Guerre en Ukraine: de la patinoire à la Pologne
Un arbitre québécois vient en aide aux réfugiés ukrainiens qui ont besoin de transport

Camille Payant
Un arbitre québécois de la Ligue américaine de hockey a profité d’une pause entre deux matchs où il devait travailler pour aller à la frontière polonaise transporter des réfugiés ukrainiens.
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« Je ne pouvais pas rester assis à regarder les nouvelles. J’ai donc décidé de réserver un vol, de venir ici et de faire la navette pour les réfugiés », raconte Andrea Barone.
L’officiel québécois a loué lundi dernier une camionnette pouvant transporter neuf personnes et se rend depuis, quotidiennement, dans le stationnement d’un centre commercial désaffecté de Przemysl, à 11 kilomètres de la frontière ukrainienne.
Là-bas, des dizaines de volontaires venus des quatre coins de l’Europe offrent gratuitement leur service de navette, comme en témoignent les plaques d’immatriculation variées observées par Andrea Barone.
« Un bénévole crie dans son micro : “un autobus pour Berlin, un autobus pour Prague.’’ C’est comme une foire », relate-t-il au Journal.
Situation chaotique
L’ancien centre commercial a été réquisitionné par les autorités locales et est géré par de nombreux volontaires
« C’est vraiment le chaos total. Les bénévoles essaient de s’organiser et font de leur mieux, mais c’est une situation difficile », dit M. Barone.

Des centaines de personnes, des bambins et des animaux de compagnie se reposent temporairement sur des lits de camp installés dans une ancienne épicerie de ce complexe transformé en centre de transit.
« Il y en a qui y rentrent et qui pleurent, ils n’ont pas encore accepté la réalité. Il y en a d’autres qui voyagent depuis des jours et des semaines, leurs faces sont plus stoïques. Tu vois vraiment la détresse et la douleur dans leurs yeux », mentionne l’homme de 33 ans.
Long voyage
Une fois arrivés à Przemysl, certains réfugiés ukrainiens aimeraient rester en Pologne, alors que d’autres veulent se rendre dans des pays environnants comme l’Allemagne, l’Autriche ou la République tchèque.
« C’est très rare qu’une famille sache exactement où elle s’en va. Ça serait tellement plus facile », dit celui qui a aidé une douzaine d’Ukrainiens jusqu’à présent.

Andrea Barone a notamment transporté un groupe de trois femmes, trois enfants et un chien de Donetsk, qui devaient au départ se diriger vers Vienne.
Or, une fois sur la route, le groupe a dû changer sa destination, car seulement une adulte était vaccinée, ce qui allait poser un problème en Autriche.
L’arbitre a donc fait la navette jusqu’à Prague, qui se situait à huit heures de leur point de départ, tout en arrêtant pour dormir à l’hôtel avec le groupe.
« Comme ça, ils ont pu relaxer et manger un bon déjeuner à l’hôtel », affirme-t-il.
Retour
Le passage d’Andrea Barone en Pologne était somme toute de courte durée puisqu’il devra être de retour à New York, où il habite avec son conjoint, dès lundi prochain. « Mais je pense revenir ici bientôt. [...] Maintenant, je connais plus la situation et j’ai des contacts », souligne celui qui est le premier arbitre de hockey professionnel ouvertement gai.
La Pologne a accueilli, ces deux dernières semaines, près de deux millions d’Ukrainiens, devenant ainsi « l’un des plus grands pays d’accueil de réfugiés au monde » selon l’ONU.