Des femmes se confient sur leur réduction mammaire: «J’ai braillé comme un bébé»


Andrea Lubeck
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la chanteuse Cœur de Pirate révèle avoir subi une réduction mammaire. Elle n’est pas la seule: chaque année, des milliers de personnes choisissent d’avoir recours à cette chirurgie, l’une des plus populaires au Québec. Des femmes nous expliquent pourquoi.
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«Quand j’ai vu mes seins [après la chirurgie] pour la première fois, j’ai braillé comme un bébé», confie la créatrice de contenu Geneviève Laforce. Elle a subi une réduction mammaire en novembre, au terme d’une réflexion de dix ans.
Si la créatrice de contenu a décidé de subir la chirurgie, c’est d’abord pour se sentir mieux dans sa peau.
«Il y a une partie de moi qui voulait être capable d’explorer la mode un peu plus masc et androgyne, ce qui est plus difficile à faire avec une grosse poitrine. La première chose que j’ai faite en voyant mes nouveaux seins, c’est d’essayer un veston. Pour la première fois, je n’avais pas l’air d’une tente», illustre-t-elle.

Cette chirurgie représente aussi une étape supplémentaire dans son désir de «décentraliser l’homme de sa vie», explique-t-elle.
«J’ai eu tout un cheminement psychologique au terme duquel j’en suis venue à me dire : “Tu sais quoi? Je ne veux plus être du eye candy”. En me foutant du regard de l’homme, ç’a vraiment été une décision facile à prendre», poursuit celle qui cumule plus de 739 000 abonnés sur les réseaux sociaux.
«Deux gigantesques obus»
Josée Leblond a toujours voulu de plus petits seins. À 49 ans, elle est passée à l’acte.
«Il y a quelques années, je portais du 44G. En perdant du poids, je me disais que ça reviendrait à la normale, mais non. Même à 180 livres, je portais du 36F», dit-elle.

Elle trouvait le regard des autres lourd à porter.
«Quand tu me rencontres pour la première et que tu vois deux gigantesques obus, les gens ne peuvent pas s’empêcher de regarder. Maintenant, mes seins ne sont plus la première chose qu’on remarque», se réjouit-elle.
«C’est la meilleure chose à vie! J’aurais dû le faire avant. Autant pour les maux de dos, pour les entraînements, pour ma silhouette qui a changé. Ça a changé tous les aspects de ma vie», s’exclame Josée.
Jusqu’à 17 000$ au privé
La réduction mammaire peut être remboursée par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), pourvu que certains critères soient respectés. Il faut entre autres qu’au moins 250 grammes de tissu mammaire soient retirés de chaque sein ou qu’il y ait une asymétrie sévère des seins d’au moins 150 grammes.
Le temps d’attente peut toutefois être très long, prévient la Dre Geneviève F. Caron, chirurgienne plastique.
«Le nombre de temps opératoire accordé pour des cas comme les réductions mammaires a été amputé dans les cinq dernières années, coupé au moins de moitié. Le système ne va pas très bien et privilégie les cas de cancer, ce qui est bien correct.»
Au privé, le coût de l’intervention peut varier entre 8000$ et 14 000$ en moyenne.
Même si une partie de sa chirurgie a été remboursée par le régime public, Josée Leblond a dû offrir 400 cours de Zumba à 25$ chacun durant un an pour rembourser la facture totale de 12 750$ pour sa réduction mammaire.
Geneviève Laforce, elle, a dû débourser 17 000$, ce qui inclut l’opération et les différentes consultations.
Fort taux de satisfaction
Disparition des maux de dos, meilleure posture, plus grande facilité pour effectuer des mouvements: les bienfaits ressentis par Geneviève et Josée après leur opération n’ont rien de surprenant.
Les réductions mammaires sont en effet parmi les interventions avec le taux de satisfaction le plus élevé, selon le Dr Pierre Duguay.
«Je pense qu’il n’y a pas une chirurgie esthétique aussi bénéfique en termes de gain de confort que la réduction mammaire, note le chirurgien plastique. Pour moi, c’est très gratifiant de pouvoir faire cette intervention-là.»
Pas plus de chirurgies
Dans les dernières années, le nombre de réductions mammaires pratiquées au Québec est demeuré somme toute stable, tant au public qu’au privé.
Pourtant, on voit de plus en plus de témoignages sur les réseaux sociaux de personnes ayant subi l’intervention.
D’abord, parce que la majorité des patientes qui ont subi l’intervention en sont satisfaites, mais, aussi, parce que c’est de moins en moins tabou de parler de chirurgies plastiques, avance la Dre Caron.
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«Quand j’ai fait mes études il y a 15 ans, on ne disait pas qu’on avait eu une réduction mammaire. Maintenant, les femmes sont dans un souper et se demandent entre elles qui était leur chirurgien.»
Même si les langues se délient, trouver des informations sur la chirurgie reste «très difficile», selon Geneviève Laforce. C’est pourquoi elle prépare un livre électronique avec des conseils et des photos non censurées montrant l’évolution de sa guérison.
«C’est tout ce que j’aurais aimé avoir comme information», mentionne celle qui reçoit beaucoup de questions sur TikTok et Instagram.
Peu risquée, l’intervention ne dure que quelques heures. La patiente peut retourner chez elle le même jour.
Parmi les conséquences possibles: une perte de sensation dans les seins. Les cicatrices ne disparaissent pas complètement non plus. Une femme qui subit la chirurgie avant d’avoir des enfants pourrait finalement ne pas pouvoir allaiter.
Nombre de réductions mammaires remboursées par la RAMQ
- 2019: 2536
- 2020: 1579
- 2021: 2165
- 2022: 2138
- 2023: 2323
- 2024 (jusqu’au 31 juillet): 1501