Éthique: Jean-François Gosselin s’en prend à la «proximité» de Régis Labeaume avec les organismes environnementaux


Taïeb Moalla
Régis Labeaume fait preuve d’une «proximité inquiétante» avec les organismes environnementaux qui s’opposent au mégaprojet gouvernemental de tunnel Québec-Lévis, a regretté Jean-François Gosselin en soulevant cet enjeu éthique.
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«Il y a un problème d’éthique à la Ville de Québec, présentement, a laissé tomber le chef de Québec 21, mercredi matin, en marge d’un point de presse. Non seulement ces groupes-là avaient déjà commencé à militer contre le projet du gouvernement avant l’annonce, mais le maire de Québec est allé en conférence de presse à côté du premier ministre Legault remercier ces individus publiquement.»
D’après M. Gosselin, «ces gens-là reçoivent des sommes d’argent de la Ville de Québec pour toutes sortes de choses, des prêts qui sont tournés en subventions». «J’ai un sérieux problème avec ça», a-t-il ajouté.
Des sous-traitants
Citant nommément les militants environnementalistes Étienne Grandmont et Alexandre Turgeon, le candidat à la mairie a ajouté que, «d’un côté, ces personnes font la promotion du projet du maire depuis plusieurs années. D’un autre côté, ce sont des sous-contractants du maire pour critiquer un autre projet avec lequel il n’est pas d’accord [...] Il y a une proximité qui est très inquiétante et qui ne respecte pas l’éthique».
M. Gosselin a mandaté son chef de cabinet pour analyser la situation et déterminer à quelle instance il devrait s’adresser pour se plaindre de cette situation.
Au cabinet du maire Labeaume, on a réagi en indiquant que «les organismes ont absolument droit à leurs opinions, même s’ils reçoivent des mandats ou du soutien de la part de la Ville. Le contraire serait questionnable démocratiquement».
Grandmont fulmine
Piqué au vif, Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables (ATV), a d’abord lancé ceci: «Jean-François Gosselin me fait bien rire. Ce n’est pas par lui que le débat sur les enjeux environnementaux s’élève [...] Je l’invite – et tous les autres fabulateurs qui pensent comme lui – à bien vérifier notre mission. Il n’y a aucune surprise à ce qu’on soit favorables au tramway et qu’on s’oppose à des projets autoroutiers qui risquent d’augmenter l’étalement urbain.»
Interrogé sur le financement d’ATV, il a soutenu que l'«organisation n'est pas financée par la Ville de Québec», ajoutant: «On reçoit des contrats ou des mandats. La Ville paie pour un service.»
La seule exception concerne les sommes versées par la municipalité pour la participation aux rencontres du comité directeur du tramway. «C’est tout à fait normé, a juré M. Grandmont. Ça sert à la préparation de la réunion et à y arriver en disant de quoi d’intelligent.»
De son côté, Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement – Capitale Nationale, a déclaré que Jean-François Gosselin «parle de ça parce qu’il n’a rien à dire ou à proposer aux électeurs. Il n’y a pas de problème éthique de notre part ou de la part du maire. On fait notre job. Il faut lire notre mémoire au BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) sur le tramway pour voir que ce n’est pas un chèque en blanc et qu’on critique plusieurs aspects du projet».
Une colistière pour Gosselin
D’autre part, le candidat à la mairie Jean-François Gosselin aura une colistière dont le nom sera annoncé en août. S’il est défait à la course à la mairie et que sa colistière remporte son élection dans le district beauportois de Sainte-Thérèse-de-Lisieux, il pourrait continuer de siéger comme conseiller municipal.
Les deux autres conseillers de Québec 21, Stevens Mélançon et Patrick Paquet, ont par ailleurs confirmé leur candidature dans leurs districts respectifs de la Chute-Montmorency–Seigneurial et de Neufchâtel-Lebourgneuf.
Les prochains candidats de Québec 21 seront connus dans les prochaines semaines. M. Gosselin dit vouloir présenter une équipe «diversifiée», précisant qu’il ne tient pas forcément à la parité hommes-femmes quant au nombre précis de candidats et de candidates.
Opposé au tramway, Jean-François Gosselin a répété qu’il présenterait son propre projet, «performant» et «rapide», au début juin. Il a dit que sa vision s’insérait parfaitement dans le cadre du projet global de Réseau express de la Capitale (REC) rendu public lundi par le gouvernement du Québec.