Nickel dans l'air: la Ville de Québec ne sera pas exemptée


Nicolas Lachance
Le gouvernement Legault refuse d’exclure la Ville de Québec de sa nouvelle norme sur le nickel. Dans l’espoir de «rassurer» la population de Limoilou, il en met sur pied un groupe de travail qui fera un portrait de la qualité de l’air du quartier.
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Québec veut quintupler les seuils quotidiens de concentration du nickel dans l’air.
Dans un mémoire de 227 pages rendu public par le maire de Québec, Bruno Marchand, la Ville de Québec réclame «une exception» afin d’être «exclue» de l’application de la nouvelle norme.
Le ministre de l’Environnement refuse la demande du maire. «Non, il n’y a pas de processus d’exemption prévue», a affirmé Benoit Charette lors d’une interpellation à l’Assemblée nationale ce vendredi.
Groupe de travail
Inquiets pour la santé de la population, des citoyens, des élus, des médecins, des chimistes et des groupes de pression veulent forcer le gouvernement Legault à reculer.
Cependant, le ministre de l’Environnement Benoit Charette persiste et signe : il plaide que la hausse de la norme est appuyée sur des données et des études scientifiques. «Jamais la santé de la population ne sera compromise», a répété le ministre, indiquant «comprendre» les inquiétudes des citoyens qui vivent à Limoilou.
Pour atténuer les critiques, le gouvernement annonce la formation d’un groupe de travail qui aura le mandat de faire portrait dans son ensemble de la qualité de l’air du secteur du Port de Québec.
Le ministre pense ainsi répondre aux craintes de la population et du maire de Québec. «On parle de qualité de l’air en général, bien plus que de la norme nickel», a signalé le ministre. Il nomme la présence de l’incinérateur et d’autres polluants pour illustrer son point de vue. « Mon inquiétude, ce n’est pas le nickel.»
Le groupe de travail devra déposer ses recommandations d’ici le 1er décembre.
Une nouvelle station d’échantillonnage sera aussi installée dans Limoilou.
Économie
Le ministre a répété que le nickel est une composante clé pour l’électrification des transports et pour sa stratégie de développement de la filière de batteries pour véhicules électriques.
«Je ne vais pas au bâton pour l’industrie [minière]», s’est toutefois défendu le ministre de l’Environnement lors d’une annonce en matinée vendredi.
Les partis d’oppositions plaident à nouveau pour que le gouvernement respecte le principe de précaution dans ce dossier, surtout qu’il n’y a pas, disent-ils, de consensus scientifique sur la question. Le groupe de travail annoncé par le ministre est une diversion, ajoutent-ils.
«Ce que l’on voit, c’est l’économie, l’économie (...) Le ministre de l’Environnement, c’est Pierre Fitzgibbon», a affirmé la députée libérale Isabelle Melançon. «Moi, je ne suis pas rassuré.»
«S’il pense détourner l’attention citoyenne des assouplissements dangereux qu’il est en train de faire, il se met le doigt dans l’œil», a déclaré de son côté Sol Zanetti, le député de Jean-Lesage.
« Encore une diversion du ministre de l’Environnement pour masquer sa négligence et son incompétence », a mentionné le péquiste Sylvain Gaudreault.
– Avec la collaboration de Taïeb Moalla
Norme de nickel
Actuelle
- 14 nanogrammes par mètre cube en tout temps
À venir
- 70 nanogrammes par mètre cube quotidiennement
- 20 nanogrammes par mètre cube maximum en moyenne sur une année