n’allait vraiment pas bien... Plus rien ne m’intéressait: ni mon jardin, ni les fleurs, ni la peinture. Depuis qu’Ari est décédé, je n’ai pas peint. Mais je souhaite que ça revienne.

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Mollie vous a-t-elle donné une raison de vous lever le matin?

Oui. Ça a duré un mois et demi. Je vivais une telle souffrance... J’avais perdu le goût de vivre. C’était épouvantable... Ce reportage, j’ai accepté de le faire pour crier mon plaisir et ma joie d’avoir adopté Mollie, mais je l’ai aussi fait pour aider les gens qui perdent leur animal et deviennent fous de douleur. Allez vous en chercher un autre! Pour moi, ç’a été la façon d’alléger ma peine. Et ne comparez pas vos animaux. Je pense encore à Ari tous les jours, mais il faut que la vie continue. J’ai toujours eu des chiens mâles, des alpha. Avec Mollie, c’est différent.

Comment expliquez-vous que vos deuils soient si profonds?

Un jour, alors que je participais à une émission de télévision, il y avait un psychologue invité. Il m’a dit que je n’avais jamais fait le deuil de mes parents... et il avait raison. Tout au long de ma vie, j’ai eu plusieurs animaux et chaque fois que j’en ai perdu un, ç’a été un drame! Lorsque j’étais plus jeune, mon père ne voulait plus que j’aie d’autres chiens, parce que j’avais eu trop de peine quand j’ai perdu mon premier compagnon. Mon père m’avait dit que plus jamais un chien n’allait entrer dans notre maison. Il était épouvanté devant le drame que la perte de mon chien avait provoqué. J’ai maintenant 79 ans et je puis vous dire que le deuil est encore pire en vieillissant. Rien au monde ne peut remplacer la perte de nos parents ni le deuil d’un ami. Le deuil d’Ari a été pire que celui de mes autres chiens. Alors, je répète mon conseil: pour atténuer la peine et retomber en amour, si vous le pouvez, adoptez un autre animal, pour votre santé et votre moral.

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En terminant, Michèle, avez-vous des projets cet été?

J’en aurai toujours! Ma tête tourbillonne en permanence. Je suis entièrement dédiée à la nature, à mon chien et à mon chat. La nature compte beaucoup pour moi. Ça me régénère. Mollie sera toujours là, où que j’aille, quoi que je fasse.

Comptez-vous prendre des vacances?

Je suis tout le temps en vacances, moi! (rires) Ici, c’est un bel endroit pour les vacances. C’est d’une telle beauté, un véritable paradis! C’est beau toutes les saisons, mais particulièrement l’été. À cinq heures, quand il y a moins de vent, nous faisons de grands tours de ponton. Nous allons à la pêche et nous attrapons des gros brochets de 23 à 28 pouces. Nous admirons les couchers du soleil. Les vacances au bord de la mer, ce sera cet hiver. Entre-temps, je m’occupe de ma fille Mollie. Je suis bénie du bon Dieu. C’est une belle histoire d’amour. J’en prends soin comme d’un petit bébé...

On visite le site de Michèle au michele-richard.com et on la retrouve aussi sur les médias sociaux: X: michele_richard / Instagram: gogo1.960 / Michèle Richard sur Facebook.

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