Karine St-Michel explique comment elle vit avec l'autisme
Rosalie Simard
Il y a quelques semaines, Karine St-Michel expliquait à ses abonnés que tout au long de sa vie, elle a navigué à travers la neurodivergence. Depuis son enfance, ses parents ont eu à surveiller certains comportements et elle a reçu des diagnostics en santé mentale.

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Depuis longtemps, Karine est consciente qu’elle ne voit pas les choses de la même manière qu’une personne dite neurotypique. Tout au long de sa vie, elle a eu des défis à relever au quotidien. De son enfance jusqu’au moment où elle a eu son évaluation finale en ce début d’année’, Karine et ses parents ont vécu dans la croyance, notamment par ce qu’ont dit certains médecins, qu’elle avait de l’anxiété relationnelle, de l’anxiété de séparation, de l’anxiété généralisée, des TOC, des troubles du comportement et plus encore. Cependant, c’étaient de mauvais diagnostics, ce qui est commun chez les femmes autistes.
Au moment de partager ces premières stories sur sa santé mentale, en janvier dernier, Karine était en processus d’évaluation en neuropsychologie pour l’autisme. En tout, les examens ont duré trois mois. L’ex-candidate de téléréalité a effectivement un diagnostic d’autisme, ce qui l’aide à mieux se comprendre.
Karine a partagé comment, pour elle, l’autisme jouait un rôle dans sa vie. C’est donc sans tabous et sans gpene qu’elle affirme son diagnostic.
«Un petit pas à la fois, je découvre pourquoi ma vie a toujours été une bataille interminable. Pourquoi pour moi, tout était plus difficile que les autres. Pourquoi je me sentais siiii différente. Une vie entière à me demander comment tout le monde faisait pour vivre normalement s’ils se sentaient comme moi.
Une enfance complète à me dire que si la vie était aussi intense, aussi dure, je préférais ne pas la vivre.
Je suis une femme autiste.»
Chez Karine, l’autisme se manifeste par des hyperfocus envahissants, ces sujets dont elle peut parler pendant des jours sans se tanner et vraiment aller au fond d’un truc qui la passionne ou l’obsède, des difficultés sociales en tous genres, des besoins de cohérences, d’étapes et de règles précises pour bien fonctionner, des difficultés à gérer et comprendre les émotions, surtout les siennes, beaucoup de calculs mathématiques, des besoins de listes pour se structurer, de l’hypersensibilité, des besoins de solitude importants (plus qu’une simple recharge de batterie), l’ultraperformance et son contraire ainsi que plusieurs autres points du quotidien.
Cette affirmation de soi libère un certain poids chez Karine, qui dit avoir cherché toute sa vie à se comprendre, et ne jamais vraiment y arriver. Ça n’est pas encore gagné aujourd’hui, mais ça lui permet de défaire plusieurs nœuds qui se sont emmêlés dans son parcours de vie.
Il faut dire également que le diagnostic tardif, soit qui n’a pas été dépisté à un jeune âge, est souvent un soulagement pour ceux qui le reçoivent, selon de nombreux témoignages publics entendus au fil des ans.
Chez la femme, l’autisme se présente de différentes manières que chez l’hommes. C’est l’une des raisons qui fait que les femmes semblent moins rapidement et efficacement diagnostiquées. La raison derrière cet écart masculin-féminin est que les études scientifiques sur les troubles du spectre de l’autisme ont été faites sur des hommes, et non sur des femmes, comme pour plusieurs champs médicaux.
Mais voilà que Karine peut maintenant le confirmer, elle est une femme autiste.
«Tu ne ressembles pas à une autiste»
Après avoir partagé son carrousel affirmant sa condition, Karine a reçu une multitude de messages de soutien, d’amour et de gens qui aiment voir ce contenu, étant parfois eux-mêmes autistes et trouvant du réconfort auprès de la créatrice de contenu.
Cependant, les interrogations viennent de pair, simplement par curiosité ou par intérêt derrière le clavier. Karine a choisi de répondre simplement à un commentaire qui lui a été envoyé.
«Tu ne ressembles pas à une autiste...», peut-on lire.
Karine retourne le commentaire avec une question: «Ça ressemble à quoi une autiste? Ça ressemble à quoi une personne autiste? Ça ressemble à quoi une personne autiste?»
La question reste sans réponse avec raison. Le trouble du spectre de l’autisme est grand, varié, et n’a pas qu’un seul visage ou une caractéristique qui peut différencier une personne autiste d’une personne neurotypique.
Le diagnostic de Karine et son ouverture à en discuter sont de bonnes occasions de se renseigner sur le sujet!