La vaccination des employés de la Ville divise
Les candidats Gosselin et Rousseau l’imposeraient, ce que trouvent prématuré leurs adversaires


Dominique Lelièvre
Les candidats à la mairie Jean-François Gosselin et Jean Rousseau exigeraient que les 5000 employés de la Ville de Québec soient vaccinés contre la COVID-19, ce que trouvent prématuré leurs adversaires, pendant que l’administration en place, elle, n’a rien de tel dans ses cartons.
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La question de la vaccination obligatoire s’est invitée dans l’élection municipale, après que les villes d’Ottawa et de Toronto, en Ontario, ont décidé d’aller de l’avant avec une telle orientation.
«Oui, moi, je demanderais à tout le monde de se faire vacciner. On a besoin de tout le monde», ce qui «passe par la vaccination», a fait savoir le chef de Québec 21, jeudi matin. Un employé non vacciné pourrait-il travailler à la Ville? «Non», a-t-il précisé, en marge d’une activité à Lac-Saint-Charles.
Clair sur sa volonté, M. Gosselin l’était moins sur la mécanique qui permettrait d’y arriver, reconnaissant ne pas savoir «comment est-ce que techniquement ça se passerait».
Variant Delta
Puis, Jean Rousseau, préoccupé par la vitesse avec laquelle se propage le variant Delta, a annoncé ses couleurs en commençant un point de presse dans le Vieux-Port.
«On a beau demander aux gens volontairement de se faire vacciner, et nous avons un très fort taux de participation, c’est insuffisant. Je demande que la Ville de Québec mandate et oblige ses fonctionnaires à se faire vacciner s’ils désirent travailler sur leur lieu de travail», a déclaré le chef de Démocratie Québec.

En après-midi, Bruno Marchand a qualifié de «prématuré» la position de ses deux adversaires, émettant des doutes sur leur capacité à réaliser une telle mesure mur à mur, que ce soit au plan légal ou au regard de la pénurie de main-d’œuvre.
Le chef de Québec forte et fière veut attendre la tenue de la commission parlementaire à l’Assemblée nationale portant sur la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, la semaine prochaine, et «écouter les experts», avant de se faire une tête.

Santé publique
L’Équipe Marie-Josée Savard, de son côté, dit vouloir se coller aux recommandations de la santé publique. «Mme Savard serait favorable à la vaccination obligatoire des employés si la santé publique l’exige», a mentionné son porte-parole, Michel Desmeules.
À la Ville de Québec, les recommandations de la CNESST et de l’INSPQ s’appliquent, mais aucune consigne particulière n’est prévue pour les non-vaccinés. Toutefois, la Ville «suivra avec attention la commission parlementaire à venir», selon le porte-parole David O’Brien.
La Ville de Lévis n’a pas non plus l’intention d’obliger la vaccination à l’ensemble de son personnel, sauf si le gouvernement provincial émet un avis différent, a déclaré le maire sortant, Gilles Lehouillier.
Des avis partagés
«Je ne jouerai pas à la police, aller vérifier les codes QR tous les matins. Je veux que tout le monde soit vacciné. On va avoir besoin de tout le monde, il faut passer à travers ça et on ne peut pas se permettre d’avoir des gens malades.»
– Jean-François Gosselin, chef de Québec 21
«La situation ne s’améliore pas. Oui, on a un fort taux de vaccination. Je félicite les gens d’accepter la vaccination, mais on doit aller plus loin et comme Ville, nous devons montrer l’exemple.»
– Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec
«C’est facile [de prendre] des positions sans nuances sur un enjeu de santé aussi important que ça. Il y a des experts qui vont se prononcer au niveau du gouvernement du Québec, on peut-tu d’abord les écouter ?» – Bruno Marchand, chef de Québec forte et fière
«Je sollicite mes membres fortement [pour qu’ils aillent] se faire vacciner, je les encourage à le faire, mais de là à les obliger, ça, c’est une autre paire de manches.»
– Réal Pleau, président du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec