Manifs contre le racisme systémique
Des citoyens de Rimouski à Montréal ont montré leur solidarité envers les proches de Joyce Echaquan


Roxane Trudel
Environ 7000 personnes ont défilé dans les rues de Montréal samedi au rythme des tambours pour dénoncer le racisme systémique et réclamer justice, à la suite du décès d’une Attikamek injuriée par le personnel qui devait la soigner à l’hôpital de Joliette.
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« Justice pour Joyce ! » « Le racisme est un virus ! » « Justice pour les autochtones ! » scandaient samedi les milliers de manifestants qui se sont déplacés dans le centre-ville de Montréal pour rendre hommage à Joyce Echaquan, cette mère de famille attikamek de 37 ans décédée lundi à l’hôpital de Joliette sous les injures racistes du personnel en service.

Une quinzaine de personnes ont pris la parole au parc Émilie-Gamelin pour dénoncer les conditions dans lesquelles la mère de sept enfants a vécu ses derniers instants et demander au gouvernement de mettre la main à la pâte dans les dossiers concernant le racisme systémique.
Le courage de joyce
« Je manque de mots pour dire à quel point je respecte Joyce d’avoir eu le courage de mettre sur vidéo le moment le plus difficile de sa vie, ses derniers instants, et je suis enragée qu’il y ait du monde qui soit encore dans le déni [...] Ce qui s’est passé, c’est un crime », a lancé Jennifer Brazeau, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière.

Un an après le rapport de la commission Viens, qui a émis plusieurs recommandations sur des mesures pour prévenir et faire cesser les violences et les pratiques discriminatoires à l’endroit des peuples autochtones, ils peinent à croire que rien n’a avancé.
« Des recommandations ont été faites, une enquête a été faite. La nation attikamek a ciblé l’hôpital de Joliette, et aucun changement n’a été fait ! » s’est indignée Viviane Michel, présidente de l’association Femmes autochtones du Québec.

Enquête publique
Une partie de leur cri du cœur semble avoir été entendue puisque durant la manifestation, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé sur Twitter la tenue d’une enquête publique afin d’éclaircir les circonstances entourant le décès de Mme Echaquan.
Des centaines de manifestants se sont aussi déplacés devant l’Assemblée nationale, à Québec, dans ce qui était qualifié de « marche de guérison ». Des rassemblements étaient aussi prévus à Rimouski et à Saint-Jean-Port-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent.
Pour Michèle Audette, ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, cette mort risque d’alimenter une prise de conscience collective et politique.
« [Ce n’est pas] un cas isolé, quelque part dans le nord, loin de chez nous [...]. C’est proche, c’est du concret, c’est du réel », fait-elle valoir.
– Avec Dominique Lelièvre
► Si les règles de la Santé publique ont bien été respectées dans l’ensemble, la police de Montréal a tout de même émis cinq constats d’infraction à des maniestants qui refusaient de porter le masque.