Journée mondiale contre le cancer : quels sont les enjeux prioritaires du cancer au Québec
Équipe Salut Bonjour
Dans le cadre de la journée mondiale contre le cancer, une journée pour honorer les personnes touchées, sensibiliser la population et les décideurs et souligner l’apport essentiel des chercheurs, le gestionnaire principal à la Défense de l’intérêt public à la Société canadienne du cancer, David Raynaud, était avec nous ce matin.
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Revoyez la chronique complète dans la vidéo en tête d'article.
Quel est votre rôle à la Société canadienne du cancer?
Oui, l'équipe de Défense de l'intérêt public de la Société canadienne du cancer, en fait, a comme objectif de faire adopter des politiques publiques pour mieux soutenir les personnes touchées par le cancer, leurs proches. On couvre tout le continuum du du cancer, de la maladie. Donc, on parle autant de prévention du cancer que d'accès aux soins et services en cancérologie, des soins palliatifs, du soutien aux proches aidants. Donc, c'est une des missions de la SSC que d'entraîner des changements de politiques publiques pour mieux soutenir les personnes touchées par le cancer.»
Faisons un portrait actuel de la situation du cancer au Canada.
«Oui, bien écoutez, au Canada, il y a quand même une stabilisation, on va dire, du taux de cancer et du taux de mortalité. Cependant, pour cette journée mondiale contre le cancer au Québec, on aimerait ça rappeler en fait que la province est là où il y a le plus haut taux de cancer au pays, ce qui nous rappelle justement l'importance d'intensifier, d'adapter les actions afin d'avoir des meilleures politiques publiques ou de meilleurs accès aux soins au Québec, parce qu'il faut faire face à une une tendance un peu plus haute que dans le reste du pays. Puis sinon, au niveau global sur les cancers, généralement, on va parler du cancer du poumon, cancer du sein, de la prostate et colorectal, qui sont parmi les plus fréquemment diagnostiqués. Et à eux seuls, au Québec, le cancer du poumon représente 11000 nouveaux cas en 2025, donc c'est de loin en fait le le le cancer le plus diagnostiqué, le plus mortel aussi malheureusement.»
Et on remarque aussi une une augmentation de diagnostic chez les personnes plus jeunes, chez les 50 ans et moins. Comment est-ce qu'on peut expliquer ça?
«C'est une tendance qui est encore nouvelle. Donc il y a des études justement sur la situation pour identifier exactement pourquoi il y aurait cette tendance. On parle potentiellement des changements dans les habitudes de vie, donc plus de sédentarité, plus d'aliments transformés, moins de d'activités et la consommation nocive de certains produits qui sont quand même encore assez hauts, par exemple le tabagisme. Mais c'est vrai. Là, ce qu'on sait au Québec aujourd'hui, c'est qu'environ 9% des diagnostics de cancer touchent les personnes de 50 ans et moins. Et c'est plus marqué aussi dans certains types de cancer, notamment le cancer du sein. Et c'est pour ça que la Société canadienne du cancer s'était positionnée récemment pour demander l'abaissement de l'âge d'entrée, en fait, au programme de dépistage du cancer du sein du Québec, de 50 à 40 ans, pour faire face justement à cette nouvelle réalité et adapter les programmes de dépistage québécois en fonction de ça.»
C'est important de parler de dépistage. Est-ce que vous considérez qu'il y a encore des lacunes quand il est question de dépistage au Québec?
«Oui, c'est sûr qu'il y a toujours l'enjeu d'accès global, on va dire. Donc, des fois, il va y avoir des retards, des listes d'attente en fonction des régions dans lesquelles vous habitez. Donc, c'est sûr que nous, on milite pour que Santé Québec et le gouvernement aient vraiment les moyens dont ils ont besoin pour faire face à cette augmentation, aussi à prévoir du nombre de cas de cancer à l'avenir. Parce que malgré le fait que les taux sont stables, il y a une augmentation de la population, un vieillissement de la population. Donc, il faut s'attendre à ce qu'il y plus de cas de cancer dans les prochaines années. Donc, il faut être sûr qu'on soit prêt pour y faire face. Et au Québec aussi, on est la seule province au Canada, par exemple, qui n'a pas de programme de dépistage organisé pour le cancer colorectal. Un programme organisé, c'est comme on a pour le cancer du sein. Donc, on invite les gens à se faire dépister. Ça permet d'inviter les gens.»
«Il y a eu une motion en fait qui disait, qui a engagé le gouvernement d'ici la fin de son mandat, donc dans quelques mois maintenant, à déployer ce programme organisé, mais il n'a toujours pas été déployé. En fait, ce qu'il y eu récemment, c'est l'ouverture des tests colorectaux, le RS0SI aux points de services locaux. Donc, on peut prendre rendez-vous par Clic Santé si on est entre 50 et 74 ans. Mais nous, on aimerait que le gouvernement invite les gens, comme ça le fardeau de s'informer, de s'éduquer, c'est sur les épaules du gouvernement et non des patients. Donc pour nous, c'est une demande importante.»