Hausse du nickel: des parents de Limoilou inquiets
La hausse projetée de la norme du nickel est contestée


Taïeb Moalla
Inquiets pour la santé de leurs enfants, des parents de Limoilou veulent forcer le gouvernement Legault à reculer dans son intention de multiplier par cinq le seuil quotidien permis de concentration de nickel dans l’air.
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« Ma fille a huit ans. Je l’emmène à l’école. Puis là, elle sent l’air et elle dit : “Ah papa, je pense que c’est l’incinérateur aujourd’hui !” Est-il normal qu’un enfant de huit ans ait cette conscience citoyenne ? Ça me dépasse et ça m’inquiète », s’est exprimé Sébastien St-Onge, hier, en entrevue avec Le Journal.
Père de deux enfants, ce dernier est coauteur d’un mémoire de 23 pages, signé par 550 parents, qui sera déposé d’ici dimanche soit au dernier jour des consultations publiques portant sur la modification réglementaire projetée. Tous s’alarment face aux visées du gouvernement.
Vulnérabilité
Isabelle Arseneau, mère de deux enfants, estime que « les enfants sont une population particulièrement vulnérable au niveau pulmonaire. Lorsqu’on mesure un risque, d’un point de vue scientifique, c’est sur un homme adulte [qu’on le fait]. On ne considère pas les plus vulnérables comme les enfants ou les personnes qui ont déjà des maladies particulières ».
Au-delà de l’enjeu du nickel, les signataires insistent sur la nécessité d’adopter « le principe de précaution » dans un contexte déjà marqué par la présence de nombreux polluants et particules fines. « Peu importe l’argumentaire économique qui soutient la modification de la norme, nous croyons fermement que nos enfants ont un droit inaliénable à un environnement sain », plaident-ils.
La Ville de Québec, dont le conseil municipal s’est unanimement prononcé contre le projet gouvernemental concernant le nickel, publiera son mémoire aujourd’hui.
Autres préoccupations
Dans ce même dossier, d’autres voix se sont élevées pour exprimer des préoccupations. Le GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu) dit plaider « pour plus de cohérence et plus de distanciation avec les intérêts corporatifs d’une minière du nickel [Glencore] et du Port de Québec ».
Véronique Lalande, porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, s’est adressée au Directeur de santé publique de la Capitale-Nationale pour lui demander de se positionner contre le rehaussement de la norme.
« C’est à vous qu’on va faire porter le chapeau, le prévient-elle. Malgré les nuances, les technicalités, les incertitudes sur les facteurs de risques, les demandes de viser une réduction globale des polluants. Rien n’y fera. On vous fera porter l’odieux. On ne retiendra que votre cautionnement. »