Découvrez l'animal le plus rapide d'Amérique du Nord
Connaissez-vous la reine du sprint?
Jean-Philippe Lepage
Alors que se tiendra, le 21 septembre, le Marathon de Montréal — le plus grand événement de course à pied au Québec —, apprenons à mieux connaître l’animal le plus rapide d’Amérique du Nord!
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Sauvée de l’extinction
Espèce emblématique des Grandes Plaines d’Amérique du Nord, l’antilope d’Amérique a frôlé l’extinction au début du XXe siècle. À cette époque, sa population, qu’on estimait à 35 millions d’individus avant l’arrivée des premiers colons européens, avait chuté à moins de 20 000, soit de plus de 99 %! Les efforts de conservation entrepris dans les années 1920, tels que la protection de ses habitats, représentent une réussite en préservation de la nature.
Une vraie marathonienne
Deuxième animal le plus rapide de la planète derrière le guépard, l’antilope d’Amérique est «conçue» pour courir vite et longtemps. Elle est dotée d’une capacité aérobique hors du commun, notamment en raison de ses poumons exceptionnellement volumineux par rapport à sa taille. En course, ses pattes élancées lui permettent des foulées qui peuvent atteindre huit mètres de long, et ses sabots pointus sont garnis de coussinets qui en amortissent le choc.

Championne de l’évolution
Avec toutes ces qualités, pas étonnant qu’elle soit capable de maintenir une grande vitesse (de 50 à 70 km/h, et de plus de 90 km/h en sprint) sur une distance beaucoup plus grande que le guépard. Une théorie soutient qu’elle aurait évolué pour être aussi rapide parce qu’elle aurait partagé les prairies américaines avec un prédateur semblable au guépard, qui aurait disparu depuis longtemps.
Tous sens en alerte
L’antilope d’Amérique a des yeux très grands et saillants qui, situés de chaque côté du crâne, lui donnent un champ de vision panoramique de 300 à 320 degrés. Ceci lui permet de repérer le mouvement de prédateurs jusqu’à six kilomètres de distance! Lorsqu’elle détecte un danger, elle peut prévenir ses congénères en utilisant deux sens: l’odorat et la vision. Elle peut lancer l’alarme dans le troupeau en hérissant sa crinière ainsi que les poils blancs de sa croupe, mais aussi en sécrétant une odeur grâce à des glandes odoriférantes situées sous ses oreilles. Le coyote est son prédateur principal, mais elle doit aussi se méfier du loup, du puma, du lynx et de l’aigle royal.

Étrange cousine
Malgré son nom, l’antilope d’Amérique est plus proche génétiquement de la girafe et de l’okapi que des antilopes! Certains de ses traits caractéristiques en font un animal unique. Ses cornes, par exemple, sont en réalité un croisement entre des cornes et des bois. Elles sont constituées d’un cœur permanent en os, recouvert d’une gaine de kératine, la même substance que celle des ongles humains. Cette gaine tombe chaque hiver, mais les cornes demeurent et poussent tout au long de la vie de l’animal, contrairement aux bois des cervidés, qui tombent et repoussent chaque année. Les cornes du mâle peuvent atteindre 38 cm de long, alors que celles de la femelle varient de 7 à 13 cm.

Heureux élus
À la période du rut, qui va du mois d’août à la fin d’octobre, avec des variations selon la latitude, seuls les mâles dominants s’accouplent. Durant ce cycle de reproduction, ils rassemblent un harem de 2 à 15 femelles. Celles-ci s’accouplent plus souvent avec les mâles possédant les meilleurs territoires, soit ceux où le fourrage est de meilleure qualité. Elles peuvent retourner toute leur vie s’accoupler sur le même terrain.
Bébés à bord
Après une gestation de 252 jours en moyenne, les mères mettent bas entre avril et juin, et les jumeaux sont fréquents. Les faons peuvent marcher 30 minutes après leur naissance et, à deux jours, ils courent plus vite qu’un cheval, sans toutefois avoir l’endurance nécessaire pour suivre une harde en pleine vitesse. Pour éviter d’attirer l’attention de prédateurs, les faons ne sont en contact avec leur mère que 20 à 25 minutes par jour pour l’allaitement.

De grands troupeaux
Grégaire en automne et en hiver, ce mammifère ongulé se déplace alors en larges troupeaux pouvant aller jusqu’à 1000 individus. Certains effectuent de longues migrations: des études ont montré que des troupeaux peuvent parcourir plus de 400 km, notamment depuis le sud de la Saskatchewan et de l’Alberta jusque vers le centre du Montana. Au printemps, les troupeaux se séparent et les mâles délimitent un territoire qu’ils défendent de mars à octobre.
Le farniente
Le pelage de l’antilope d’Amérique est de couleur brun-roux ou beige, avec du blanc sur le ventre et le poitrail. Le mâle se distingue toutefois par son masque et ses taches noires sur le cou. À l’image de nombreux autres mammifères ongulés, l’antilope d’Amérique passe la majeure partie de son temps, de jour comme de nuit, à brouter et à se reposer avec son troupeau.
En mode veille
Comme elle doit rester éveillée pour guetter l’arrivée de prédateurs, l’antilope d’Amérique ferme rarement les yeux pour dormir. Lorsqu’elle dort, ce n’est que par périodes de 10 minutes. Elle boit de l’eau lorsqu’une source est accessible, mais elle peut s’en priver longtemps grâce à l’humidité qu’elle trouve dans sa nourriture.