E. coli, infections diverses: les problèmes auxquels s’exposent les athlètes qui ont nagé dans la Seine


Gabriel Ouimet
Après des mois d’incertitude, les épreuves féminine et masculine de triathlon des Jeux olympiques se sont finalement tenues mercredi dans la Seine, à Paris. Alors que l’eau du fleuve avait été jugée dangereuse moins de 24 heures avant, on se demande s’il y avait des risques pour les athlètes.
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Les épreuves de triathlon devaient avoir lieu mardi, mais les organisateurs ont repoussé l’événement parce que le taux de bactéries dans la Seine avait été jugé trop élevé pour une troisième journée de suite.
Les épreuves se sont finalement déroulées mercredi.
«Les résultats des dernières analyses de l’eau, reçus à 3h20, ont été jugés conformes par World Triathlon, ce qui permet aux compétitions de triathlon d’avoir lieu», ont déclaré les organisateurs de Paris et de World Triathlon par communiqué.

C’est la première fois en plus de 100 ans que le fleuve parisien est jugé assez propre pour s’y baigner.
Plusieurs experts estiment toutefois que les critères de validation de la qualité de l’eau sont discutables. De nombreux athlètes sont d’ailleurs tombés malades après avoir participé à des triathlons officiels dans les dernières années.
Voici les principaux risques que pose l’eau de la Seine pour la santé humaine.
1- Les infections gastro-intestinales
La bactérie qui retient le plus l’attention à Paris est l’Escherichia coli (E. coli). Elle provient des eaux usées non traitées et de déjections animales.
L’indice de pollution à l’E. coli se mesure en unité formant colonie (UFC) par 100 ml.
Les organisateurs olympiques ont mentionné que le taux d’E. coli dans la Seine se situait entre 488 et 770 UFC pour 100 ml d’eau, mardi. Il était de 2000 UFC par 100 ml il y a 10 jours, le 21 juillet.
Au Québec, la limite pour se baigner, c’est 200 UFC. Pour faire des activités nautiques comme le pédalo ou le canot, c’est 1000 UFC.

En plus de l’E. coli, les matières fécales peuvent contenir d’autres micro-organismes pathogènes responsables de maladies infectieuses comme la gastro-entérite, le choléra ou la typhoïde. Ces maladies se transmettent souvent par les mains ou par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales humaines.
Voici certains des symptômes d’une infection gastro-intestinale:
- diarrhées;
- maux de ventre;
- nausées;
- vomissements.
Après la course de mercredi, la triathlonienne américaine Taylor Spivey a déclaré au réseau NBC avoir avalé «une tonne d’eau» en raison de la force du courant dans la Seine pendant l’épreuve de natation.
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2- Infections de la peau, des oreilles, du nez et de la gorge
Le contact de la peau avec l’eau polluée de la Seine peut aussi provoquer diverses infections cutanées et ORL (oreilles, nez, gorge).
«Les risques sont accrus pour les personnes ayant des plaies ou des lésions cutanées», souligne le laboratoire de biologique Biogroup dans une publication datant du 10 juillet.

Parmi les infections possibles, on retrouve:
- les dermatites;
- les conjonctivites;
- les otites;
- les pharyngites.
Des résultats à venir
Les organisateurs de JO ont mentionné que le taux de bactérie fécale E. coli se situait mardi entre 488 et 770 unités formant colonie (UFC) pour 100 ml d’eau. Il était de 1500 unités par 100 ml la veille.
Les résultats des échantillons d’analyse des eaux de la Seine de mercredi seront publiés plus tard dans la journée, a précisé la porte-parole de Paris 2024, Anne Descamps.
Selon les règles européennes de baignade et les normes des fédérations internationales de natation et de triathlon, les concentrations en bactéries de contamination fécale ne doivent pas dépasser 1000 UFC/100 ml pour E. coli.
Les tests dans le fleuve se poursuivront alors que d’autres événements devraient inclure des baignades dans la Seine. L’épreuve de relais mixte du triathlon est prévue pour le 5 août, tandis que le marathon de natation est prévu les 8 et 9 août.
−Avec les informations du Journal, France Info, Le Figaro, Le Monde et le Guardian