Pensionnats: des religieuses québécoises sur la défensive
Étienne Paré
Les Sœurs de Saint-Joseph ont assuré vendredi ne « rien avoir à cacher » à la suite de la découverte de centaines de tombes anonymes près d’un pensionnat autochtone de la Saskatchewan où cette congrégation religieuse de Saint-Hyacinthe a œuvré.
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« On allait là pour aimer les enfants et les instruire. Jamais on n’est allées là avec une volonté de les assimiler », défend bec et ongles sœur Pauline Vertefeuille.
Elle rapporte que deux des membres de sa congrégation qui avaient été envoyées au pensionnat de Marieval sont toujours en vie. En tout, des dizaines de Sœurs de Saint-Joseph y auront été dépêchées de 1901 à 1979.
Rôle flou
Si certains documents officiels précisent qu’elles ont carrément administré l’endroit, les religieuses québécoises assurent qu’elles étaient de « simples employées » qui enseignaient et promulguaient les soins.
« Ce n’est quand même pas nous qui allions chercher les enfants dans leur famille. On ne faisait qu’accueillir les enfants qui nous étaient confiés », martèle Pauline Vertefeuille, qui ne s’explique pas ce qui a bien pu se passer pour qu’on ait retiré la pierre tombale d’environ 750 sépultures à Marieval.
La religieuse dit ne jamais avoir eu vent de sévices ou d’épidémies au sein de cette école résidentielle.
Archives publiques
Expert en actualité religieuse
Les archives de la congrégation entreposées à Saint-Boniface, au Manitoba, pourraient cependant révéler autre chose.
« Il y a sûrement une sœur qui a écrit une lettre où elle parle des conditions des enfants ou de quelque chose qui aiderait à comprendre ce qui s’est passé », note Alain Pronkin, expert des actualités religieuses.
M. Pronkin espère que ces documents permettront au moins de savoir si des parents d’élèves inhumés à Marieval ont été prévenus du décès de leur enfant à l’époque.
Les Oblats de Marie-Immaculée, qui ont fondé le pensionnat, ont aussi annoncé vendredi qu’ils allaient ouvrir leurs livres. La communauté religieuse n’a cependant pas précisé si des frères québécois avaient été envoyés en Saskatchewan.