Il se fait voler 7400$ par un faux employé de la Banque Royale: «Je me suis fait traiter comme un numéro»

Un retraité de Terrebonne met en garde les Québécois contre ce type d’arnaque qui a fait perdre 1,4 M$ aux Québécois depuis le début de l'année

Richard Dupuis, qui s’est fait prendre par un faux employé de la Banque Royale, n’a pas du tout aimé la façon dont l’institution financière a traité le dossier.
Richard Dupuis, qui s’est fait prendre par un faux employé de la Banque Royale, n’a pas du tout aimé la façon dont l’institution financière a traité le dossier. Photo MARTIN CHEVALIER
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2024-11-14T05:00:00Z

Un ex-cadre de la Goodyear, qui s’est fait voler 7400$ en mars dernier par un faux employé de la Banque Royale, en veut à son institution financière parce qu’elle lui aurait promis à deux reprises de le rembourser avant de changer d’idée.

«J’ai encore de la misère à dormir. Ça me bouleverse. Je trouve ça pénible», soupire Richard Dupuis, 60 ans, de la MRC des Moulins, dans Lanaudière.

«Quand j’ai pesé sur “Entrer” et que le faux employé a raccroché la ligne, j’ai réalisé que j’avais été fraudé», raconte l’homme toujours ébranlé.

L’été dernier, Le Journal a raconté l’histoire d’un homme de la Rive-Nord de Montréal et d’une femme de la région de Québec, tous deux secoués par ce même cauchemar.

Serge Fortin estime que la Banque Royale est responsable d’un vol de 10 000$ parce qu’elle n’aurait pas envoyé un texto avec la mise en garde habituelle.
Serge Fortin estime que la Banque Royale est responsable d’un vol de 10 000$ parce qu’elle n’aurait pas envoyé un texto avec la mise en garde habituelle. Photo Francis Halin

S’agit-il d’un employé ou d’un ex-employé de la Banque Royale? Lucille Peticlerc soupçonne que ça pourrait l’être avec l’explosion du télétravail.
S’agit-il d’un employé ou d’un ex-employé de la Banque Royale? Lucille Peticlerc soupçonne que ça pourrait l’être avec l’explosion du télétravail. Photo Agence QMI, Marcel Tremblay
Même modus operandi

Le modus operandi au téléphone est toujours le même.

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Chaque fois, un faux employé demande de verser de l’argent dans son propre compte bancaire pour bloquer une prétendue transaction frauduleuse, puis les fonds s’envolent.

Depuis le début de l’année, plus de 219 Québécois ont perdu 1,4 M$ dans ce type de fraude, selon le Centre antifraude du Canada (voir tableau plus bas).

Ce qui choque Richard Dupuis, c’est que même s’il a agi vite, il a l’impression «d’avoir été traité comme un numéro» du début à la fin par la Banque Royale.

«Je les ai appelés 35 secondes après, mais il était trop tard. L’argent n’était plus là», regrette celui qui s’est fait accrocher un vendredi, vers 17h.

Deux promesses brisées?

Quelques jours après le vol, Richard Dupuis appelle sa succursale. Il soutient alors qu’une employée lui a dit de ne pas s’inquiéter, car il allait être remboursé.

«Ça m’a déstressé parce que ça faisait depuis ce temps-là que je ne dormais pas», se souvient celui qui était client de la Royale depuis 25 ans.

Deux jours après, un autre employé de la RBC lui aurait affirmé de nouveau de ne pas s’en faire, et qu’il allait revoir bientôt la couleur de son argent.

Mais rien de cela ne s’est produit, malgré des plaintes à l’ombudsman de la RBC, le Bureau de l’Ombudsman des services bancaires (ADRBO) et à la police.

«Oui, j’ai commis une erreur, mais ils ont une responsabilité. Ils n’ont pas tout fait. Ils n’ont pas arrêté l’argent», dénonce-t-il.

Tableau fourni par le Centre antifraude du Canada
Tableau fourni par le Centre antifraude du Canada
La RBC se défend

Interrogée par Le Journal, la Banque Royale a demandé plus de détails sur le cas de Richard Dupuis et a refusé par la suite de commenter «pour des raisons de confidentialité».

«Nous comprenons que le fait d’être victime d’une fraude ou d’une escroquerie peut causer beaucoup de stress», a reconnu la porte-parole de la Banque Royale, Jessica Assaf.

La Banque Royale a rappelé qu’elle ne demandera jamais un code d’accès à usage unique, d’envoyer de l’argent, de télécharger une application, d’accéder à ses services bancaires en ligne ou encore de participer à une soi-disant opération secrète pour prévenir une fraude.

Fraudes de faux employé

  • 2024: 219 victimes (1,4 M$)
  • 2023: 268 victimes (1,5 M$)
  • 2022: 136 victimes (904 000$)
  • 2021: 107 victimes (406 000$)
  • 2020: 45 victimes (953 000$)

(Source : Centre antifraude du Canada, données québécoises. Pour 2024, il s’agit des données de janvier à septembre.)

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