Du plongeon au ski acrobatique: la nouvelle vie d’Alexandre Despatie
La 25e édition du 24h Tremblant sera du 12 au 14 décembre
Alicia Bélanger-Bolduc
Alexandre Despatie a connu une carrière sportive marquante avant de prendre sa retraite du plongeon en 2013. Depuis, il demeure bien présent dans le paysage culturel grâce à ses projets télévisuels et à ses nombreuses apparitions publiques. Depuis plusieurs années, il est aussi ambassadeur du 24h Tremblant, une cause qui lui tient profondément à cœur. Cette année, pour la 25e édition qui aura lieu du 12 au 14 décembre, il chaussera de nouveau ses skis pendant 25 heures afin d’amasser des fonds pour les enfants malades, comme quoi la fibre de l’athlète est toujours bien vivante!
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Alexandre, parle-moi de ton implication auprès du 24h Tremblant...
J’en suis l’ambassadeur officiel depuis environ 10 ans, mais je connais le 24h Tremblant depuis ses débuts, il y a 25 ans. C’est un événement festif qui m’a toujours attiré. Un jour, j’ai écrit à Simon St-Arnaud, le producteur exécutif, pour lui dire que je voulais m’impliquer. Pendant le 24h, on sent vraiment que tout le monde est uni pour la même cause. Je n’ai pas d’enfant, mais je côtoie des familles et je parraine des jeunes qui ont traversé des épreuves difficiles. Ça nous rappelle pourquoi on s’engage. J’invite vraiment les gens à vivre l’événement au moins une fois dans leur vie.
Tu t’es impliqué dans plusieurs causes au fil des ans. Pourquoi celle-ci en particulier?
Comme athlète, j’ai été le visage de plusieurs initiatives, souvent liées aux enfants, et ça m’a toujours touché. Je n’ai pas vécu de grandes difficultés dans la vie, mis à part des blessures en lien avec le sport. Alors c’est précieux pour moi d’offrir une journée magique et du soutien à des enfants malades et à leur famille. Certains jeunes n’ont malheureusement pas survécu au fil des ans, et ça nous rappelle pourquoi on fait ces efforts. Au cours des premières éditions, on ramassait environ 500 000 $. Cette année, l’objectif est de 7,5 millions. Voir les sourires des enfants vaut tout le reste. J’ai beaucoup de tatouages sur le corps, mais je n'en ai pas encore un pour le 24h Tremblant... J’y pense, parce que cet événement fait maintenant partie intégrante de ma vie.

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Quel défi relèveras-tu cette année?
Certains vont courir, marcher ou faire du ski de randonnée. Moi, je me vais me lancer dans un 25 heures de ski. Avant le plongeon, j’ai fait beaucoup de ski de compétition; je serai donc dans mon élément. Je l’ai fait l’an dernier, je connais mes forces et mes faiblesses. Et j’adore parler aux participants, ça m’énergise. Le moment le plus difficile se situe entre 2 h et 5 h du matin, avec la noirceur. Je prends une douche et un café, mais je n’ai pas le droit de m’asseoir, sinon c’est fini! Ce sont aussi ces moments-là qui nous rappellent pourquoi on est là. Je suis en santé, c’est ma façon de contribuer pleinement à cette cause.
Tu parraines cette année le petit Bruce. Parle-moi de votre lien...
Bruce a cinq ans. À trois ans, il a reçu un diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique de type B. On rencontre toujours notre filleul ou filleule au lancement en septembre, puis on garde le contact. Malgré la maladie, ces jeunes ont un feu dans les yeux. C’est impressionnant. Comme ambassadeurs, on veille à ce que leur expérience du 24h Tremblant soit la plus magique et douce possible, même si c’est bruyant et très animé. Je suis là pour les accompagner.

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Tu as de belles qualités pour être ambassadeur auprès de ces jeunes...
Je ne suis pas là pour faire des discours de motivation. Je veux que les gens s’amusent, se sentent bien et aient confiance en moi. Les enfants sont souvent trop jeunes pour connaître mon parcours; ce sont plus les parents qui le leur expliquent. Malgré la fatigue, ils continuent à sourire, et ça me touche. Ceux qui veulent skier avec moi sont toujours les bienvenus. Je veux simplement qu’ils passent un moment inoubliable.
Tu feras aussi partie de l’équipe des Jeux olympiques à Milan-Cortina pour le ski acrobatique...
Oui! Les gens sont surpris, et je comprends. Je suis un amateur de sport. Alors, quand on m’a proposé ce défi, j’étais ravi. Je serai animateur, et Philippe Marquis sera analyste. Travailler avec lui sera génial: il connaît son sport, et on a à peu près le même âge. L’énergie va être bonne. Je serai dans les bureaux de CBC à Toronto, même si j’ai déjà couvert le ski acrobatique sur le terrain. Ce sera ma première fois à l’animation, mais je suis entre bonnes mains. J’ai une préparation à faire, mais j’ai déjà vécu la même chose pour le plongeon. Si je me pose une question, il y a de bonnes chances que le public se la pose aussi.
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As-tu encore du plaisir à suivre le plongeon depuis ta retraite en 2013?
Je ne plonge plus pour le plaisir, mais j’aime toujours profondément ce sport. Je suis un fan bonifié, je connais tout. Depuis 2013, la discipline a énormément évolué: ça va plus vite, c’est plus précis. J’ai fait 22 ans de plongeon et j’ai vu la discipline changer, mais aujourd’hui, c’est un autre monde. Je suis très content d’être passé de l’autre côté!
Depuis ta retraite, tu travailles beaucoup dans les médias. Comment décrirais-tu ton évolution?
J’ai vécu énormément d’aventures, bonnes et moins bonnes. Le sport m’a préparé à ce milieu. J’ai fait de la radio, de la télé, de l’animation devant de grandes foules, et je reviens tranquillement vers le sport, ma passion. Ma carrière évolue beaucoup et j’en suis fier. J’ai grandi avec des caméras autour de moi. À force de faire des entrevues, des conférences de presse et même un film, je suis tombé en amour avec le milieu. Les choses se sont alignées à la fin de ma carrière de sportif quand j’ai eu la proposition d’animer Breakfast Television à Citytv. Ç’a été une vraie chance! Je suis très choyé dans mon parcours.
Plusieurs athlètes vivent difficilement leur retraite. Toi, comment l’as-tu vécue?
J’ai eu la chance d’enchaîner avec un beau contrat. Mais en fait, le vrai choc est venu trois ans plus tard, quand ce mandat s’est terminé. Je conseille toujours aux athlètes de haut niveau de préparer leur départ deux ou trois ans d’avance. Sinon, une journée sans direction devient vite un mois... puis une année sans direction. Il est facile de tourner en rond. Quitter sans plan, c’est un gros drapeau rouge.

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Sens-tu que le public commence à connaître Alexandre la personne, et pas seulement l’athlète?
Honnêtement, je ne crois pas. Bruny Surin reste un sprinteur aux yeux du public, malgré sa carrière après le sport, et ce sera pareil pour moi. Je resterai Alex le plongeur, et c’est correct. Les gens pensent encore que j’ai 13 ans ou ils ont de la misère à me reconnaître à l’épicerie parce que je porte des vêtements! (rires) J’ai été très présent dans les médias longtemps; je ne vais pas forcer les choses. Je suis en paix avec ça.
Tu as tourné récemment 50 façons de tuer sa mère. Qu’as-tu retenu de l’expérience?
On est déjà une famille très proche. Quand on m’a offert de tourner dans la quatrième saison, j’ai seulement dit à ma mère qu’on allait voyager et essayer plein de choses... J’ai gardé ça vague! (rires) J’ai découvert une femme forte, prête à relever n’importe quel défi et qui pleure beaucoup aussi... Parfois de vraies larmes, parfois pour me faire sentir mal! (rires) Elle m’a impressionné. On a fait de beaux moments de télé et passé du temps précieux ensemble. C’était une chance unique.
À quoi ressemble ta vie personnelle en ce moment?
Je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfant. Ma vie bouge beaucoup, et je me concentre sur le travail. J’ai un nouveau tatouage en pièces de casse-tête, ce qui me représente bien en ce moment: tout bouge, tant au niveau du travail que des lieux. Je me prépare pour les Jeux olympiques et les nombreuses compétitions de ski acrobatique que j’animerai d’ici là. Je siège aussi au conseil d’administration de Plongeon Canada.