Incapable de construire du logement social: Sarah-Jeanne Labrosse déplore des «dédales administratifs»

Sarah-Jeanne Labrosse
Sarah-Jeanne Labrosse Photo Karine Dufour, fournie par Tout le monde en parle
Photo portrait de Andrea Lubeck

Andrea Lubeck

2024-11-18T21:02:43Z

Sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche, la comédienne Sarah-Jeanne Labrosse a affirmé ne pas avoir réussi à inclure des logements à vocation sociale dans son plus récent projet immobilier, déplorant des «dédales administratifs». Alors que Montréal traverse une crise du logement sans précédent, qu’est-ce que ça prend, au juste, pour construire des logements sociaux et abordables?

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En gros, Sarah-Jeanne Labrosse a raconté avoir souhaité construire «un immeuble à logement à vocation sociale, multigénérationnel, à prix abordable pour des artistes».

Or, l’aspect social du projet est «parti en vrille à la suite de dédales administratifs», selon l’artiste de 33 ans.

Après un an de démarches, elle et son conjoint, le comédien Marc-André Grondin, ont dû se rendre à l’évidence: «c’était impossible pour un couple de construire des logements sociaux sur papier», a-t-elle soutenu durant l’entrevue.

«Le deuil qu’on a eu à faire, on rêvait un peu en couleur, c’est la vocation sociale et le fait que les loyers soient bas. On n’a pas réussi», a regretté la comédienne.

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Et comme elle ne pouvait pas se plier à l’ensemble des exigences de la Ville pour inclure des logements sociaux ou abordables dans son projet, elle dit s’être fait imposer une «pénalité».

«Ils m’ont pas empêché à proprement dit, mais c’était juste pas faisable. Ils ont pas dit: “Fais-en pas”. Ils ont dit voici comment faire, puis on n’y arrivait pas.»

Le règlement «20-20-20» en cause

Il faut savoir que Montréal a adopté en 2021 le Règlement pour une métropole mixte, aussi connu sous le nom de «20-20-20», qui prévoyait que les projets immobiliers de cinq logements et plus devaient contenir une certaine proportion de logements sociaux, abordables et familiaux.

Le règlement impose aux promoteurs qui souhaitent construire des projets immobiliers à Montréal de conclure une entente avec la Ville. Les promoteurs doivent indiquer s’ils décident de payer une contribution financière ou s’ils choisissent d’inclure des logements sociaux, abordables ou familiaux dans son projet.

Depuis l’entrée en vigueur du règlement, la grande majorité a choisi la première option. Et depuis mars, seuls les projets de 20 logements et plus sont assujettis au règlement «20-20-20» pour une période de deux ans.

C’est ce règlement, conçu afin de permettre aux ménages à moindre revenus de pouvoir habiter à Montréal dans un logement qui correspond à leurs moyens financiers, qui pourrait être en cause dans les déboires administratifs auxquels a fait face Sarah-Jeanne Labrosse dans son projet. Il n’a pas été possible de corroborer l’information auprès de la comédienne ou de l’arrondissement.


Logement social ou abordable: quelles différences?

Un logement social est détenu par un organisme à but non lucratif, une coopérative, un gouvernement ou une société paramunicipale destiné à des personnes ayant des besoins particuliers en habitation ou à des ménages à revenu faible ou modeste, détaille la Ville de Montréal sur son site web. 

Pour pouvoir y habiter, une personne doit respecter plusieurs critères, dont celui de ne pas gagner plus que 40 000$ par année.

Un logement abordable, lui, est un logement dont le loyer est établi à 90% de sa valeur marchande, précise la Ville. Il n’est pas nécessairement détenu par un OBNL ou une coopérative. Il n’est pas non plus destiné à une clientèle spécifique.

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