L’antimasque soupçonné d’avoir fracturé la mâchoire d’une chauffeuse de bus déclaré inapte à comparaître


Jonathan Tremblay
L’antimasque soupçonné d’avoir fracturé la mâchoire d’une chauffeuse de bus sur la Rive-Nord, il y a deux semaines, a été déclaré inapte à comparaître jeudi matin, puis interné temporairement à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel.
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Plus calme que la semaine dernière, Patrick Desbiens était de retour à la cour par vidéoconférence pour une seconde fois, au palais de justice de Laval.
L’homme de 38 ans doit faire face à des accusations de voies de fait ayant causé des lésions et de méfait pour avoir assené un violent coup de poing au visage d’une chauffeuse d’autobus, fracassant au passage ses lunettes de vue, à Sainte-Anne-des-Plaines, le 26 septembre dernier.
Celle-ci avait averti à deux reprises le passager qu’il devait porter son masque convenablement dans le bus avant qu’il ne s’approche d’elle et l’attaque sauvagement.
Le prévenu a même eu l’audace, jeudi, d’exiger à la juge Maria Albanese d’obtenir un procès devant jury. Cette dernière a dû lui expliquer qu’en raison des accusations par voie sommaire auxquelles il faisait face, cette avenue serait impossible.
Au cours des derniers jours, le suspect a été évalué à l’Institut Philippe-Pinel sur son aptitude à comparaître devant un juge, en raison des réponses farfelues qu’il avait offertes au tribunal, le 1er octobre dernier.
Il avait refusé de s’identifier et s’était notamment présenté tel le «prince de la justice, prince du Dieu vivant». Un avocat, Me Moulay-Badre Aber, lui avait alors été désigné d’office afin de le représenter.
Les conclusions du rapport d’évaluation ont révélé que le résident de Sainte-Thérèse n’était pas apte à faire face à la justice pour le moment.
«La Cour a rendu un verdict d’inaptitude en fonction de ce qui a été rédigé dans le rapport, a expliqué le procureur de la Couronne Oliver Bérard-Riccardelli. On attend avant d’aller de l’avant avec les procédures judiciaires.»
Un traitement de 30 jours en détention à Pinel lui a donc été ordonné avant que son dossier ne revienne à la cour, le 9 novembre prochain. Sa condition sera réévaluée d’ici là.
Par ailleurs, l’antimasque, qui s’amusait depuis un certain temps à tester la tolérance des commerçants face au respect du port du masque avant de s’en vanter sur Facebook, aurait fait une seconde victime de voies de fait.
Les gestes reprochés se seraient produits entre le jour où il a frappé la dame de 55 ans et celui de son arrestation.
Desbiens se serait livré à des voies de fait contre un homme, à Saint-Thérèse, le ou vers le 1er octobre dernier, peut-on lire sur la dénonciation. On ne connaît pas, pour l’instant, le lien entre les deux individus.