Des enseignants publient un «Guide d’autodéfense intellectuelle» contre les arguments de Sonia LeBel

Photo d’archives

TVA Nouvelles

2023-11-27T02:12:13Z

De nombreux internautes, principalement des enseignants, ont publié, cette fin de semaine, un «Guide d’autodéfense intellectuelle» à utiliser lorsque Sonia LeBel commente le conflit entre le gouvernement du Québec et les travailleurs du secteur public.

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Celui-ci serait apparu, au cours des derniers jours, dans un groupe Facebook d’enseignants.

S’articulant autour de six éléments, ce guide se veut une façon de critiquer les arguments de la présidente du Conseil du trésor.

Flexibilité

Les enseignants estiment que, lorsque Sonia LeBel réclame plus de flexibilité dans le réseau de l’éducation, elle fait référence aux contrats des enseignants précaires en mai. Ceux-ci soutiennent qu’il s’agit d’une clause relevant des conventions collectives locales.

«C’est comme vouloir négocier avec le fédéral quelque chose qui relève du provincial», lit-on.

Formation des groupes

La présidente du Conseil du trésor fait fausse route quant à la formation des groupes, estiment plusieurs enseignants.

«Plus encore, elle pense que les groupes sont formés en mai. Mais en réalité, les évaluations finales sont à la fin juin. En mai, souvent, on ne sait même pas quels élèves seront au privé, quels autres seront déménagés et enfin quels sont ceux qui ne passent pas au prochain niveau», mentionne le guide.

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Les enseignants affirment que ce n’est qu’en août que les résultats sont connus et peuvent permettre la mise en place d’ajustements.

Rétention de personnel

L’argument voulant que d’octroyer des contrats aux enseignants précaires permette de retenir le personnel qui quitte son emploi massivement dans les cinq premières années sur le marché du travail est lui aussi critiqué.

«Cela va essentiellement les priver du revenu de l’assurance-emploi pendant l’été alors qu’ils n’ont plus d’emploi à partir de la fin juin. Priver les précaires d’un revenu d’emploi n’est pas une mesure de rétention», soutiennent les enseignants.

Augmentation de 14%

L’offre d’augmenter de 14% les salaires des enseignants est relativisée dans le «Guide d’autodéfense intellectuelle». Ce dernier clame que les enseignants ne reçoivent pas de primes et ne sont pas payés pour leur temps supplémentaire. De plus, l’augmentation proposée par le gouvernement comprend l’embauche de 4000 aides à la classe.

«Vous demanderez aux députés si leur personnel de soutien est inclus dans leur augmentation de 30%», lit-on.

Mieux qu’ailleurs au pays?

Les enseignants québécois semblent aussi trouver fallacieuse la comparaison entre leur salaire maximum et celui des autres provinces, puisque le nombre d’échelons pour se rendre au salaire maximum est presque le double au Québec.

100 000$ par année?

La publication clame aussi que le salaire de 100 000$ évoqué par le gouvernement ne couvre pas l’inflation.

«Dans 5 ans, les profs seront plus pauvres qu’aujourd’hui avec leur 92 027$», est-il écrit.

Quant à l’augmentation «historique» octroyée aux dernières négociations, selon ce qu’affirme Sonia LeBel, celle-ci est jugée insuffisante.

«Va falloir faire mieux! Si les conditions ne s’améliorent pas et qu’en plus, on s’appauvrit, je me demande comment elle compte contrer la pénurie. 50% des nouveaux enseignants quittent dans les 5 premières années. 50%!» dit le «Guide de l’autodéfense intellectuelle».

Finalement, la publication réclame que les négociations puissent se poursuivre durant la fin de semaine.

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