J’ai fait le deuil de mon amant pour sauver mon couple

Véronique Racine
Depuis quelque temps, je recueille des histoires vraies partagées par mes amis et mes connaissances: des récits touchants, bouleversants, parfois déroutants, mais jamais ordinaires. J’espère que ces fragments de vie sauront vous faire réfléchir autant qu’ils m’ont marquée.
Aujourd’hui, c’est l’histoire de Clara. Elle a dû renoncer à son amant pour tenter de reconstruire son couple. Voici ce qu’elle m’a confié.
« Mon aventure a commencé un peu par hasard. Il faut dire que, depuis un moment, ma relation avec mon conjoint battait de l’aile. Après 17 ans de vie commune et deux enfants merveilleux, la routine avait fini par nous engloutir, comme tant d’autres couples. J’avais désespérément besoin de romantisme, de frissons, de cette sensation de légèreté dans le ventre. J’avais l’impression que Simon me considérait comme acquise, qu’il n’avait plus envie de me séduire. Je ruminais sans arrêt.
Pourtant, dans l’espoir de sauver notre couple, je lui en ai parlé, plusieurs fois. Je lui ai dit tout ce qui me pesait: la charge mentale, le manque de sorties en amoureux, nos soirées silencieuses passées à fixer nos téléphones, nos séries regardées chacun de notre côté du divan...
J’ai alors décidé de m’inscrire au gym, simplement pour évacuer la frustration. C’est là que j’ai rencontré Patrick, mon entraîneur... et bientôt, mon amant. Comme dans un film, il était charismatique, en pleine forme, poli, drôle, attentionné, exactement mon genre. Très vite, je suis passée de deux à quatre séances par semaine. La chimie était évidente. On parlait de tout, pas seulement d’entraînement.
Un jour, il m’a confié qu’il était veuf depuis trois ans. Il se sentait enfin prêt à refaire sa vie et m’a proposé d’aller prendre un verre après mon cardio. J’ai accepté. Comment aurais-je pu refuser? Après tout, ce n’était qu’un simple verre... entre amis.
Plus la soirée avançait et plus les verres s’enchaînaient, plus la gêne disparaissait. Patrick s’intéressait réellement à tout ce que je lui racontais. Je me sentais intéressante... importante. Alors que je lui confiais mes problèmes de couple, il m’a avoué qu’il espérait aller plus loin avec moi. Depuis notre première rencontre, m’a-t-il dit, il ne cessait de penser à moi. Et c’était évidemment réciproque. À ses côtés, j’oubliais complètement mon chum. Nous avons multiplié les sorties, pendant neuf mois.
Un soir, en rentrant à la maison, j’ai découvert que mon conjoint était au courant. Je n’ai jamais su comment il avait appris ma relation avec Patrick, mais je soupçonne ce dernier d’avoir tout révélé dans l'espoir de me garder pour lui. L’effet inverse s’est produit: le doute s’est installé et j’ai perdu confiance en celui qui avait été mon amant ces derniers mois. Simon, après un mois de chicanes, a proposé que nous allions voir un psychologue de couple. J’ai accepté, pour tenter de sauver notre famille.
Rien n’a été facile. Nous avons pleuré, crié, explosé de rage et, une fois tout le venin évacué, nous nous sommes étonnamment rapprochés, comprenant enfin les désaccords de l’autre. Consulter un professionnel était la plus belle chose que nous pouvions nous offrir. Aujourd’hui encore, cinq ans plus tard, nous allons parfois revoir le psychologue, simplement pour faire le point.
J’ai donc fait le deuil de mon amant pour réparer ma relation.
Et je ne le regretterai jamais.»
Si, vous aussi, avez des histoires à me raconter, n’hésitez pas à m’écrire: veronique.racine@quebecormedia.com